mercredi , 29 janvier 2020
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Incendies de forêts en Australie : Ziyaad Hussanee et sa famille contraints de rentrer à Maurice

Les incendies de forêts qui ravagent de grandes parties de l’Australie continuent leur progression et ont forcé les autorités à décréter l’état d’urgence. Notre compatriote Ziyaad Hussanee et sa famille ont été contraints de rentrer à Maurice. Pour sa part, le Mauricien Ismaël Adam Badurally, qui vit à Sydney, estime que les épaisses fumées noires perturbent les habitants.

Des images frappantes de désolation et de destruction s’étendent à perte de vue dans des régions dévastées par le feu. Des maisons calcinées, des voitures brûlées et des animaux carbonisés sont entassés en bordure des routes. Des personnes qui ont tout perdu pleurent à chaudes larmes et refusent de retourner dans les zones à risques. Notre compatriote, Ziyaad Hussanee, qui vit à Canberra depuis 19 ans, a été contraint de rentrer à Maurice avec sa famille pour fuir le danger. Il nous raconte ce phénomène qui fait peur au monde entier.

D’emblée Ziyaad précise qu’il est retourné à Maurice avec son épouse et ses deux fils Issa (6ans) et Moussa (3ans) non pas par peur de l’incendie mais à cause de la fumée qui est suffocante . «Pas capave respiré et banne zefant pe toussé dans la case et dehors chaleur 49 degrés», laisse-t-il entendre.

Il y a quelques semaines, il était en vacances avec sa famille dans le New South Wales, une station balnéaire, et avait constaté que le feu avait déjà ravagé une bonne partie de la région. « Pou retourner lors ene la route ki prend 1 heure temps nous fine prend 4 heures et demi pou rentrer», dit-il. Ziyaad raconte que trois semaines de cela, le feu était à quatre kilomètres de Canberra. La fumée avait obscurci le ciel et les enfants arrivaient difficilement à respirer. « Zenfant ti pe toussé et li yeux gratté et brûlé et pe touffé dans la case», ajoute-t-il.

« Couma dire dans film horreur… »

Ziyaad indique que samedi dernier vers les 7 heures du matin, Issa son fils de 6 ans, ne bougeait plus dans son lit. Dehors une scène apocalyptique lui donnait des frissons. « Couma dire dans film horreur. Faire noir et rouge et soleil pas ti pe passer. Couma dire encore pe faire la nuit », explique-t-il.. Son épouse et lui ont consulté une carte pour voir la progression de l’incendie et ont constaté que le feu se rapprochait à une vitesse vertigineuse. « Difé la pe traverse la rivière pe vine intense », dit-il encore. Ziyaad dit avoir constaté que le gigantesque brasier avait une force extraordinaire. « Difé la faire couma ene tornade li alle jette lezotte place », poursuit-il.

Nou stressé et nou senti nou en danger»

À la télévision et sur une application de son cellulaire il suivait la progression du feu géant. Il souligne que dehors le temps était calme comme après le passage d’un cyclone. Mais soudain un vent violent a brisé le silence. « la brise soufflé et la fumée envahir partout, pa capave respiré », raconte-t-il. C’est à ce moment précis qu’il a commencé à sentir venir le danger et s’est dit qu’il devait prendre une décision.

« Nous commence stressé et nous senti ki danger la pe approcher », dit-il. Ainsi, en commun accord avec son épouse, est prise la décision de rentrer à Maurice en attendant une accalmie.

Canberra : une ville de réfugiés

130120_ziyaadIl fait ressortir que pour aller travailler les gens sont obligés de porter des masques à longueur de journée. « Canberra est devenue une ville de réfugiés. Des centaines de personnes qui sont évacuées par bateau viennent y chercher refuge. La route est coupée et leur seule préoccupation est de trouver une maison pour habiter car leurs maisons ont été détruites. »

Ziyaad couvre d’éloges les sapeurs-pompiers. « Ils font un excellent travail. Malgré la fatigue et la faim, ils ne baissent pas les bras. Depuis le mois d’octobre ils sont sur le terrain nuit et jour au mépris de leur vie, ils sont présents pour protéger la population et évacuer les gens. Le gouvernement a fait appel à l’armée pour leur donner un coup de main », dit-il.

