dimanche , 21 janvier 2018
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Ilrshaad Goolamally

Ilrshaad Goolamally : «Le salaire minimum peut provoquer des licenciements»

Le salaire minimum fait toujours débat. Si certains parlent d’une avancée historique, d’autres soulèvent plusieurs questions sur les modalités et on redoute l’impact négatif qui pourrait se produire.  Le président de 2 Train 2 Employ, Ilrshaad Goolamally, fait une analyse de cette situation et élabore sur l’impact du salaire minimum sur l’économie mauricienne, la population et les PME. Tour d’horizon.

À partir de janvier 2018, le salaire minimum sera de Rs 9 000 et la compensation salariale a été fixée à Rs 360. De même, les premiers paiements de la Negative Income Tax ont déjà commencé. La MRA décaissera des subventions de Rs 860 sur chaque salaire de la Zone franche et Rs 500 pour ceux des autres secteurs.

Selon Ilrshaad Goolamally, les plus grand souci à partir de janvier 2018, c’est le risque des licenciements au sein des entreprises. Il explique que si le gouvernement ne vienne pas de l’avant avec des solutions pour les employeurs en termes de réduction de la taxe ou avec des programmes d’emploi, il y a un risque que plusieurs personnes se retrouvent sans emploi. Les secteurs qui seront les plus touchés sont, selon lui, celui de la fabrication, de la  construction, et celui des services. « Les secteurs qui seront le plus touchés seront ceux où les employés ont un faible niveau de qualification, en particulier ceux qui gagnent moins que le salaire minimum. Par exemple, les secteurs de la construction ou de la fabrication devraient être examinés sous un angle différent. Certains employés gagnaient entre Rs 5 000 et Rs 7 000 et, maintenant, avec le salaire minimum, ils doivent toucher Rs 9 000. C’est très bien pour eux et c’est en effet une décision courageuse du gouvernement. Mais il y aura un impact négatif sur le fonctionnement de grandes entreprises et aussi sur les PME », dit-il.

Il estime qu’étant donné que nous avons un Remuneration Order (RO) pour certains secteurs, il faut que le gouvernement examine chaque secteur de façon différente afin d’éviter les licenciements.

Le risque d’exploitation

Certains employés craignent déjà une hausse de leur volume de travail. Notre interlocuteur explique qu’il faut comprendre cette crainte, car évidemment avec cette mesure, le risque d’augmentation des tâches est présent. Il précise que le salaire minimum sera également applicable aux travailleurs étrangers. « Les employeurs seront plus exigeants en termes de productivité afin d’être compétitifs. Je pense que les travailleurs étrangers seront plus exploités que les Mauriciens. Le salaire minimum pour les travailleurs étrangers est quelque chose dont les employeurs vont se plaindre. Je pense que les employeurs supprimeront certains  avantages offerts aux travailleurs étrangers, comme le logement et la nourriture, lorsqu’ils appliqueront le salaire minimum en janvier 2018 », ajoute-t-il.

Hausse des prix des produits et des services

Ilrshaad Goolamally souligne que le salaire minimum aura sans aucun doute un impact négatif sur le liquidité des entreprises, mais en particulier les PME. Il indique qu’au début, les grandes entreprises ne souffriront pas, mais à long terme, elles ressentiront sûrement cet impact. Mais pour les PME, qui emploient plus de 60% de la population à Maurice, cela aura un énorme impact négatif. « Il y a un risque que certaines PME fermeront leurs portes en 2018 -2019 si le gouvernement n’offre pas d’incitations à ces PME. Avec ce salaire minimum et les obstacles déjà rencontrées pour accéder au financement, ces PME auront d’énormes difficultés à être  compétitives », dit-il.

Ilrshaad Goolamally souligne qu’avec le  salaire minimum, nous gagnons et perdons en même temps. Il prévoit une hausse des prix des produits et des services. « Il y aura une augmentation générale du prix et du coût de la vie à Maurice. J’estime que le gouvernement devrait au moins prendre en considération le rapport de M. Apanah en premier lieu et appliquer le salaire minimum à Rs 8 000 incluant l’augmentation de Rs 360. Puis en 2019, le gouvernement aurait pu allouer Rs 8 500 ou Rs 9 000. Cela aurait été une décision beaucoup plus sage afin de permettre aux entreprises de prendre leurs précautions. La transition aurait été beaucoup plus souple », estime-t-il.

La situation des PME

Notre interlocuteur fait ressortir que ces mesures ne sont pas tout à fait bénéfiques aux PME. Selon lui, les PME contribuent déjà aux fonds NEF/NPF pour leurs employés et maintenant avec la Negative Income Tax, il n’y a aucun avantage pour les PME. « Les PME doivent enregistrer tout leur personnel dans le système de la MRA et c’est le gouvernement qui va contribuer à l’impôt négatif sur le revenu des employés. Il n’y a pas de bénéfice pour les employeurs, surtout pour les PME », relate-t-il. Pour lui, le gouvernement doit impérativement venir de l’avant avec plusieurs subventions afin que les PME puissent opérer facilement.

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