mercredi , 13 décembre 2017
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L’après-Hadj : les défis des hadjees

Les jours passent vite. Les minutes… les secondes s’égrènent. Ce ne sont pas les hadjees 2017 qui nous en diront le contraire. C’était comme hier le jour où ils avaient reçu leur lettre de l’ICC – Centre culturel islamique – leur annonçant qu’ils ont été choisis pour partir pour la Mecque. C’était, certes, un moment intense marqué par des larmes de joie d’être invités par Allah.

En Arabie saoudite, l’émotion était montée crescendo – quand on a vu la Kaaba pour la première fois,  quand a fait les premiers pas à Mina et à Arafat et quand on a dormi à la belle étoile à Muzdalifah. Ces images qui sont encore fraîches dans les esprits seront gravées dans la mémoire des hadjees. Ils ont témoigné de la force divine qui leur a permis de surmonter les fatigues accumulées pour faire la Tawaaf et le parcours de Safa-Marwah et marcher de Mina à Makkah dans une foule de plus de 3 millions de personnes. A Madina, ils ont dû ressentir un frisson en apercevant la mosquée Al Nabawi,  la mosquée du Prophète Muhammad (pssl). Là où est enterré le dernier Prophète de l’Islam. Dans le Saint Coran, plus précisément la Surat Yunus, Allah dit que c’est une grâce et une miséricorde plus précieuses que toutes les richesses du monde. Allah U Akbar.

Dans plusieurs hadiths, le Prophète Muhammad (pssl) cite le hadj parmi les meilleures actions.  Abu Hurairah raconte : « On demanda au Prophète : « Quelle est la meilleure action? » Il répondit : « Croire en Allah et Son Messager. » « Ensuite? » « Faire le jihad pour l’amour d’Allah. » « Ensuite? » « Hadj Mabroor, un hadj qui est accepté par Allah (subhanahu wa ta’ala).» Pour les femmes, le meilleur djihad, c’est un hadj accepté par le Créateur, comme rapporté par Aicha (ra) : «O Messager d’Allah! Nous considérons Djihad comme le meilleur acte. Devrions-nous ne pas combattre dans le sentier d’Allah?» Il a dit, «Le meilleur djihad (pour les femmes) est-Hadj Mabroor (c.-à-Hadj qui est fait selon la tradition du Prophète et est acceptée par Allah).»

Qui plus est, les péchés d’un hadjee sont effacés sous certaines conditions comme rapporté par Abu Hurairah : « J’entendis le Prophète (sal Allahu alayhi wa sallam) dire : « Quiconque se rend à cette maison (avec l’intention d’accomplir le hadj) et s’abstient de dire des obscénités ou de commettre des actes impudiques reviendra (absous des péchés) tel qu’il était le jour où sa mère l’avais mis au monde. » (Sahih Bukhari)

1. Rester ferme sur le chemin d’Allah

Le hadj terminé, de retour au pays, les hadjees ont un grand défi à relever. Ils devront rester dans le droit chemin pour que la grâce et la miséricorde reçues durant le Hadj ne s’estompent pas. Et pour qu’ils ne s’égarent pas après avoir reçu la guidée. D’ailleurs, dans le Saint Coran, Allah conseille aux musulmans dans la Surat 16(92) de ne pas faire dénouer une œuvre après avoir noué solidement son fil. Les hadjees doivent garder ce verset toujours en tête. On n’accomplit pas le hadj pour avoir un titre ou un statut. C’est un ibaadah qu’on n’accomplit que pour le plaisir d’Allah. Sinon il ne vaut rien.

2. Pas de négligence dans la salaat

La salaat est primordiale dans la vie d’un musulman – qu’il ait accompli le hadj ou non.  C’est encore plus important pour un hadjee dont les péchés ont été absous par le Créateur. D’après un hadith rapporté par Abdallah Ibn Qart (qu’Allah l’agrée), toutes les bonnes actions – qu’elles soient hadj, roza, sadaqat ou tilaawat entre autres – dépendent de l’accomplissent des cinq salaat quotidiennement et durant les heures prescrites. Le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) lui a dit: « La première chose sur laquelle le serviteur est jugé le jour de la résurrection est la prière, si elle est bonne les autres actes seront bons et si elle n’est pas bonne les autres actes ne seront pas bons.» Vu que la qualité de la salaat est incontournable, chaque musulman doit s’y appliquer au maximum et surtout avec beaucoup de concentration.

3. Donner le bon exemple

Un musulman qui a eu l’occasion de prier à Arafat ne doit sous aucun prétexte être un mauvais exemple pour les hadjees. Ni être quelqu’un qui suscite le dégoût des musulmans par ses mauvaises actions. Il doit pouvoir garder les effets merveilleux du hadj vivants jusqu’à son dernier souffle. Il doit être un exemple à suivre. Il doit susciter l’admiration des autres de par le changement positif dans sa vie. Et ainsi susciter l’engouement auprès de ses coreligionnaires pour aller accomplir le Hadj. Par extension, attirer les gens vers l’Islam. C’est une mission noble. C’est du dawaa.

4. Le combat au quotidien

Chaque hajee doit être conscient que le Hadj ne l’a pas transformé en un être parfait. Il commettra des erreurs. Il est important qu’il se rétracte tout de suite et qu’il demande à Allah de le pardonner avec l’intention ferme de ne pas récidiver. Durant le Hadj, il a lapidé les stèles représentant Satan. Dans le quotidien, il lui faudra combattre Satan le maudit en faisant un maximum de bonnes actions. Ce n’est qu’en réussissant cette bataille qu’il pourra préserver les bons effets du Hadj.

5. Les invités d’Allah

C’est un fait irréfutable que ce ne sont pas que les riches qui partent accomplir le Hadj. Regardez autour de vous et vous vous rendrez compte que pas mal de gens aisés n’ont accompli que l’Umrah ou sinon, ni l’Umrah et ni le Hadj. Les hadjees sont les invités d’Allah, comme annoncé par le Prophète Muhammad (pssl). Ils ont eu l’occasion d’accumuler les récompenses à la Mecque et à Madinah. C’est leur devoir de se comporter comme des invités d’Allah dans la vie de tous les jours.

Accomplir le hadj est une chose, mais préserver ses bienfaits est une autre paire de manches. C’est le défi à relever au quotidien par les hadjees.

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