vendredi , 18 août 2017
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Fardeen Mowlabucus, ergothérapeute : « Nous soignons le stress et la dépression »

Fardeen Mowlabucus nous fait découvrir un métier peu connu a Maurice, celui de l’ergothérapie. Il nous explique surtout ses vertus et bienfaits sur le corps humain et la santé mentale.Les thérapies naturelles sont toujours très prisées pour se faire soigner. L’ergothérapie en fait partie mais beaucoup de Mauriciens ne connaissent même pas son existence. Quels sont ses objectifs ? Comment fonctionne-t-elle ? Un professionnel nous explique cette technique. L’ergothérapie, dans le sens littéral, vient des mots grecs “ergon” et “thérapia”. Ces deux mots signifient activité et soin. Ainsi, l’ergothérapie est un ensemble de techniques de soin fondées sur la personne malade et non pas sur l’organe affecté. Elle a pour principe de faire prévaloir les activités pour le bien-être d’un individu. L’ergothérapie est pratiquée dans le but de rétablir ou de maintenir les fonctions déficitaires d’une personne. Elle permet également à la personne traitée de disposer d’une autonomie sociale, personnelle et professionnelle. C’est un point de rencontre de la médecine technologique, sociale et humaine.

« A travers mon expérience, j’ai pu constater que cette méthode n’est pas bien connue à Maurice. Je travaille beaucoup avec des enfants en situation de handicap et très souvent les parents doivent aller sur internet pour effectuer des recherches et se documenter sur les méthodes de l’ergothérapie », nous explique Fardeen.

Ce jeune homme de 26 ans nous parle de son travail avec enthousiasme mais surtout des bienfaits de cette thérapie. « Le nombre d’enfants autistes ne cesse d’augmenter et cette méthode est très recommandée. Les personnes en situation de handicap trouveront également beaucoup de bienfaits à travers des exercices de relaxation, des mouvements physiques qui vont aider à développer la motricité de l’enfant », soutient-il..

« Les femmes sont les plus touchées »

Mais un autre phénomène commence à faire surface et l’érgothérapeute est sollicité pour l’attenuer. En effet bien que cette pratique est plus utilisée pour les enfants en situation dehandicap, l’ergothérapie est excellente pour soigner les personnes qui souffrent de dépression, de stress et celles atteintes d’Alzheimer.

« Les femmes sont de plus en plus touchées par la dépression. L’ergothérapie soigne les personnes qui ont des difficultés dans leurs activités de tous les jours, sur les plans personnel, social ou professionnel, mais aussi pour leur santé mentale et plus spécifiquement celles qui ont des troubles mentaux communs, c’est-à-dire dépression, anxiété, trouble d’adaptation et aussi stress post-traumatique. Les symptômes de ces troubles ont un impact important sur leurs activités. Pour certains, cela peut entraîner une invalidité temporaire incluant l’arrêt du travail. C’est là que nous jouons un rôle important », explique-t-il.

Il faudra travailler à la remobilisation de la personne par des activités et des objectifs concrets à atteindre. « Je commence par cibler les problèmes de la personne puis identifier les symptômes physiques, cognitifs ou affectifs comme la fatigue, les difficultés à se concentrer, la tristesse ou l’absence de motivation surtout comment ces symptômes impactent sur la vie de la patiente », ajoute-t-il.

L’isolement, l’inactivité, les difficultés à travailler ou un sommeil difficile sont du ressort de l’ergothérapeute. Puis le premier volet du traitement sera l’enseignement. L’ergothérapeute travaille avec le patient sur des stratégies pour gérer l’anxiété et l’accompagne pour l’aider à reprendre son activité. Ensuite, des rencontres individuelles et personnalisées d’une heure, une fois par semaine, viseront à définir des objectifs pour chaque semaine. Ces « petits objectifs » ont pour but de l’aider à reprendre l’activité au fur et à mesure. Faire une marche, le ménage ou aller boire un café entre amis, soit des petites actions qui aideront à la remobilisation de la personne.

Autrement dit, l’ergothérapeute mobilise la personne à nouveau pour qu’elle reprenne une entière autonomie dans ses activités quotidiennes. Une fois que cette personne a atteint un bon niveau d’autonomie et a relancé ses pratiques habituelles, arrive la fin du traitement. Le principe sera le même en fonction du problème à traiter, soit une vieille personne qui souffre d’Alzheimer ou de Parkinson, un enfant autiste, entre autres.

Enthousiasme pour la santé mentale

Fardeen ne pensait pas qu’un jour il viendrait en aide aux autres. Passionné par la médecine depuis toujours il décida de suivre des cours d’ergothérapie à l’Université de Maurice. « Je pensais devenir médecin mais étant donné que c’est un marché saturé j’ai opté pour cette branche. Quand j’ai appris ses bienfaits mais surtout que c’était un métier rare à Maurice alors je me suis lancé », dit-il. D’où son enthousiasme pour l’ergothérapie.

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