mardi , 22 août 2017
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Khadeeja Oozeerally-Luckhun : une directrice qui sait maintenir le cap

Directrice-générale de la branche mauricienne du géant du transport maritime, Maersk, Khadeeja Oozeerally-Luckhun, 32 ans, occupe son poste avec une assurance déconcertante. Aux commandes de l’entreprise depuis l’année dernière, la jeune femme est également la vice-présidente du Conseil portuaire. Rencontre.

Rien ne la prédestinait à faire carrière dans le domaine de la logistique. Car c’est en celui de la communication qu’elle avait commencé ses études tertiaires. Le parcours de Khadeeja Oozeerally-Luckhun est certes atypique mais désormais directrice-générale de Maersk Line et Safmarine, deux organismes sous la tutelle de Maersk Mauritius Ltd, la jeune femme lutte contre vents et marées pour mener son équipe à bon port. En véritable patronne, elle assume ses responsabilités avec brio.

Après ses études secondaires au collège Dr Maurice Curé, elle rejoint l’université de Maurice en 2004 où elle entame des études en communication. « J’ai aussi fait des stages en journalisme pour le besoin de mon programme d’études. Mais peu de temps après, la société Maersk est venue recruter des étudiants sur le campus. J’ai été sélectionnée après un test d’aptitude », se souvient-elle. Lors de la même année, elle rejoint la branche mauricienne du géant danois de la logistique pour un stage et participe à des sessions de formation. Khadeeja décide alors de rejoindre la compagnie sur une base permanente.

Elle va bénéficier de deux années de formation pratique et théorique au Danemark et à Maurice. Elle a poursuivi sa formation en Malaisie dans le domaine du service clientèle et commercial. Elle a occupé le poste de « Assistant Customer Service Manager » dans ce pays. De retour à Maurice en 2009, Khadeeja dirige alors l’unité de ‘Process excellence’ au sein de l’entreprise à Maurice et également des sous-filiales de Madagascar et Les Seychelles. « J’étais responsable de tout ce qui concernait l’amélioration et la consolidation des procédures. Dans ce giron, il fait faire ses preuves très tôt et s’affirmer dès le départ », nous dit-elle. De fil en aiguille, elle gravit les échelons et en 2010, elle devient la Cluster Customer Service Manager.

En 2012, elle a occupé le poste de directrice des ventes puis celui de « Commercial Manager » pour Maersk Line en 2013. En 2015, suite à une restructuration organisationnelle dans la région, Maurice a perdu son statut de ‘cluster’ mais est reconnu comme un pays. Depuis 2016 et jusqu’à présent, Khadeeja est la directrice-générale de la branche locale ainsi que celle des Seychelles et des Comores.

Savoir gérer la pression

Être une femme à la tête d’une entreprise dans un secteur souvent dominé par les hommes n’a rien de sorcier, selon Khadeeja Oozeerally-Luckhun. Pour elle, le plus important c’est de mettre en valeur son intégrité, ses compétences et d’assumer ses responsabilités. « Dans ce métier, on apprend le plus sur le tas. On arrive à développer des compétences au fil des années et aujourd’hui, je ne me sens nullement intimidée et je n’ai aucune appréhension. De par mes compétences, j’ai su me faire respecter », souligne la directrice. Elle ajoute cependant que le secteur du transport maritime est très exigeant et qu’il faut savoir gérer la pression.

Khadeeja cite en exemple la cyber-attaque ‘rançongiciel’ (ransomware) d’ampleur mondiale qui a visé, il y a quelques semaines, de grandes entreprises européennes, dont A.P. Moller-Maersk qui a dû par mesure de sécurité éteindre les serveurs à travers le monde pour éviter que le virus n’endommage tout le système. Après une semaine d’extraction de ce virus, les serveurs ont, au fur et à mesure, été remis en marche. « C’est dans ce genre de situation qu’il faut savoir garder la tête sur les épaules et de s’assurer que tout se passe correctement. C’était une période vraiment compliquée pour nous tous. C’est grâce à un esprit d’équipe sans précédent que nous avons pu continuer à offrir le service à nos clients », affirme-t-elle.

Au cours de sa carrière, la jeune professionnelle a eu l’occasion de suivre des formations en leadership ainsi que d’autres formations en interne. Elle fait actuellement son MBA en Project Management à distance à l’université de Queensland en Australie. « Cela fait un an que j’occupe le poste de directrice-générale. Je souhaite maintenant me stabiliser et grandir un peu plus professionnellement », ambitionne-t-elle.

Vice-présidente du Conseil portuaire

Depuis mai 2017, deux femmes sont à la tête du Conseil portuaire. Lilowtee Rajmun, directrice de la Mauritius Export Association (MEXA), en est la présidente et Khadeeja Oozeerally-Luckhun, la vice-présidente. Le duo s’est fixé comme objectifs : la sécurité dans le port, la facilitation des procédures portuaires et le bien-être des marins en transit à Port-Louis. Selon Khadeeja, avoir deux femmes à la tête de l’organisme n’a rien de surprenant. Elle espère, avec le soutien de la présidente, travailler dans le but de trouver des solutions aux problèmes auxquels font face le secteur portuaire. Elle estime que les activités dans ce secteur ainsi que dans celui du transport maritime connaissent un ralentissement en ce moment. « Il y a une surcapacité sur le marché mais les coûts continuent de grimper. Des partenariats ou des accords entre les compagnies maritimes pourraient être une solution envisageable », préconise-t-elle.

Passer du bon temps avec sa famille

En dehors de ses engagements professionnels, Khadeeja Oozeerally-Luckhun aime consacrer son temps à sa famille. Mariée depuis 2006 à Yvan Michaël Luckhun qu’elle a rencontré sur son lieu de travail, Khadeeja est mère de deux enfants : Rayhaan qui est âgé de 7 ans et Adam, âgé d’un an. « Mon époux est mon partenaire et mon pilier dans tous ce que j’entreprends. Les responsabilités familiales reposent sur nous deux à juste titre. Je peux toujours compter sur lui surtout lorsque je suis en voyage. Normalement, je voyage en moyenne une fois par mois et c’est donc lui qui gère le train-train quotidien des enfants. Son soutien m’est indispensable », dit-elle. Comme passe-temps, Khadeeja aime faire du coloriage car c’est un moyen pour elle de se décompresser après les longues heures de travail au bureau.

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