mercredi , 24 mai 2017
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Imran Ahmadally tué dans un accident – Nousirah Ahmadally: « Ce sera dur pour grandir mes deux filles »

Fauché par une motocyclette à la rue Lenepveu, Imran Ahmadally, 42 ans, avait le foie perforé et le bassin écrasé. Il a rendu l’âme quelques heures après son hospitalisation mardi.Profondément attristés par la perte soudaine d’un des leurs, les Ahmadally, sont très en colère contre le motocycliste qui n’a pas su éviter la victime. Pour eux, il n’y a pas de doute que le jeune motocycliste roulait à vive allure dans une petite ruelle. Encore sous le choc cinq jours après le drame, la veuve d’Imran Ahmadally, Nousirah, âgée seulement de 23 ans, est perdue dans ses pensées. Elle songe sans doute à la redoutable tâche qui l’attend : grandir ses deux filles, Nashirah et Nashifa, sans leur père. Elle a beaucoup pleuré quand elle a appris le décès de celui qui partageait sa vie depuis 4 ans.

Signes prémonitoires

Le visage baigné de larmes, elle fait un effort pour partager avec nous les dernières paroles et les dernières actions de son époux. Elle y voit maintenant des signes prémonitoires de la mort prochaine de son époux. Pour elle, c’était comme si sa façon à lui d’avertir ses proches que bientôt son heure arriverait et qu’il les quitterait tous pour un autre monde. Nousirah se rappelle que sa fille aînée, âgée de 18 mois, pleurait le jour de la mort de son père et ne voulait pas quitter ses bras. « Ki arriver papa pou mort aster ? », lui avait dit Imran avant de sortir dans l’après-midi. Nousirah se rappelle aussi qu’en ce jour fatidique, lmran avait nettoyé la maison de fond en comble et avait rangé les sofas. « Bizin garde la caze propre », avait-il dit à sa femme. Avant de sortir, il lui a lancé : « Mo remercié Allah ki mo la caze fine paré aster mo pou alle dans mo vrai lacaze.”

Imran se comportait d’une façon anormale et faisait des plaisanteries à tout bout de champ. Il à dit à sa grand-mère que l’heure était arrivée de quitter sa fille et que c’était son dernier jour. La veille il a demandé à son épouse d’emmener ses deux filles à un mausolée pour des prières. « Papa pou mort aster », avait-il dit à ses filles deux jours avant sa mort.

Nousirah regrette infiniment de n’avoir pu parler avec Imran une dernière fois à l’hôpital avant son trépas. « Imran ti ene bon papa. Li adore so deux tifilles et zotte pas ti manque narien », nous laisse-t-elle entendre. Ses grands projets pour construire un toit pour sa famille ne se réaliseront jamais et ce sera dur pour elle d’élever seule deux enfants en bas âge . « Couma mo pou vive avec deux enfants sans Imran ? », se demande-t-elle. Sa fille aînée réclame sans cesse son père et éclate en sanglots. « Nashira pe rode so papa et li demande cotte papa fine aller », nous dit la veuve. Son gros problème c’est en effet de trouver les moyens pour faire bouillir la marmite. « Mo péna personne pou aide moi. Mo pas capave travaille parski mo ena 2 enfants pou surveiller. Mo pe passe par banne moments très durs couma dire ène cyclone fine passe lor moi », dit-elle encore. Nousirah fait un appel à ses frères et soeurs pour l’aider à grandir ses enfants et pour subvenir à leurs besoins. « Ceki comprend souffrance ene dimoune dans difficulté li pas tourne le dos avec ene maman et so 2 enfants », ajoute-t-elle.

Nousirah a déjà entamé des démarches pour obtenir une pension de l’État et souhaite que les associations caritatives lui viennent en aide. Avant de nous quitter, Nousirah nous a demandé d’être son porte-parole auprès de ses coreligionnaires pour aider ses filles, Nashira et Nashifa.

Profil de Imran

Imran travaillait dans le port dans le commerce du poisson et gagnait plutôt bien sa vie. Il quittait sa maison très tôt le matin et rentrait exténué dans l’après-midi. Il passait son temps avec ses enfants et ne sortait que très rarement pour rencontrer ses amis. Seul motif de consolation pour Nousirah : Imran a quitté ce monde le deuxième jour de Muharam qui est un mois béni.

 

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