vendredi , 15 novembre 2019
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Issah Ramjan, 86 ans, tué par un jeune de 19 ans

Issah Ramjan, 86 ans, qui préférait travailler comme vigile plutôt que de se tourner les pouces à la maison, a fini par perdre la vie en tenant tête à un jeune voleur de 19 ans. Le mardi 25 décembre aux alentours de 10h, le corps sans vie d’Issah Ramjan a été retrouvé par un planteur à l’arrière du centre commercial de Riche-Terre où il exerçait comme vigile. La victime portait une blessure à la tête. L’autopsie a conclu à un oedème cérébral. La mort est considérée d’autant plus suspecte puisque l’octogénaire jouissait d’une excellente santé. Le CID de Terre-Rouge s’est tout de suite saisi de cette affaire estimant «Bhai Issah» avait été victime d’un ‘foul play’ et non d’une chute fatale. En moins de 48 heures, le mystère a été résolu après l’arrestation d’un certain David Jolicoeur, 19 ans, un habitant de Baie-du-Tombeau, déjà fiché comme ‘Habitual Criminal’ par la police et qui a déjà à son actif plusieurs cas de vol.

Les limiers du CID, ayant eu des renseignements que David Jolicoeur rôdait dans les parages du centre commercial le matin, sont parvenus à lui mettre la main dessus dans la soirée du jeudi 27 décembre. Conduit au bureau du CID, il n’a pas tardé à passer aux aveux. Il a indiqué qu’il avait remarqué la victime sur son lieu de travail et a expliqué comment il a pris avantage de son âge avancé. Il a approché la victime en faisant semblant qu’il cherchait un peu d’eau à boire avant de tenter de le maîtriser et de le bâillonner avec un mouchoir. Malgré son âge, Issah Ramjan a fait de la résistance et a tenté de lutter avec son agresseur. Le suspect a alors poussé le vieil homme qui a fait une chute qui s’est révélée fatale. David Jolicoeur a fait main basse sur la somme de Rs 4 300 qui se trouvait dans les poches de la victime avant de prendre la fuite. Il a été placé en détention.

La victime, domiciliée à Le Hochet, Terre-Rouge, n’a jamais cessé de travailler après sa retraite. Auparavant il exerçait comme laboureur avant de se convertir en vigile. Il faisait aussi du jardinage et s’occupait des animaux. « Nou fatiguer dire li arrête travail li pas écouté. Li toujours ene dimoune ki pas capave reste en place. Li dire si li arrête travail li pou fini par mort en place », nous dit Irshaad, son petit-fils.

«Bhai Issah» était marié depuis 65 ans à Ansoo, 84 ans. Il laisse derrière lui sa veuve, cinq enfants, 7 petits-enfants et 1 arrière-petit-enfant. Connu comme Dada Issah ou Bhai Issah dans son entourage, l’octogénaire était quelqu’un de très gentil et calme qui ne connaissait que deux plaisirs dans sa vie : sa famille et son travail. Robuste malgré son grand âge, il ne souffrait d’aucune maladie et se portait comme un charme. Sa veuve nous confie que chaque jour Issah se réveillait à 4h30 pour faire sa prière avant de se préparer pour se rendre au travail. « Li vine lève moi vers 5h30. Mo prépare so dithé et mette so manger dans so sac et so dipain et vers 6h00 li alle travaille », raconte-t-elle.

C’est à pied qu’il se rend sur son lieu de travail à Riche-Terre chaque jour pour terminer vers 16h30 et rentrer à la maison toujours en marchant. Sa veuve et ses proches affirment qu’ils n’auraient jamais cru qu’il aurait connu une fin aussi tragique car c’était un homme qui ne ferait pas de mal à une mouche. Sa veuve se rappelle qu’avant de partir le 25 décembre il lui avait dit « Bolfam mo pe allé ». Quand vers 10h30 elle a reçu la mauvaise nouvelle, elle s’est précipitée sur le lieu en compagnie de son petit-fils, Irshaad. La découverte macabre restera gravée à jamais dans son esprit. « Mo pas pe capave tire ceki mo fine trouvé dans mo la tête. Kuma mo ferme mo lizié mo trouve sa blessure lors so la tête là. Sa criminel la mérite pendi. Pas ene humain sa », lance-t-elle.

R.T

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