dimanche , 21 janvier 2018
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Fin d’année

Frénésie d’achats en Fin d’année : comment éviter les dépenses inutiles

En cette période de festivités qui se passe dans la frivolité, l’extravagance et la gloutonnerie, on dépense sans compter. Or, le mois de janvier, réputé pour être le plus dur du calendrier, pointe déjà le bout de son nez. Certaines dépenses inutiles peuvent cependant être évitées.

À chaque fin d’année, son lot de shoppings et de dépenses. Le 13e mois déjà en poche, la plupart des consommateurs à Maurice ont tendance à dépenser leur argent de façon peu judicieuse. Face au marketing intense des différentes enseignes commerciales du pays et autres offres promotionnelles, il est parfois difficile de résister à la tentation de mettre la main à la poche. Jayen Chellum de l’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM) met en garde contre certaines habitudes qui pourraient avoir de lourdes conséquences sur notre budget après les fêtes.

« En décembre et surtout durant cette période de festivités, il y a le facteur du 13e mois (boni) qui entre en jeu. Avec le salaire normal, une personne fait ses dépenses, dites normales, comme l’achat des produits alimentaires, le transport, le paiement des factures entre autres. Mais il existe aussi les dépenses superficielles dont la marge est très importante entre les riches et les pauvres. Sans une planification adéquate, ces dépenses peuvent mener à l’endettement ou le surendettement», estime le secrétaire général de l’ACIM.

De son côté, Mosadeq Sahebdin, le président de la Consumer Advocacy Platform (CAP), indique que le boni de fin d’année que la majorité des salariés touchent à la mi-décembre, peut être une source de stress en janvier pour les consommateurs qui n’ont pas été en mesure de gérer leurs dépenses intelligemment. « C’est pour cette raison que durant cette période de fêtes, la CAP recommande aux Mauriciens  de toujours procéder à une planification rigoureuse avant de faire des dépenses », souligne-t-il.


L’importance d’établir un budget

Afin de ne pas sombrer dans une spirale de dettes, Jayen Chellum conseille aux consommateurs de venir de l’avant avec un budget pour mieux gérer les dépenses. Selon lui, cet exercice doit se faire dès le début. « Avec une bonne planification et un bon budget, une personne a moins de chance de faire des dépenses superficielles additionnelles. Bien souvent, ces dépenses concernent l’achat de produits dont on n’a pas vraiment besoin. Ce sont des achats impulsifs car l’acheteur a été séduit par la publicité ou les offres promotionnelles. Il n’est pas important d’acheter car la pub est attrayante », fait-il ressortir.

Selon Jayen Chellum, certains consommateurs font aussi des achats car d’autres en font autant. « Il faut veiller à ce que les dépenses reflètent l’utilité et le besoin de la personne. Par exemple, on doit se demander l’utilité d’acheter une console de jeu vidéo ou un nouvel autocuiseur. Il y a bien souvent un choix à faire d’où l’importance de consulter les membres de la famille avant de faire les achats », ajoute le secrétaire général de l’ACIM.

Mosadeq Sahebdin met également l’accent sur l’importance d’établir un budget pour gérer les dépenses. « Avoir un budget soigneusement établi permet aux consommateurs de ne pas faire des achats impulsifs. Les magasins et les grandes surfaces maîtrisent parfaitement l’art de faire faire des achats inutiles aux acheteurs impulsifs et cela aura une conséquence certaine sur le budget de ceux-ci. Les acheteurs impulsifs sont d’ailleurs la cible privilégiée des commerçants durant cette période festive surtout qu’ils ont plus d’argent en poche. Mais il faut que les consommateurs sachent que les achats impulsifs peuvent mener à l’endettement », laisse entendre le président de la CAP. C’est pour cette raison qu’il conseille d’avoir un budget. Selon Mosadeq Sahebdin, le budget permet avant tout d’établir une liste de produits prioritaires tels que la nourriture, le transport, l’essence, les factures, le loyer, le paiement des emprunts bancaires, l’achat des fournitures scolaires pour la rentrée en janvier, entre autres. « Le paiement des mensualités pour les produits achetés à crédit vient tout juste après », ajoute-t-il.

Par ailleurs, le président de la CAP estime que les chefs de famille doivent aussi penser à l’achat des vêtements et autres équipements pour la reprise en 2018. « En décembre, les consommateurs disposent plus d’argent, mais cela ne doit pas se traduire par des achats effrénés. Ceux qui gèrent les foyers doivent assurer qu’il y ait un peu d’argent mis de côté pour des dépenses comme lors des mariages, des fêtes d’anniversaire, entre autres. Tout cela peut être prévu d’avance, donc il est possible de planifier les dépenses en fonction de ces événements. La CAP conseille aussi aux consommateurs de faire des économies chaque mois car cela peut être utile en cas d’imprévus comme des soins médicaux ou en cas d’accident », conseille notre interlocuteur.

