mardi , 18 juin 2019
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Bourses sociales

HSC cuvée 2017 – Bourses sociales : la réussite malgré l’adversité

La liste des 18 lauréats additionnels (16 à Maurice et 2 à Rodrigues), pour la cuvée 2017 selon les critères sociaux, a été rendue publique, le jeudi 2 août. STAR a rencontré quelques-uns de ces nouveaux boursiers de l’État qui, contre vents et mareés, ont réussi à sortir la tête de l’eau.

Abdool Maarhyah Fridaus Benazirkhan : «Je me battrai pour réaliser le rêve de mon défunt père»

Abdool Maarhyah Fridaus BenazirkhanAbdool Maarhyah Fridaus Benazirkhan a senti le monde se dérober sous ses pieds quand son père est subitement décédé quelques jours avant l’annonce de la liste des boursiers. Abdool Sayid Janath Hossen Khan, marchand ambulant, attendait impatiemment pour voir le nom de sa fille apparaître sur la liste des récipiendaires des bourses mais il est malheureusement décédé avant l’annonce officielle faite à cet effet le lundi 30 juillet. «Je ne sais pas avec qui partager ces moments de bonheur maintenant car mon père est la personne qui a sacrifié le plus pour mes études,» confie-t-elle en larmes.

Maarhyah raconte que son père l’accompagnait aux leçons particulières quotidiennement et il lui manquera énormément. En dépit du fait que son père souffrait de gastro-entérite le jour où Maarhyah a reçu  la bonne nouvelle, il ne cessait de prendre des renseignements au sujet des études que celle-ci pouvait entreprendre à l’étranger. « Mon défunt père caressait depuis mon enfance le rêve de me faire devenir médecin et je me battrai jusqu’au bout pour réaliser son rêve», poursuit-elle. Elle tient à remercier le Créateur, ses parents et ses grands-parents de l’avoir toujours soutenue. Elle est aussi reconnaissante au gouvernement pour sa décision d’octroyer des bourses à des enfants moins fortunés

Son conseil aux élèves : « Il ne faut  jamais manquer de respect à vos parents et vos aînés. Il faut toujours rechercher leurs bénédictions pour aller plus loin dans la vie. Quand ils ne sont pas avec vous, rien n’a plus de sens ni de valeur même si vous avez toutes les facilités », dit-elle.

Pohrun Isshaaq Sheik Raymode : Il fait honneur au collège Doha

Pohrun Isshaaq Sheik RaymodeLauréat de la filière Art et Design  selon des critères sociaux et de mérite, Pohrun Isshaaq Sheik Raymode, 18 ans, étudiant au collège Doha  fait honneur à son institution et à sa famille. En effet, le jeune homme est actuellement en Ouganda pour un stage de six mois afin de décrocher une bourse pour des études en architecture soit aux états-Unis, en Angleterre ou au Japon. Il a bénéficié de ce stage sponsorisé par le Japonais  Hashinada qui vient en aide aux étudiants qui n’ont pas les moyens pour étudier dans une grande université.

Pohrun Isshaaq Sheik Raymode a effectué toute sa scolarité à la Doha Academy depuis le primaire. Ses enseignants avaient décelé en lui des grandes qualités et avaient prédit qu’un jour il allait faire flotter le drapeau du collège Doha. Le jeune garçon a perdu son père alors qu’il n’avait que 7 ans. C’est sa mère, Swaleha Bhugaloo, entrepreneuse, qui l’a élevé. Elle nous a d’ailleurs dit que son fils n’a pas connu de difficulté car ses proches étaient toujours présents pour le soutenir. Elle fait ressortir qu’Isshaaq est un garçon obéissant qui voue un profond respect aux aînés. Elle indique que son fils est un amoureux du ballon rond mais n’a pas négligé ses études pour autant. « Mon fils a fait beaucoup de sacrifices car son rêve était toujours de devenir lauréat. Aujourd’hui le travail a payé », dit-elle.

En Ouganda pour une période de six mois, il prendra part à un examen pour déterminer quelle université il va intégrer pour des études en architecture. Sa mère nous indique qu’Isshaaq aimait dessiner depuis son enfance. D’ailleurs, pour les examens de HSC, il avait opté pour Art /Design &Technology comme matière principale.

Swaleha remercie le gouvernement pour cette bourse additionnelle offerte aux enfants des parents défavorisés. Elle nous a déclaré qu’elle opérait une fabrique de chaussures mais qu’elle a mis la clef sous le paillasson faute de clients. C’est dans sa maison qu’elle répare les chaussures pour subvenir à ses besoins. Elle remercie le Créateur et exprime sa profonde gratitude envers les enseignants et les responsables du collège Doha.

