vendredi , 26 mai 2017
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Jamil Kureemun : « Maurice peut se mettre à l’énergie verte »

L’avenir économique dépend aussi des énergies renouvelables. Toutefois Maurice est très en retard comparé à l’île de la Réunion. Pourtant nous avons les moyens pour combler ce retard. Jamil Kureemun, directeur des ventes chez la Société Fournisseur d’Energie Renouvelable ( SFER) à Moka est de cet avis.L’énergie renouvelable, à travers les panneaux solaires photovoltaïques, a su se faire une place sur le marché. Pour beaucoup de personnes soucieuses de la protection de l’environnement, elle reste LA solution pour l’avenir. Car d’ici quelques années, nous n’aurons plus de quoi produire de l’énergie. « Maurice n’a aucune ressource fossile, ni assez de charbon pour produire de l’énergie. En 2014, 900 000 tonnes de combustibles fossiles ont été importés, un chiffre qui ne cesse de croitre de 3 à 5 % par an en fonction de la demande. Nous connaissons un retard considérable comparé à d’autres pays comme la Réunion qui produit 30 % d’électricité grâce à l’énergie renouvelable. Alors que Maurice en est à seulement 5 %, et cela bien que nous bénéficions du même climat », souligne-t-il.

Un réseau électrique trop vieux

La raison de ce retard : un réseau de la Central Electricity Board (CEB) jugé trop vieux. « Nous avons un réseau électrique qui date de trop longtemps, les câblages et transformateurs sont obsolètes et ne peuvent plus absorber de l’énergie renouvelable étant donné que c’est une technologie récente », fait-il ressortir.

Jamil Kureemun parle aussi d’un manque de financement. « Nous avons des moyens et des sources financières mais le gouvernement n’accorde pas assez de priorité à l’énergie renouvelable. Il faut que le GM prenne des actions rapidement et immédiatement », dit-il encore.

Il pointe du doigt également le manque de débouchés dans ce secteur. « Nous avons aussi une formation qui est proposée par l’université de Maurice. Mais que faire de ces jeunes qualifiés s’il n’y a pas de débouchés pour eux? Après leur formation ils préfèrent partir à l’étranger », souligne-t-il.

Vers une baisse des prix de 40 %

Si certains pensent que se tourner vers les photovoltaïques coûte une fortune, Jamil Kureemun nous dira le contraire. Pour lui, les Mauriciens ont un grand engouement pour les photovoltaïque. « En moins de 6 mois (septembre 2015-avril 2016) plus de 2000 familles avaient fait des demandes auprès du CEB pour l’obtention d’un permis SSDG pour s’équiper de photovoltaïques. La demande touche davantage les familles ayant des factures mensuelles de Rs 1500-2000. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que cela permettrait de faire d’importantes économies à moyen et long terme », assure-t-il.

En effet, ce professionnel nous explique qu’après avoir investi dans l’achat de panneaux photovoltaïques, on récupère cet argent en moins de 5 ans. Et cela reviendrait à ne plus payer de facture d’électricité. « Depuis juillet 2015, les ménages et entreprises qui s’équipent de panneaux photovoltaïques bénéficient de 15 % de réduction sur le coût total du projet sur leurs revenus taxables (Income Tax) et « la corporate tax ». De quoi encourager la population mauricienne à faire un pas vers la technologie verte », dit-il.

L’énergie est un moyen utile dans le monde entier. C’est grâce à elle que l’on peut s’instruire et améliorer la richesse d’un pays. L’ile Maurice cache en elle un trésor qui n’attend qu’à être exploité. « Nous avons du soleil tout au long de l’année et partout à travers l’île. Ce qui garantit une excellente production pour le photovoltaïque. De plus le vent pour l’éolienne et l’eau pour l’hydroélectricité, sont des ressources disponibles localement et gratuitement et surtout sans frais. Alors qu’attendons-nous pour nous lancer ? » conclut-il.

Les solutions proposées :

• Améliorer le réseau de CEB pour absorber le maximum d’énergie renouvelable

• Améliorer le câblage, s’équiper en nouveaux transformateurs et augmenter le quota des Small Scale Distributed Generation (SSDG)

• Action plus rapide au niveau des autorités gouvernementales

• Acquérir des batteries afin de stocker l’énergie obtenue grâce aux énergies intermittentes

• Aller vers un projet de SMART GRID, afin d’être plus indépendant en énergie, et permettre la démocratisation de la production de l’électricité

• Faire payer le MID Levy aux IPP (Independent Power Producers), qui produisent de l’énergie avec du charbon sans payer cette taxe que le contribuable paie sur le kg de charbon ou le litre d’essence/diesel. Cela ferait Rs 200 M par an pour le GM. Les avantages

• Réduire le coût de la facture d’électricité

• Etre autonome en énergie

• Lutter contre la pollution et les émissions de gaz à effet de serre

• Valoriser le patrimoine

• Faire de chaque citoyen un acteur dans le processus de la production énergétique et lutter contre la fracture sociale pauvre/riche

L’énergie photovoltaïque, c’est quoi ?

Découverte en 1839 par le physicien français Edmond Becquerel, l’énergie photovoltaïque c’est la transformation de la lumière du soleil en énergie (photons) , dans ce cas en électricité.

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