Effets émotionnels et psychologiques

Si pour certains le shopping est tout un art, pour d’autres cela peut s’avérer être un exercice stressant. Mais faire du shopping comprend plusieurs aspects d’ordre émotionnel et psychologique, comme nous le fait comprendre Jayen Chellum. « Lors des achats de fin d’année ou pour ceux qui sont encore à la recherche de jouets, il est impératif de ne pas se laisser gagner par l’émotion. En tant que parents, nous voulons tout le temps faire plaisir à nos enfants. Ces derniers, en toute innocence, aiment réclamer beaucoup de choses, que ce soit des jouets ou autres, aux parents lors des achats. Cela dit, il nous faut être très prudent car en voulant faire plaisir aux bambins, nous courrons également le risque de faire des excès et ainsi dépasser le budget prévu initialement », indique-t-il. Selon lui, il est impératif de faire l’éducation financière des enfants dès leur plus jeune âge et aussi de leur faire connaître les revenus et les dépenses de la maison. « Mais l’idéal c’est de faire du shopping sans les enfants. Cela éviterait des dépenses additionnelles», avance Jayen Chellum.

Parallèlement, le secrétaire général de l’ACIM conseille aux consommateurs de ne pas faire du shopping le ventre vide. « C’est un aspect psychologique qui est négligé par beaucoup de personnes. Quand on fait du shopping le ventre vide et surtout lorsqu’on achète des produits alimentaires, nous avons tendance à acheter plus. Donc, il est préférable de bien manger avant d’aller faire les emplettes », conseille-t-il. Aussi, en magasin, la façon dont sont exposés les produits sur les étagères peut être un facteur qui pousse les consommateurs à acheter. « Bien souvent, les produits de marque, qui sont généralement plus chers, sont exposés à la hauteur des yeux. Ce sont ces produits qui attirent l’attention en premier. Mais sur les étagères inférieures, des produits tout aussi bons sont disponibles à de meilleurs prix. Je conseille aux gens de bien observer afin de ne pas faire des dépenses inutiles », ajoute Jayen Chellum.


Être vigilant lors des achats à crédit

En décembre, les offres promotionnelles sur les électroménagers, meubles et les téléphones portables, entre autres sont nombreuses dans les diverses maisons commerciales du pays. Plusieurs personnes profitent de ces promotions pour faire des achats à crédit. Or, l’ACIM et la CAP sont unanimes à dire qu’il faut afficher la prudence lors de ce type d’achat. « C’est assez paradoxal et surprenant du fait que les personnes disposent plus d’argent en décembre et en même temps, elles ont recours à des achats à crédit. À la CAP, nous mettons en garde contre les publicités trompeuses et mensongères qui peuvent mener à l’endettement. On conseille la prudence par rapport au concept ‘Acheter maintenant, payer dans trois mois », avise Mosadeq Sahebdin.

Le président de la CAP estime que les consommateurs doivent chercher, observer et comparer les différentes formules disponibles lors des crédits-bails. Selon lui, le concept de « Zéro dépôt » est « une invitation à l’endettement ». « Les achats à crédit doivent être planifiés et les clients doivent établir un plan de remboursement au préalable. Au cas contraire, cela deviendrait compliqué et ils se retrouveront engouffrés dans une spirale de dettes », prévient-il. Jayen Chellum est aussi du même avis. « Je conseille aux gens qui souhaitent acheter à crédit de toujours faire un dépôt. Cela va leur faciliter la tâche. Mais il faut néanmoins savoir si on a vraiment besoin du produit qu’on va acheter à crédit. En cette période de fête, on se laisse facilement tenter pour acheter n’importe quoi et on finit par le regretter après. Donc, il est indispensable de connaître ses priorités », avance-t-il.

Par ailleurs, il est conseillé aux consommateurs de contracter un achat à crédit uniquement si le contrat de vente est en règle avec le Hire Purchase and Credit Sale Act. « Dans la plupart des cas, les clients sont encouragés à étendre la garantie sur le produit lors de l’achat. Mais il faut comprendre que cela a un coût additionnel. Il est préférable que le client demande des éclaircissements y relatifs avant la transaction », estime Mosadeq Sahebdin. De son côté, Jayen Chellum précise qu’il est essentiel d’avoir toutes les informations avant de s’engager dans ce type de vente. « Des fois, des gens prennent une assurance contre le vol pour les meubles.  Si vous avez un canapé ou un autre meuble qui pèse une tonne dans votre salon, vous devez vous demander l’utilité d’une telle assurance. Ce sont ces genres de détails qui peuvent vous faire faire des dépenses complètement inutiles », fait ressortir le secrétaire général de l’ACIM.

Concernant l’achat à crédit, la Consumer Advocacy Platform souhaite que les prix des produits vendus à crédit soient réduits d’au moins 5%. « Suite aux nombreuses plaintes formulées par la CAP auprès de la Competition Commission, CIM Finance avait pris l’engagement de réduire le taux de commissions reçues à moins de 8%. Cela a pris effet depuis le 15 novembre et nous comptons sur les consommateurs de venir de l’avant pour dénoncer les cas d’abus », souligne le président de la CAP.