Ziyaad raconte qu’il a été témoin d’une scène d’horreur bouleversante. « Mo fine trouve dans bord chemin boucoup zanimo mort. Koalas, kangourous, renards et buffles qui fine mort carbonisé et éna fine mort de soif », se désole-t-il. Il fait ressortir avoir constaté est que dans certaines régions les lacs étaient secs. « Il n’y a pas une goutte d’eau pour circonscrire l’incendie », dit-il.

Levée de fonds à la mosquée

Ziyaad n’était pas resté inactif avant de rentrer à Maurice. Il s’est joint à une chaîne de solidarité qui s’est constituée pour venir en aide aux réfugiés. En effet, chaque vendredi après le namaz Jummah, les fidèles et lui restaient pour faire une prière spéciale afin qu’une forte averse vienne mettre une fin à ce cauchemar. «Chaque dimanche nous pe faire ene levée de fonds dans musjid pour acheter manger et par camion et conteneur nous alle partage banne réfugiés», relate-t-il.

Ziyaad nous dit qu’il attendra trois semaines avant de rentrer à Canberra en espérant une acalmie. « Si bizin mo pou quitte zenfant Moris et mo pou retourne l’Australie pou guette la situation couma été », déclare-t-il. Il invite les Mauriciens à prier pour que ce feu ne progresse plus et que le Créateur protège les innocents.

Ziyaad Hussanee travaille dans le service social. En 2001 il a quitté le pays pour s’installer à Melbourne. Après neuf ans il a quitté Melbourne pour s’établir à Canberra. Ses enfants sont nés en Australie. Il aime son pays d’adoption et y gagne bien sa vie et ne songe pas à revenir vivre à Maurice.

« Le feu ne s’éternisera pas et la vie va reprendre son cours normal. Il nous faut avoir la foi et un peu de patience. Prions ensemble », dit-il.


Ismaël Adam Badurally : «Il n’y a aucun danger pour nous pour le moment»

130120_ismaelNotre compatriote Ismaël Adam Badurally, qui a émigré en Australie il y a 12 ans, vit à Sydney dans la région de Mountdruitt. « Pour le moment il n’y a aucun danger pour ma famille ni pour les habitants de la région. Cependant la chaleur avoisine les 49 degrés certains jours. Dans ma région il y a très peu d’arbres, mais à une demi heure de chez nous à Blue Mountain le feu fait rage dans la montagne », laisse-t-il entendre.

« Le seul problème auquel font face les gens c’est la fumée et beaucoup de personnes ont des problèmes respiratoires. Nous évitons de sortir excepté pou aller travailler et nous restons enfermés chez nous », ajoute-t-il. Il nous raconte que la fumée obscurcit complètement le ciel. La semaine dernière il a fait le trajet Sydney-Melbourne pour constater les dégâts. Beaucoup de maisons en bordure de forêt ont été détruites, des centaines de milliers de bétail carbonisés, des koalas brûlés et des kangourou morts par milliers.

« C’est une scène apocalyptique qui s’offre aux yeux chaque jour quand on regarde les informations à la télévision », souligne notre compatriote. Il indique qu’un élan de solidarité s’est mis en place dans sa région pour venir en aide aux pompiers qui luttent pour circonscrire le pire incendie en Australie. « À Mountdruitt les fidèles qui fréquentent les deux mosquées ont organisé une levée de fonds et une distribution de nourritures aux pompiers », dit-il.

Fortes chaleurs

La semaine dernière une prière spéciale a été dite pour que la pluie vienne à la rescousse des Australiens. Le lendemain la pluie a commencé à tomber mais pas en grande quantité pour éteindre l’incendie. Ismaël Adam nous dit que cet incendie de forêt est qui est d’une ampleur et d’une violence sans précédent nous fait réfléchir et qu’il y a des leçons à en tirer. Chaque jour pendant le namaz on fait des duahs pour que la situation retourne à la normale. Il lance un appel aux Mauriciens à rejoindre ceux qui prient pour que la pluie tombe en Australie. « Demande Allah protège nous et faire duah ki nous pas gagne aukaine difficulté loin de nous pays », dit-il. Il fait ressortir que ce weekend la température va grimper jusqu’à 44 degrés et le pire est attendu si la pluie ne tombe pas.

