lundi , 23 octobre 2017
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H. A. Rahim

H. A. Rahim : «Ravi Yerrigadoo et moi étions comme deux frères»

Rebondissement dans l’affaire BET 365. Après avoir fait tomber Ravi Yerrigadoo, la semaine dernière, le dénonciateur Husein Abdool Rahim lui présente, cette semaine, ses excuses en dénonçant un « complot » pour avoir la peau de l’Attorney General. Il révèle aussi avoir juré un faux affidavit et pointe du doigt L’Express et l’avocat Roshi Bhadain. Du coup, cette affaire prend une nouvelle tournure car les Casernes centrales ont initié une enquête. Des arrestations ne sont pas à écarter.

Comment est-ce que vous gagnez votre vie ?
Depuis le début de l’année, je suis le directeur de H.A.S Trade and Investment Ltd. Une société spécialisée dans le développement des projets immobiliers. Et puis, je pense comme tout le monde le sait déjà maintenant, je mise sur les jeux de hasard.

Êtes-vous conscient que le jeu de hasard est haraam (interdit) ?
Oui, je le sais.

«Nad Sivaramen a pensé que j’étais nerveux et a conseillé au journaliste Yasin Denmamode de m’emmener voir un psychologue»

Vous savez sans doute qu’on vous présente comme un escroc…
Je n’ai jamais été arrêté ou condamné pour escroquerie. Et depuis que toute cette affaire a éclaté, je préfère laisser l’enquête suivre son cours et dans les jours à venir nous allons voir. Je m’en remets à la justice.

Depuis vendredi, Sylvio Sundanum dit recevoir des appels et messages WhatsApp provenant d’un numéro qui vous appartenait. Il pense que le téléphone est manipulé par une autre personne. Il a consigné une déposition ce matin. Êtes-vous au courant de cela ?
Non, je ne suis pas au courant. D’ailleurs, ce n’est que ce matin (Ndlr : samedi matin) que je lui ai envoyé un message sur son portable.

Si Sylvio Sundanum n’avait pas menacé de vous dénoncer à la police, vous n’auriez pas fait le grand déballage ?
Effectivement. Je n’aurais pas déballé toute cette affaire. J’avais ces documents depuis plusieurs mois mais à aucun moment, je n’ai voulu faire du tort à qui que ce soit. Ravi (Yerrigadoo) et moi étions comme deux frères et il me donnait toujours de bons conseils.

«Je tiens à m’excuser auprès de Sylvio Sundanum, Joëlle Ah Fat, Dick Kwan Tat et Ravi Yerrigadoo.»

Quel a été votre but d’impliquer aussi Ravi Yerrigadoo ?
À un moment, je me suis retrouvé dans une position où je n’avais plus d’option. Je n’avais pas le choix. L’Express et Roshi Bhadain m’avaient fait comprendre que je n’allais plus être inquiété après ça. J’ai été manipulé.

Votre dénonciation contre celui qui est venu à votre rescousse, Ravi Yerrigadoo, peut être perçue comme de la malhonnêteté ?
Je n’utiliserais pas le terme « malhonnête » mais je dirais que j’éprouve un profond regret pour ce qui est arrivé à Ravi. Comme je vous ai dit, à un moment, je n’avais plus le choix. Je tiens aussi à m’excuser auprès de Sylvio Sundanum, Joëlle Ah Fat, Dick Kwan Tat et Ravi Yerrigadoo.

En dédouanant Ravi Yerrigadoo, attendez-vous des faveurs du gouvernement ?
Non. Certainement pas. D’ailleurs, Ravi Rutnah s’est proposé pour devenir mon avocat mais je suis tout de même allé seul au CCID. En début de semaine, j’ai passé environ 7 heures dans les locaux du CCID sans avocat et vendredi, plus de 10 heures. Je n’attends aucune faveur du gouvernement.

Êtes-vous quelqu’un qui n’a pas de reconnaissance pour ceux qui vous aident car maintenant vous dénoncez L’Express pour complot ?
Je ne partage pas votre point de vue. Car au début, j’ignorais leur intention. Quand l’affaire de sextorsion a éclaté et que j’ai vu que le journal a publié une caricature où on voit ma copine qui essaye de me frapper, j’ai compris à ce moment leur réel motif. À un moment donné, j’ai fait comprendre à Nad Sivaramen que je ne voulais plus aller de l’avant avec cette affaire. Je voulais vraiment me rétracter. Nad Sivaramen a pensé que j’étais nerveux et a conseillé au journaliste Yasin Denmamode de m’emmener voir un psychologue pour essayer de me calmer. Et le samedi 16 septembre, on m’a emmené chez un psy à Rose-Belle. Par la suite, c’était silence radio. Tout le monde m’avait laissé tomber.

«Je n’ai plus de dénonciation à faire à présent.»

Est-ce que cette dénonciation ne relève pas de la vengeance car L’Express a refusé de vous soutenir dans l’affaire de Sextorsion ?
Non. Ce n’est pas par vengeance que j’ai agi. L’Express m’a laissé tomber et ils ont fait croire que j’étais quelqu’un de dangereux et quand mon avocat m’a, lui aussi, laissé tomber, ils ont fait croire que j’étais un menteur et que les avocats ne devraient plus me faire confiance. Pour l’affaire de sextorsion, j’ignorais que ma copine allait porter plainte car selon moi, cela n’avait rien d’un cas de sextorsion. Elle a été manipulée.

C’est pour cela que je n’en avais pas parlé à mon avocat. D’ailleurs, je n’arrive pas à croire qu’elle a aussi porté plainte contre moi en disant que j’ai voulu l’agresser sur l’aire de stationnement à Jumbo Riche-Terre. Je n’avais pas l’intention de l’agresser. Je dois aussi ajouter que Nad Sivaramen m’avait fait signer un papier pour confesser que j’avais menti à mon avocat et que par la suite, j’allais pouvoir bénéficier de l’appui d’un nouvel homme de loi. J’ai signé mais quand j’ai demandé à Nad quel serait la prochaine étape, il m’a dit qu’il avait un journal à faire et n’avait plus le temps pour moi. Vous comprendrez que je ne pouvais pas rester les bras croisés car tout le monde commençait à se retourner contre moi en raison de l’image négative qu’essayait de véhiculer L’Express sur ma personne. J’ai dû réagir et j’ai tout dénoncé.

Jusqu’où pouvez-vous aller pour échapper à la prison ?
Je n’ai jamais été condamné et je laisse la police faire son enquête.

Allez-vous faire une autre dénonciation ?
Non. Je n’ai plus de dénonciation à faire à présent.

Avez-vous peur pour votre sécurité désormais ?
J’ai peur pour la sécurité de ma famille.

Comptez-vous refaire votre vie ?
– Certainement. Je suis encore jeune. Tout le monde peut faire des erreurs dans la vie. Quand toute cette affaire sera derrière moi, je prendrai un nouveau départ.

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