mercredi , 24 juillet 2019
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Les panélistes
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Lancement de la campagne He for She – Khadeeja Luckun : «Les femmes doivent être impliquées dans la prise de décisions»

L’association Women in Logistics and Transport (WiLAT) Maurice a organisé un séminaire à la Maison Trevessa à Mer Rouge Port-Louis le mardi 30 octobre. Le thème: La contribution des femmes mauriciennes au développement socio-économique du pays au cours des cinquante dernières années.

Lors de son intervention, Nazeema Seelarbocus, présidente de WiLAT Maurice, a souligné que ce séminaire vise à autonomiser les femmes et à leur faire prendre conscience de leur contribution à l’économie de notre pays. Selon elle, la plupart des femmes ne sont pas bien payées quoiqu’elles travaillent durant le même nombre d’heures que les hommes. « Pire, elles sont souvent insultées et humiliées », déplore Nazeema. À son avis, pour pouvoir aspirer à un monde meilleur, on doit considérer  la contribution des femmes à l’économie. « Des recherches montrent que les femmes n’occupent pas les postes de direction dans les grandes entreprises, bien qu’elles aient les mêmes qualifications que les hommes », poursuit-elle.

Discriminations au travail

Pour sa part, Khadeeja Luckun, directrice générale de Maersk Line, a choisi de parler des défis auxquels de nombreuses femmes sont confrontées au travail. À son avis, la discrimination est le problème le plus courant. Khadeeja explique que les discriminations peuvent revêtir différentes formes : inégalité de salaires et d’avantages sociaux, l’hypothèse selon laquelle seul un certain type de travail facile peut être fait par des femmes, l’accès à des opportunités de supervision ou de gestion leur est difficile, ou bien qu’elles sont trop qualifiées par rapport à leurs homologues masculins. « Le défi le plus redouté reste l’aspect sécurité de tout travail, mais pour les femmes en particulier, il est  lié aux différences physiques indéniables entre hommes et femmes », souligne-t-elle.

Les femmes sont harcelées tout au long de leur vie sur les plans physique, verbal et moral, ce qui contribue dans une large mesure à  un  changement de carrière. Les causes sont multiples : les femmes ont malheureusement tendance à faire obstacle à leur carrière en raison d’un manque de confiance en elles-mêmes, la peur de l’échec et de la nécessité d’être parfaite pour un poste avant de postuler. En outre, il existe toujours un préjugé selon lequel les femmes prendront plus de congés de maternité ou pour des raisons personnelles que les hommes.

Les entreprises peuvent aussi adopter une approche sensible au genre. « Les employeurs peuvent rendre le travail plus sécurisé et créer un environnement sûr permettant aux femmes de faire part de tout harcèlement ou insécurité à laquelle elles sont confrontées, » conseille-t-elle. Elle ajoute que les entreprises peuvent impliquer les femmes dans la prise de décision et offrir un meilleur système de soutien aux femmes qui accèdent à des postes de direction tels que des plateformes de mentorat.

Dans son discours, Dass Appadu, président du CILT à Maurice, a dit qu’il était de la plus haute importance de responsabiliser nos femmes. « Les femmes ont joué un rôle important dans la transformation économique et sociale de Maurice. Nous avons besoin de femmes fortes pour pouvoir continuer à éliminer les barrières, les obstacles et les défis, ainsi que toutes les formes de stéréotypes et de préjugés à l’égard des femmes. Plus que jamais, notre société a besoin de femmes à tous les niveaux pour modifier la dynamique et redéfinir le débat conventionnel afin de faire en sorte que les voix des femmes soient entendues et suffisamment prises en compte, et non simplement négligées et ignorées, » estime-t-il.

Droits humains

La coordinatrice résidente des Nations Unies à Maurice et aux Seychelles, Christine Umutoni,  explique que la campagne «He for She» gagne du terrain à travers le monde. « La campagne He for She reste fondée sur le fait que l’égalité des sexes est une question de droits humains qui affecte les deux sexes et est considérée comme un mouvement de solidarité qui appelle les hommes et les femmes à faire pression pour faire avancer le mouvement pour l’égalité », explique-t-elle. L’égalité des sexes, selon elle, devrait donc être considérée comme une économie intelligente et le secteur privé en tirerait pleinement parti en améliorant la parité entre hommes et femmes au sein de leurs organisations. « J’exhorte les chefs d’entreprise à adhérer au principe 3 du nouveau code de gouvernance d’entreprise de Maurice adopté en 2016, qui fait appel à la diversité au sein du Conseil d’administration», conclut Christine Utomoni.

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