jeudi , 22 août 2019
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Aisha Mungur

Lauréate du 21 Days Tap Water Challenge – Aisha Mungur : la militante écologique

Aisha Mungur,19 ans, étudiante à l’université de Maurice, porte un grand intérêt à la protection de l’environnement et souhaite apporter sa contribution pour faire reculer l’utilisation du plastique à Maurice. « Avec des gestes simples on peut aider pour que ça change », nous dit cette militante écologique.

Aisha Mungur a remporté la deuxième édition du 21 Days Tap Water Challenge organisée par  l’Ong SIDS Youth AIMs Hub (SYAH)  aux mois de septembre et octobre 2018. Cette semaine SYAH a remis leur prix aux gagnants pour sa deuxième édition de Tap Water Revolution et 21 Days Tap Water Challenge. Ce projet a le soutien de plusieurs firmes et en particulier ENL et la Commission de l’Océan Indien.

L’objectif principal de ce projet est d’amener les jeunes à mener campagne contre l’utilisation des bouteilles en plastique durant 21 jours à travers des épreuves que SYAH avait soumises à l’avance. Aisha Mungur, la lauréate, avait soumis plusieurs projets qui ont retenu l’attention du jury. Elle a expliqué que sa campagne de sensibilisation contre l’utilisation des bouteilles en plastique a suscité l’intérêt de ses amis même si cela est assez compliqué pour changer la mentalité des gens.

Pour son projet, Aisha laisse entendre que les produits chimiques nocifs,  tels que le bisphénol-A ou le BPA et les phtalates présents dans les bouteilles en plastique se dissolvent dans de l’eau embouteillée en particulier lorsqu’ils sont exposés à la chaleur ou lorsque la bouteille se dégrade.

Selon elle,  ces produits chimiques peuvent alors interférer avec les hormones dans l’organisme et entraînent le cancer et des dommages au système reproducteur. « Le plastique est fabriqué essentiellement à partir du pétrole. Ensuite les véhicules des entreprises de boissons utilisent de l’énergie fossile pour transporter les bouteilles un peu partout à Maurice », fait-elle ressortir.

Ravages à l’écosystème

Aisha a attiré l’attention sur les bouteilles en plastique même recyclables et qui sont déversées dans notre seule décharge sanitaire à Mare Chicose. Certaines bouteilles obstruent les rivières et nos canaux contribuant ainsi à la crue éclair comme celle de 2013 faisant des ravages dans notre fragile écosystème marin.

Aisha fait ressortir que normalement une personne peut dépenser Rs 2 420 à Rs 3 025 en bouteilles d’eau par an. Cet argent aurait pu être économisé si une bouteille réutilisable était utilisé.

Elle milite pour le retour des fontaines sur nos plages et places publiques. Elle explique que chaque Mauricien qui va à la plage apporte une à deux bouteilles d’eau .Les bouteilles vides sont jetées sur la plage et contribuent à la dégradation de l’écosystème. « Si des fontaines sont installées les Mauriciens pourront utiliser l’eau des fontaines comme le faisaient jadis nos aînés », soutient-elle.
Aisha se prononce en faveur d’une campagne de sensibilisation dans les écoles pré primaires et primaires. « Il faut que les enfants apprennent à dire non au plastique », insiste-t-elle.

Sac en toile

Elle mène aussi campagne contre l’utilisation des sacs en plastique par les commerçants. Elle milite pour le retour des sacs en toile ou en toile de jute. Autre changement pour lequel elle compte mener campagne : l’utilisation des pinces en bois pour faire sécher les linges sur la corde. « Il faut mettre un frein à l’utilisation des pinces en plastique qui se dégradent au soleil. Les particules de plastique des pinces sont un danger pour les oiseaux qui viennent picorer sur les maisons », argue-t-elle.

Aisha compte faire passer un message pour dire non aux emballages alimentaires en polystyrène. « Les aliments chauds consommés dans ce type de récipients sont un danger mortel vu qu’ils peuvent causer le cancer. Pourquoi ne pas utiliser les bols en bois ou en verre? » se demande Aisha.

Lors de sa participation à l’édition 21 Days Tap Water Challenge, Aisha a mené une campagne de sensibilisation dans sa région à Pailles  auprès des jeunes. Avec le concours de quelques amies, elle a nettoyé le terrain de football et les environs pour enlever les bouteilles en plastique et les réutiliser comme objets de décoration.

Aisha est consciente que sa tâche n’est pas facile mais elle reste confiante qu’avec l’aide d’Allah et le support de SYAH elle pourra changer la mentalité des gens. Elle remercie son père, Nasrudeen Mungur, et sa mère, Paarweez, qui la soutiennent dans son action. Elle a une pensée spéciale pour ses amies et surtout pour Meghna Ragoobar de SYAH Mauritius.

Aisha a fait ses études secondaires au collège GMD Atchia et en est à sa première année à l’université de Maurice pour des études en Marketing et Finance. Elle croit dans la capacité de la jeunesse mauricienne qui sera appelée à jouer un rôle prépondérant dans une société qui se développe à grande vitesse.

Le saviez vous ?

On estime que plus d’un million de sachets en plastique sont consommés dans le monde chaque minute sachant que  ces sacs peuvent prendre jusqu’à 1000 ans pour se dégrader. Un million de bouteilles en plastique sont vendues toutes les minutes dans le monde et que la plus grande partie d’entre elles n’est pas recyclée alors qu’il faut plu
s de 400 ans pour qu’une bouteille en plastique se décompose dans la nature.

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