vendredi , 15 décembre 2017
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Gitana Kootbally

Gitana Kootbally, physiothérapeute : «Nous avions des idées préconçues de l’Islam»

Gitana Kootbally, une Lituanienne a épousé le Mauricien Shuaib Kootbally. Elle nous parle de sa conversion à l’Islam et de son bonheur de vivre à Maurice. Récit.

Gitana vivait en Lituanie, pays voisin de la Russie. Elle a connu son mari Shuaib Kootbally à travers l’Internet.

« À cette époque, je ne connaissais presque rien de l’Islam. Je vivais dans une région où vous ne trouvez que des non-musulmans. Nous avons formé des idées préconçues de l’islam grâce à un matraquage médiatique comme quoi les musulmanes n’ont pas une vie à elles-mêmes. Elles sont soumises à une vie sans liberté »,avoue-t-elle.

Quand Shuaib lui a parlé d’une autre facette de l’islam, elle a décidé d’en savoir davantage sur cette religion par pure curiosité. Elle va alors commencer à faire des recherches sur la Toile. Elle a rencontré un groupe d’étudiants musulmans de son université. « La beauté de l’Islam a pénétré profondément dans mon cœur à cette époque. Je voulais vraiment embrasser l’islam le plus tôt possible », confie la physiothérapeute. Ses parents étaient réticents à son projet de conversion car ils pensaient que les musulmans pratiquent la polygamie et sont liés à des actes terroristes. Pour effacer ces stigmates sur l’islam de leurs pensées, Shuaib est allé en Lituanie pour leur faire comprendre la vraie image de l’Islam et aussi le fonctionnement de la démocratie à l’île Maurice.

« Après le retour de Shuaib à Maurice, ma mère a décidé de visiter Maurice comme elle voulait tout vérifier de ses propres yeux. Elle voulait s’assurer que je serais heureuse de vivre à Maurice au cas où je me marierais avec Shuaib », raconte notre interlocutrice avec le sourire.

Effectivement, quand elle sont venues à Maurice, elles ont vécu cette atmosphère de paix qui prévaut chez nous parmi les personnes de différentes ethnies. Elles ont été émerveillées. D’ailleurs, Gitana et sa mère ont pu également se rendre compte que la polygamie est pratiquée en Islam uniquement dans des conditions spécifiques.

Gitana a finalement embrassé l’islam dans une mosquée en Lituanie. Comme le Ramadhan était proche, elle a jeûné pour la première fois de sa vie. « Au début, c’était difficile de rester sans manger ni boire de 6 heures du matin jusqu’à 23 h la nuit dans mon pays », confie-t-elle.. En juillet 2016, elle s’est mariée à Shuaib à l’île Maurice et depuis elle vit ici en toute quiétude.

« L’islam n’était pas si difficile pour moi car il a des affinités avec le christianisme. Mais je dois dire que vivre comme musulmane à l’île Maurice est une chose fabuleuse. Nous avons la liberté de pratiquer notre foi et notre culture sans crainte. Dans les pays européens, les agences de voyages présentent l’île Maurice comme une île paradisiaque. C’est tout à fait vrai », déclare-t-elle avec fierté. Elle ajoute que les gens ici sont très gentils. Elle nous dit aussi qu’elle ne manque jamais ses salaats et ressent une profonde sérénité à chaque fois qu’elle va à la mosquée. Pour l’instant, elle lit le coran en translittération, mais apprend la langue arabe de son époux pour pouvoir le lire en arabe plus tard.

Mieux connaître Gitana

Gitana Kootbally, âgée de 24 ans, travaille comme physiothérapeute. Elle traite des personnes touchées par une blessure, une maladie ou un handicap par le mouvement et l’exercice, la thérapie manuelle et des conseils.

Elle travaille à son propre compte depuis qu’elle est venue à Maurice Bientôt, fin octobre, elle opérera à la rue Desforges. Outre les massages médicaux pour hommes et femmes, elle fait aussi du massage relaxant, du massage russe, du massage suédois, du massage des tissus, du massage irlandais pour les femmes seulement. Auparavant, elle a travaillé comme physiothérapeute pendant un an à l’hôpital de Klaipedas Universitetine. Elle voulait toujours devenir médecin et a opté pour la physiothérapie car le métier est lié aux mouvements, aux exercices et aux défis.

Plus tard, elle envisage d’ouvrir une salle de gym qui sera connectée à son centre de physiothérapie. De plus, elle a l’intention d’importer des denrées alimentaires saines de son pays, car pour elle, «les Mauriciens se laissent trop aller à la malbouffe». Elle dit qu’en Lituanie, on n’utilise que rarement le sucre, mais généralement le miel dans la plupart des préparations alimentaires. Toutefois, elle veut faire connaître à son pays les épices que nous avons à Maurice. Elle estime que les épices indiennes sont bénéfiques pour la santé.

Activités sociales

Les mercredis, elle trouve du temps pour les activités sociales. Elle est secrétaire de l’Al-Waajidah Ladies Welfare Association dont les membres se rencontrent au centre Idrice Goomany, Port-Louis. Son travail consiste à motiver les femmes et les adolescentes à mener une vie saine et heureuse. Elle trouve que beaucoup de femmes à Maurice manquent de motivation et ont besoin d’être plus autonomes pour avancer dans la vie. « Je fais de mon mieux pour les aider volontairement pour qu’elles puissent faire du progrès, » conclut-elle.

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