Comment investir votre boni de fin d’année ?

À Maurice, il y a très peu de familles qui investissent leur boni de fin d’année. Normalement, la façon la plus traditionnelle de dépenser le 13e mois, consiste à rembourser des dettes, à acheter des fournitures scolaires, à se payer un luxe ou en économisant une partie. Le CEO de HLB Appavoo & Associates, Michael Dhacoo, partage le même avis. Il explique qu’habituellement, la prime de fin d’année est utilisée pour compenser les dépenses supplémentaires que l’employé n’a pas été en mesure de maintenir dans ses salaires mensuels, par exemple, les fournitures scolaires pour ses enfants, le paiement annuel de la prime d’assurance auto et aussi pour l’achat de cadeaux.

Il fait ressortir qu’un employé  ayant des enfants à grandir et éduquer va inévitablement consacrer près de 60% de son boni à l’éducation de ceux-ci comme investissement pour leur avenir. Par contre, il indique que pour un employé qui n’a pas d’enfant et est d’âge mûr, il peut consacrer son boni de fin d’année aux loisirs, aux voyages ou à son bien-être.    Il estime que si quelqu’un est prêt à investir son argent, il peut acheter des actions en bourse via un courtier.

Le marché boursier

Le Business Development Executive, Soovan Sharma Dookhoo, précise qu’il y a   de nombreuses personnes qui cherchent à investir leur boni de fin d’année afin d’augmenter leurs revenus au fil des années à venir. Selon lui, le marché  boursier est un moyen idéal de développer de nombreux portefeuilles qui répondent aux besoins des investisseurs. Il explique que la négociation en bourse doit être effectuée avec des courtiers agréés afin de garantir le respect du cadre juridique et de protéger l’intérêt des investisseurs.

Il énumère les étapes à suivre pour effectuer un bon retour sur investissement, avec les exigences et les conseils suivants:
• Rapports d’entreprise mis à jour
• Mises à jour de Climate Market
• Analyse technique – c’est l’interprétation des comptes de la société, des revues financières et des publications
• Analyse fondamentale- les nouvelles d’évolution du marché et des critiques affectant le marché.

Plans d’épargne disponibles à Maurice

De nos jours, les gens recherchent un plan d’investissement pour assurer leur avenir et celui de leurs enfants. Beaucoup de familles de la classe moyenne et de la classe aisée s’intéressent aux divers plans d’épargne. Certains des plans d’épargne populaires incluent le plan d’éducation, le plan de retraite et les comptes d’épargne.

Plan d’éducation

Ce plan est disponible dans diverses institutions financières comme la MCB, la SBM et la SICOM entre autres. C’est un plan pour l’avenir des enfants où les clients contribuent un montant mensuel pour planifier des études supérieures de ses enfants. Le client peut également apporter une contribution supplémentaire quand il veut. Son boni ou une partie de celui-ci peut être investi dans le plan.

Plan de retraite

Disponible dans différents établissements, ce plan permet à un client de contribuer à sa retraite. Certains des principaux avantages sont: le client peut choisir son âge de retraite, peut également apporter une contribution supplémentaire quand il veut, sa prime ou une partie de celui-ci peut être investie dans le plan, assurance en cas de décès ou invalidité permanente entre autres.


Jayen Chellum : «Nous sommes devenus trop Euro-centrés»

Fin d’annéeMaurice est sans l’ombre d’un doute une société de consommation. Selon Jayen Chellum, les Mauriciens ne prennent plus le temps de comparer les différents produits disponibles dans les divers supermarchés du pays mais ils ne font « que remplir les caddies ». Et comme nous sommes à présent plus exposés aux chaînes satellitaires, le secrétaire de l’ACIM estime que nous sommes devenus une société Euro-centrée.

« Sur les chaînes satellitaires, il existe une multitudes de spots publicitaires de produits qui sont aussi disponibles à Maurice. Et cela a commencé à avoir un certain impact sur les consommateurs locaux. Par exemple, il existe aujourd’hui à Maurice plusieurs variétés de fromages européens et les annonces publicitaires sont nombreuses sur les chaînes satellitaires. C’est la même chose pour les chocolats et tant d’autres produits. On peut se faire plaisir de temps en temps, mais il ne faut pas qu’on fasse des abus car ces produits ne sont pas très bon marché », prévient-il. Jayen Chellum ajoute aussi que les Mauriciens ont tendance à adopter la tendance occidentale en ce qui concerne le fait d’offrir des cadeaux en cette période de fêtes.

« En Occident, les familles élargies ont cédé la place aux familles nucléaires. Et pour compenser cela, lorsque les membres de la famille  se rencontrent en fin d’année, ils offrent généralement beaucoup de cadeaux. Ils le font aussi car ils en ont les moyens. Or, à Maurice, la majorité de Mauriciens ne peuvent se permettre un tel luxe. Et en voulant imiter les Occidentaux, on court le risque de nous endetter », souligne notre interlocuteur.

Nuur-Uddin Jandanee et Nafissah FAKUN

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