Il raconte que des centaines de propriétés ont été détruites et que les Australiens vivent dans la peur. Ismaël Adam Badurally est une figure connue de la Jummah Mosque à Port-Louis. Voisin de la mosquée, il passait son temps libre à donner un coup de main dans des activités spirituelles qui y étaient organisés. Installé en Australie avec sa famille il travaille pour une grande compagnie. Ses enfants étudient dans des universités de Sydney, la ville la plus peuplée d’Australie avec cinq millions d’habitants.

Un groupe de musulmans prépare des repas destinés aux pompiers

130120_musulmaneLa situation en Australie demeure critique sur le front des incendies, mais la solidarité s’organise petit à petit sur place, notamment dans le Gippsland où plus de 750 000 hectares sont partis en fumée.

Luttant au quotidien contre ces incendies qui ravagent le pays, les pompiers australiens n’ont aucun répit et sont sur le pied de guerre, mais la fatigue se fait sentir. Beaucoup sont en effet épuisés mais ces derniers peuvent néanmoins compter sur le soutien de la population locale, qui organise une véritable chaîne de solidarité pour leur venir en aide, autant que faire se peut.

Dernier exemple en date, ce geste solidaire d’une association musulmane qui n’a pas hésité à apporter de l’eau et de la nourriture aux pompiers volontaires de Johnsonville, petite commune située à 250 kilomètres à l’Est de Melbourne. En fin de semaine dernière, des membres de l’Australian Islamic Centre de Newport ont ainsi préparé des repas destinés aux soldats du feu qui luttent actuellement contre les flammes dans la région du Gippsland, située dans l’État du Victoria.

« C’était très émouvant de voir à quel point ils étaient fatigués. Ils étaient tout simplement épuisés », a raconté Lookman El Kurdi, l’un des volontaires présents sur place. « Cela leur a fait vraiment du bien de se nourrir convenablement et de voir que nous pensons à eux », a-t-il ajouté. En plus des repas, ces bénévoles musulmans ont apporté cinq chargements de camions contenant des articles de première nécessité à distribuer dans cette région sinistrée, où des centaines de maisons ont été détruites.

Les musulmans effectuent la prière de la pluie

130120_namazL’Australie fait face à des incendies ravageurs d’une durée et d’une intensité inédites. Les feux de forêt d’une ampleur et d’une violence sans précédent qui dévastent des régions entières ont déjà fait plusieurs et des «dégâts considérables», ont indiqué les autorités. Plus de 8 millions d’hectares ont déjà brûlé et plus d’un demi milliard d’animaux sont morts. Dans le sud-est du pays, le ciel est devenu noir et des cendres sont tombées sur des populations isolées.

Témoins des incendies de forêt dévastateurs, les responsables religieux musulmans du pays ont affirmé leur soutien aux familles de victimes. Ils appellent leurs coreligionnaires et les musulmans du monde à prier pour les soutenir.

De leur côté, les musulmans d’Autralie ont invoqué Allah, le Seul et Unique, capable de les soulager en accomplissant la Salat al-istisqa. Salat al-istisqa signifie « Offrir des prières pour la pluie » sous forme de supplications faites auprès d’Allah l’Exalté pour faire tomber la pluie en cas de pénurie d’eau.

Dès lors, la communauté musulmane australienne a organisé des prières Istisqa en assemblée au parc Bonython à Adélaïde. Les prières sont dirigées par le leader musulman australien, Mohamad Abdalla. Ils prient pour la pluie ! Pour la vie !

Dans son sermon, l’imam Mohamad Abdalla a demandé aux musulmans de se repentir immédiatement afin qu’Allah exauce leurs invocations. Par l’immense Miséricorde du Tout Puissant, il a plu lundi juste après que les musulmans se soient recueillis. Al hamdoullilah !

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