Muhammad Zoheb Ozeer : La fierté de Médine-Camp-de-Masque

Muhammad Zoheb Ozeer Muhammad Zoheb Ozeer, étudiant au college Mahatma Gandhi Institute de Moka, fait la fierté de Médine-Camp-de-Masque après avoir été classé lauréat dans la filière scientifique. Fils d’Abdool Rahim et de Faeza Ozeer qui gèrent une tabagie, le jeune homme a fait beaucoup de sacrifices pour devenir lauréat. Zoheb a effectué toute sa scolarité secondaire au MGI et ses enseignants avaient misé sur lui pour être lauréat. Zoheb pour sa part nous a déclaré qu’il a commencé à bosser dur à partir de la Form IV. À quelques mois des examens, il a commencé les révisions et a travaillé les «Test Papers». Zoheb prenait aussi des leçons particulières à raison de 5 fois la semaine. Il compte poursuivre des études à l’université de Maurice pour devenir ingénieur mécatronique.

Sa mère,  Faeza, confirme que Zoheb est un fils  merveilleux et exemplaire. Il n’aime pas les sorties ni la compagnie des amis. À part l’école et les leçons privées, il reste à la maison et se plonge dans la lecture. Il adore le football et aime voir jouer les équipes étrangères. Zoheb conseille aux jeunes de se mettre à l’ouvrage très tôt et de ne pas attendre le dernier moment.

Sa mère nous indique qu’elle a passé beaucoup de temps auprès de Zoheb pour lui remonter le moral. « Kan li dormi tard moi oussi mo dormi tard et kan li lève bonne heure moi oussi mo accompagne li », dit-elle. Faeza  a toujours encouragé son fils à pratiquer le namaz.

Zoheb remercie Allah pour Ses faveurs, ses enseignants qui se sont donné corps et âme pour lui, ses amis, ses proches et ses parents qu’il n’oubliera jamais pour leurs sacrifices. Il dédie son succès aux habitants de Médine-Camp-de-Masque.

Mohammad Irfaan Ally : «Il faut travailler dur et bien gérer son temps»

Mohammad Irfaan AllyMohammad Irfaan Ally, 19 ans, boursier  du New Eton College, habite Rose-Hill. Il ne peut contenir sa joie. «Je suis motivé à bloc pour relever les défis à venir », lâche-t-il. Son père, retraité, et sa mère, femme au foyer, dépendent de leurs  pensions pour faire bouillir la marmite.  Déterminé à améliorer les conditions de vie de ses parents et à les sortir de la pauvreté, Irfaan Ally s’est donné à fond pour réussir académiquement.

«Je me suis battu pour devenir lauréat en 2016 mais je n’ai pas réussi », dit-il. Sa désignation comme Top of the World en ‘Design and Technology’ a été une maigre consolation. Redoublant d’efforts, il a participé une seconde fois aux examens en 2017. Bien qu’il n’ait pas obtenu de bourse, il se dit soulagé maintenant d’en avoir obtenu une selon les critères sociaux.

Irfaan envisage d’étudier les Beaux Arts à l’université de Maurice en collaboration avec le MGI afin de devenir enseignant.  « Je dois tout à Allah, ma famille et mes amis sans oublier mes enseignants », dit-il. Connaissant sa capacité et sa situation financière, ses enseignants au collège New Eton lui apportaient tout leur soutien. Son conseil aux étudiants: « Rien n’est impossible pour ceux qui croient en leurs rêves. Vous devez travailler dur mais intelligemment en  gérant bien votre temps ».

Zaffarally Fakeermahamood : Fils de marchand ambulant devenu lauréat

Zaffarally FakeermahamoodZaffarally Fakeermahamood, 19 ans,  élève du collège James Burty David, classé lauréat dans la catégorie des étudiants dont les revenus mensuels de leurs parents ne dépassent pas Rs 9 500,  a exprimé sa profonde gratitude envers ses parents, en particulier son père, Anwar Fakeermahamood, marchand ambulant de la capitale qui a fait d’énormes sacrifices pour réaliser le rêve de son fils. «Aujourd’hui je tiens à dire merci à mon père et à ma mère qui n’ont pas lésiné sur les moyens pour que je ne manque de rien. Je serai tout le temps redevable envers eux et jusqu’a ma mort je n’oublierai jamais leurs sacrifices », nous dit-il.

Zaffarally a effectué sa scolarité au collège James Burty David et avait obtenu 13 unités aux examens du School Certificate. Même si ses professeurs croyaient en ses chances, lui ne gardait pas beaucoup d’espoir d’être lauréat.

