samedi , 23 septembre 2017
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La famille ozeer : sans eau ni électricité

Un vent glacial souffle sur la colline surplombant Vallée des Prêtres. Nous avançons péniblement dans l’obscurité pour chercher la maison de la famille Ozeer à Carreau Lalo.  En face d’un terrain en friche, une petite maison de deux chambres éclairée par une bougie  donne l’impression que nous sommes dans un village du bout du monde.

Bibi Zaheera Khan Ozeer, entourée de ses 4 enfants, vient timidement nous saluer et nous invite à venir constater de visu sa misérable situation. Elle nous raconte que son époux, Sheikh Ahmad Ozeer, n’arrive que très rarement à dénicher un emploi comme peintre et n’a donc pas de revenu régulier.

En larmes elle nous raconte que sa famille doit s’imposer les plus dures privations et faire les plus grands sacrifices pour survivre. Assez souvent en effet les enfants n’ont rien à se mettre sous la dent et son mari et elle sont obligés de demander aux voisins deux paquets de « mine » (nouilles) pour passer leur faim.

À force de prendre des repas à des heures irrégulières, Bibi Zaheera Khan a fini par  souffrir de crampes gastriques En outre, les enfants s’absentent assez souvent de l’école car à leur réveil le matin, il n’y a ni une gorgée d’eau pour leur donner à boire ni un morceau de pain pour emporter à l’école. « Comment envoyer les enfants à l’école le ventre vide ? », nous dit Zaheera. