jeudi , 22 février 2018
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Razeea Mamodeally-Linder

Installée en Allemagne depuis 32 ans : Razeea Mamodeally-Linder met l’art au service des immigrés

Originaire de Plaine Verte, Razeea Mamodeally-Linder, a quitté le pays en 1987 pour s’installer en Allemagne et y travailler comme artiste conceptuelle. 

Razeea Mamodeally, qui a épousé un Allemand, jette un regard critique sur notre pays qui fête cette année ses 50 ans d’indépendance.

Mère d’un fils de dix-huit ans qui fait ses études en Allemagne, Razeea Mamodeally s’est fait un nom dans le domaine de l’art conceptuel et veut rendre à son pays natal ce qu’il lui a donné. Dans cette optique, elle a rencontré la ministre de l’Égalité des genres, du Développement de l’enfant et du Bien-Etre de la famille, Roubina Jadoo-Jaunbocus, pour lui présenter un projet dans le cadre de la célébration du 50ème anniversaire de l’indépendance de notre île. L’artiste conceptuelle envisage de monter une grande exposition de ses ouvrages pour mettre en exergue l’énorme contribution de la femme mauricienne au développement du pays. Elle est hyper heureuse de voir des femmes occuper des postes à haute responsabilité. « La participation des femmes au développement et à la prise de décisions à Maurice m’impressionne. Vous avez une femme qui est à la tête du pays comme présidente de la République, une autre femme comme Speaker de l’Assemblée nationale, une autre encore comme vice-Premier ministre et deux autres femmes ministres. C’était inimaginable cinquante ans de cela», dit-elle. Elle cherchera aussi la collaboration du ministère des Arts et de la Culture pour que son projet se concrétise afin qu’elle puisse faire découvrir l’art conceptuel aux Mauriciens.

L’Allemagne : un pays accueillant

Razeea Mamodeally, qui fréquentait le collège Queen Elizabeth, a décroché d’excellents résultats aux examens de HSC. Très vite elle s’est envolée pour Londres et s’est inscrite à l’Epsom School of Art &Design.

Durant ses études à Londres, elle a obtenu une bourse d’une année à l’Institut Supérieur des Arts Appliqués à Paris. En 1991, à l’âge de 23 ans, elle a fait la connaissance de Linder, un ressortissant allemand qui deviendra son époux. Razeea travaille comme artiste conceptuelle pour servir l’art afin de sensibiliser les gens à divers problèmes. Elle se rend régulièrement en France, en Angleterre, en Croatie et dans d’autres pays limitrophes.

Razeea indique qu’elle s’est bien intégrée dans la société allemande et n’a jamais rencontré de problèmes liés au racisme. «La communication est très importante et il faut savoir préserver son identité,», laisse-t-elle entendre. Elle se félicite que son pays d’adoption, qui abrite une large communauté turque, soit très ouvert et très accueillant aux étrangers. Des mosquées ont été construites partout et des lieux de rencontre fleurissent aux quatre coins de Cologne, surtout à Hilden, une petite bourgade où elle s’est installée. Razeea Mamodeally-Linder a à son actif un projet pour l’Unicef et s’est servie de la langue créole et de l’allemand comme base.

Vice-président d’une association d’artiste

Notre compatriote adore la philosophie allemande et dévore les ouvrages d’Emmanuel Kant, Hegels, Edmund Husserf, Leibniz et d’autres grands penseurs allemands. Razeea Mamodeally Linder est la vice-présidente de Kunstverien Langenfeld, une association d’artistes Elle définit l’art conceptuel comme une démarche intellectuelle et non un mouvement. Pour Razeea, les artistes conceptuels privilégient l’idée et sa transposition sur les objets d’art. « Dans l’art conceptuel il est seulement permis de montrer les ébauches ,les photographies et les notes explicatives, » ajoute-t-elle.

Notre compatriote nous explique que pour pouvoir comprendre l’art conceptuel, il est indispensable de tenter de comprendre l’artiste et sa façon de penser. « L’art conceptuel n’est pas un mouvement structuré, ni même une tendance univoque. Il concerne plutôt des artistes qui ont pour première exigence d’analyser ce qui permet l’art d’être art, analyse qui elle-même se conduit selon deux grands orientations, » explique-t-elle encore.

Apprécier toutes les autres cultures

Razeea Mamodeally Linder se sent bien dans sa peau. Elle rend grâce à son père, Yusuf Mamodeally, ex-enseignant du primaire, et sa mère, Sarah, femme au foyer, qui lui ont permis de s’épanouir. Enfant de Plaine Verte des années 80, elle a côtoyé toutes les communautés. «À la rue St François où ma famille habite toujours j’avais des amies de la communauté chinoise qui venaient manger chez moi. La porte de mes parents était ouverte à tous et cela m’a permis d’avoir une grande ouverture d’esprit et d’apprécier toutes les autres cultures,» poursuit-elle. Nullement intéressée par la politique, elle privilégie un engagement social pour venir en aide aux immigrés. « J’utilise l’art pour l’intégration des immigrés », conclut-elle avec un large sourire.

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