Zaffarally mène une vie normale comme tous les jeunes mais ne dépasse pas les limites imposées par ses parents. Il conseille aux jeunes de persévérer et de se mettre au travail très tôt car pour lui l’éducation est à la base de la réussite dans la vie. Il leur conseille aussi de faire confiance à Allah et d’accomplir les prières pour chercher Ses bénédictions Il ne compte pas quitter le pays pour des études universitaires et il sera admis à l’université Middlesex à Flic-en-Flac pour des études en Software Engineering and Programming .

Zaffarally adore la lecture et passe son temps à surfer sur le net et jouer à la Playsation. Il remercie le Créateur, ses parents et ses professeurs. Il dédie cet honneur à ses parents.

Anwar Fakeermahamood, habitant de la route des Pamplemousses, nous a fait part de sa joie en apprenant que son fils à été classé lauréat. « Larmes fine vine dans mo li yeux et mo fine remercier Allah pou sa l’honneur là », laisse-t-il entendre avec beaucoup d’émotion.

Anwar nous raconte qu’il fait d’énormes sacrifices pour ses deux fils dont l’aîné est comptable de profession. Il raconte le calvaire des marchands ambulants sur le trottoir. Il estime que maintenant c’est pire qu’auparavant car les gens ne viennent pas acheter dans les foires. « Éna jour pas travaille ditout. Péna l’argent dans poche et retourne lakaz larmes dans li yeux », indique-t-il. Anwar espère que sa situation va s’améliorer et que ses deux fils vont rendre sa vie plus agréable. « Mo pas pou fini remercier Allah pou sa l’honneur là et mo dire mo banne camarade marchand ambulant ki zotte oussi zotte zenfant capave faire succès », conclut-il.

Rahim Baccus Maisura : «Il faut viser haut la première fois»

Rahim Baccus Maisura, 19 ans, est parmi les trois boursières du collège Queen Elizabeth, côté Science. Native de Chemin-Grenier et issue d’une famille modeste, elle dit être très satisfaite car elle a travaillé très dur pour réussir. Son père, qui est garnisseur, et sa mère, femme au foyer, ont toujours été à ses côtés.  Cependant, même si elle n’a pas encore fait le choix de sa filière d’études, elle confie que son cœur balance entre le droit et les lettres. « Étant actuellement en congé sabbatique d’une année, cela m’aidera à décider clairement de ce qu’il faut entreprendre pour poursuivre mes études», dit-elle. Elle se dit entièrement reconnaissante envers son Créateur et à tous  ceux qui ont eu une influence positive dans sa vie. Son conseil aux étudiants: « Travaillez dur et respectez vos enseignants. Aussi ne participez pas à vos examens en pensant que vous pourrez encore redoubler l’année prochaine. Il faut viser haut la première fois. »

Hsc : La liste des lauréats additionnels

Boursiers additionnels dont les revenus mensuels de leurs parents ne dépassent pas Rs 16 000 :
Sciences – Garçons
• OZEER Muhammad Zoheb, MGI Moka
• GOKOOL OOPADHYA Dishan, MGI Moka
• CHINEEGADOO Yohann Christhopher, Collège du St Esprit
Filles
• RAMSURRUN Neha, Queen Elizabeth
• RAHIM BACCUS Maisura, Queen Elizabeth
• KOWLESSUR Lovna, Queen Elizabeth
Économics – Garçons
• SOOKUN Avinash, Piton SC
• DULLOO Abir, Collège Royal de Curepipe
Technique – Garçon
• CAUNHYE Mohammad Irfaan Ally New Eton College
Rodrigues – Garçon
• GENAVE Jean Ramesh, Rodrigues College
Fille
• CAPDOR Marie Christanielle, Rodrigues College
Vacant slots
Garçon
• HALKHORY Kevin, Rabindranath Tagore
Fille
• ABDOOL Maarhyah Firdaus Benazirkhan, Gaëtan Raynal State College
Boursiers additionnels dont les revenus mensuels de leurs parents ne dépassent pas Rs 9500
Garçons
• FAKEERMAHAMOOD Mohammad Zaffar Ally, Dr James Burty David SSS
• POHRUN Isshaaq Sheik Raymode, Doha SS
• JOOLFOO Muhammad Khalid Bin Abubakr, Mahatma Gandhi Secondary School Solferino
Filles
• RUMJAN Begum Kashifa, Belle Rose SSS
• RAMESSUR Ilisha, Collège Lorette de Rose-Hill

Rahim Murtuza  et Ahmad Fakuddeen Jilani

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