samedi , 24 juin 2017
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Kareema est écrasée par la pauvreté

Au fin fond de Cité La Cure dans une vallée s’élèvent quelques maisons en tôle. Une eau putride se déverse dans un ruisseau à l’entrée d’un chemin non-asphalté qui mène vers ces maisons. Un endroit hostile et dangereux pour les femmes et jeunes filles qui y résident. Notre tournée cette semaine nous a conduit à cet endroit pour rencontrer Kareema et sa fille de 14 ans qui vivent dans des conditions déplorables. En nous approchant de la maison de Kareema nous croisons une bande de jeunes désoeuvrés au regard hostile. Il nous a fallu jouer aux funambules pour arriver jusqu’à sa maison en tôle qui date de l’époque de Mathusalem et qui tient à peine débout entre quelques feuilles de tôle rouillés.

Kareema nous raconte qu’elle vit dans cette vallée depuis qu’elle a épousé Rashid (prénom fictif). De leur union sont nés une fille et un garçon. La maison de Kareema se compose de 2 petites chambres mal éclairées et est dépourvue de tout confort. Son toit devient une passoire en temps de pluie et la nuit venue, à travers les fentes, on peut apercevoir les étoiles et la lune. Il fait froid et sur un lit en mauvais état dont le matelas a déjà rendu l’âme, s’installent Kareema et sa famille. Elle prépare ses repas dans sa chambre et pour se doucher, il faut sortir pour entrer dans une salle de bain en tôle et sans toit. Sur le sol a été jetée une moquette sale pour cacher les cailloux qui se trouvent en dessous.

Kareema ne touche qu’une pension alimentaire et attend un miracle du ciel pour nourrir sa famille. Parfois elle marche une longue distance pour aller chercher un peu de nourriture chez des particuliers pour nourrir sa famille.

Écrasée par le poids de l’extrême pauvreté, elle souffre de plusieurs maux et ne peut travailler. D’autre part, elle a peur de laisser sa fille seule à cause de l’environnement peu fiable. À plusieurs reprises des toxicomanes ont menacé de les agresser. La semaine dernière en revenant de la madrassa son fils a été malmené. En larmes Kareema nous fait le récit de son calvaire. « Zotte prend la pince zotte ti pe rode enlève mo tôle pou zotte rentre dans nous la case », dit-elle. Elle a peur pour la sécurité de ses enfants. « Mo ti fille peur pou reste tout seul pas conner ki capave arriver », ajoute-t-elle.. Souvent des pierres sont lancées sur sa maison le soir pour la forcer à sortir. Kareema nous explique qu’elle ne pourra plus tenir le coup. « Tous les jours zotte coze banne paroles déplacées et banne gros mots », indique-t-elle. Elle ne sait pas pendant encore combien de temps elle pourra tenir le coup. « Je désire quitter cet endroit pour trouver refuge dans une région plus tranquille. Mais faute de pouvoir payer un loyer je suis obligée de rester sur place malgré les dangers », soutient-elle. Quand on lui demande si elle arrive à jeûner, elle pleure à chaudes larmes et préfère ne pas répondre. Comment va-t-elle célébrer la fête Eid-ul-Fitr? « Pas conner si pou réussi trouve Eid. Ceki Allah marquer sa même pou arriver. Pena narnien spécial, ni linge neuf, ni briani, ni menu spécial », laisse-t-elle entendre ». Bouleversé par sa situation, nous évitons de lui poser trop de questions.

Kareema nous prie de lancer un appel d’aide pour la sortir de cet endroit. « Si ena dimoune pe rode gardien ou femme de ménage pou reste sur place mo pou galouper mo vini », dit-elle encore. En ce mois de ramadan, un geste de solidarité envers Kareema sera très apprécié.

Fonds d’aide

À l’initiative de Raffick Soobadar recteur du collège Le Labourdonnais, et de ses enseignants, un fonds d’aide a été mis sur pied pour aider les personnes vulnérables de la région toutes communautés confondues. Le fonds est géré par M.S. Yusuf chef de département et responsable des activités sociales. Il est aidé dans sa tâche par Mme Shabnam Jahangeer et Sajjaad Sunnomun. Yusuf et Shabnam nous ont accompagnés sur le terrain pour constater de visu la situation de Kareema et sa famille. Des enseignants ont été sur le terrain même durant le weekend pour réparer les maisons. Ils étaient à pied d’oeuvre la semaine dernière pour réparer la toiture d’une maison d’une femme avec 5 enfants en bas âge sous sa responsabilité. Cette semaine, une somme de plus de Rs 5000 a été remise à une famille (dont les enfants fréquentent le collège Labourdonnais) pour payer la facture d’électricité. Yusuf et Sabnam ont promis de soutenir Kareema et vont trouver un moyen pour la faire sortir de cet enfer dans laquel elle vit. Toute aide en faveur de Kareema ou d’autres donations doivent être canalisées à travers Yusuf. Vous pouvez le contacter sur le 59859898.Ceux qui souhaitent accueillir Kareema et les siens dans une maison peuvent contacter Yusuf ou Shabnam Jahangeer au collège Labourdonnais à Vallée des Prêtres.

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