mardi , 23 juillet 2019
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Nusayhah Hingah

HSC : controverse autour de deux classements de cambridge

Le cas de Nusayhah Bibi Hingah a été diversement commenté au cours de cette semaine. Classée dans la filière scientifique au collège Queen Elizabeth, elle affirme qu’elle aurait dû être lauréate car elle se trouve à la 36e place dans le classement de Top 500 de Cambridge alors que la lauréate Bahemia est, elle, au 37e rang.

Nusayhah Hingah : « J’aurais dû être lauréate »

Cette affaire fait grand bruit depuis la semaine dernière. Nombreux sont ceux qui ont découvert une « anomalie » dans la liste des 500 meilleurs étudiants mauriciens qui ont pris part aux examens du HSC en novembre 2018. En effet, Nusayhah Bibi Hingah se trouve à la 36e place dans ce classement mais elle n’a pas été proclamée lauréate. Dans la liste du « Scholarship Rank Orders : Mauritius Science Side Girls Scholarship », elle figure à la 10e place tandis que Rabiah Ibrahim Bahemia, qui est à la 37e place, est lauréate de cette filière. Ces deux amies qui fréquentaient le Queen Elizabeth College disent en train de vivre une période difficile. Déçue dans un premier temps de n’avoir pas été lauréate, Nusayhah a, par la suite, connu une semaine stressante entre les va-et-vient à la Mauritius Examination Syndicate (MES).

Intervenant lors de l’émission Le Grand Journal sur Radio Plus, mercredi 13 février 2019, Nusayhah Hingah explique que la directrice du MES, Brenda Thanacoody-Soborun, lui a lu la lettre envoyée par Cambridge cette semaine. « Elle m’a fait comprendre que c’est bel et bien la lettre de Cambridge mais lorsque j’en ai pris connaissance, j’étais stupéfaite qu’il n’y avait aucune signature. N’importe qui aurait pu rédiger une telle lettre. Aussi, seuls les ‘general rules and guidelines’ y sont mentionnés. Je connais déjà les règlements et j’aurais pu les lire moi-même. Je croyais que Cambridge allait faire allusion à mon cas spécifiquement mais tel n’est pas le cas. Mes interrogations avaient trait au fait que je sois 36e sur la liste des Top 500 et que je n’ai pas fait partie des lauréats », a déploré la jeune fille.

Parallèlement, Nusayhah Hingah se demande sur quels règlements s’est basé Cambridge pour établir sa liste de lauréats. « Tout n’est pas très clair. Il n’y a aucune transparence et nous n’avons pas eu les explications souhaitées. D’ailleurs, je ne sais pas qui la directrice du MES a contacté à Cambridge », a-t-elle ajouté sur les ondes de Radio Plus. Elle croit dur comme fer « qu’elle aurait dû être lauréate » pour la cuvée 2018. « Je fais partie d’un système d’éducation où l’on doit concourir pour devenir lauréat. J’ai bossé extrêmement dur dans le but d’atteindre cet objectif. Mais au final, je ne connais même pas sur quels critères on décrète un lauréat. C’est aberrant ! », a-t-elle pesté. Nusayhah Hingah a tenu, toutefois, à préciser qu’elle n’avait aucun problème à ce que son amie Rabiah Ibrahim Bahemia soit lauréate. « On entretient toujours de très bonnes relations. Elle est toujours mon amie », dit-elle. Soulignons que la famille Hingah a retenu les services de l’avocat et ancien ministre de l’Éducation, Steven Obeegadoo, dans cette affaire.

Nasseem Hingah : «Le rêve de ma fille s’est envolé»

Les parents de Nusayhah sont tout aussi bouleversés que la jeune fille depuis l’éclatement de cette affaire. Nasseem, sa mère, nous explique que Nusayhah s’attendait à être lauréate. « Elle est très brillante depuis l’école primaire. Au collège, elle était tout le temps très appliquée et en Form 5, elle avait eu ‘distinction’ dans chaque matière. Elle était confiante qu’elle allait devenir lauréate et voulait obtenir cette bourse pour faire des études de médecine. Nous n’avons pas les moyens pour payer ses études universitaires. C’est pourquoi elle a travaillé très dur pour avoir la
bourse », nous dit Nasseem Hingah, attristée.  Elle relate qu’à la maison, le climat est très morose et tout le monde semble avoir perdu l’appétit. « Même ses frères et sœurs n’arrivent plus à manger. On est tous bouleversés. Je croyais que l’éducation allait pu nous sortir de notre situation mais tel n’est pas le cas. Aujourd’hui, le rêve de ma fille s’est envolé », ajoute-t-elle, la voix cassée par l’émotion. Mère de quatre enfants, Nasseem aide son époux à vendre des légumes à la foire de Curepipe. Elle dit avoir consenti à d’énormes sacrifices pour donner une bonne éducation à tous ses enfants. « Nou mem koné kuma nou finn fer pou fer nou zenfan arriver. Mo espérer ki gouvernement réussi trouve ene solution pou li », conclut-elle.


Rabiah Ibrahim Bahemia, lauréate : «Je suis perturbée par les commentaires désagréables»

Rabiah Bahemia
Rabiah Bahemia entourée de ses parents

« Cela aurait dû être un moment de réjouissance et de célébration pour la famille mais malheureusement, je ne peux plus en dire autant ». C’est par ces mots que Rabiah Ibrahim Bahemia, lauréate dans la filière scientifique au collège Queen Elizabeth pour la cuvée 2018, nous traduit le fil de sa pensée. En effet, depuis la fin de la semaine dernière, elle dit vivre un véritable calvaire en prenant connaissance des commentaires « désagréables » sur les réseaux sociaux. Ces commentaires concernent la liste du « Mauritius Top 500 Scholarship » dans laquelle Rabiah Bahemia figure à la 37e place alors Nusayhah Bibi Hingah, classée après les lauréates, y occupe la 36e place.

« Je suis lauréate mais la famille ne peut pas célébrer ce moment comme il se doit. J’ai travaillé très dur pendant des années pour pouvoir être parmi les meilleurs de cette cuvée et aujourd’hui, j’entends toutes sortes de rumeurs. C’est blessant. Je suis perturbée par les commentaires  désagréables. Je suis aussi très déçue avec une section de la presse qui a affirmé que j’avais eu moins de points que l’autre candidate. Ce faisant, elle égratigne l’image du Mauritius Examination Syndicate (MES) et celle de Cambridge », déplore la jeune lauréate.

Elle ajoute que le communiqué de Cambridge est on ne peut plus clair à l’effet que l’institution britannique n’a commis aucune erreur dans son classement des meilleurs étudiants à l’île Maurice. « Je n’ai pris la place de personne. C’est de mes propres efforts et après beaucoup de sacrifices que j’ai pu être lauréate. Si on se pose des questions sur mes résultats, j’estime alors qu’on est en train d’émettre des doutes sur tout le système », soutient-elle.

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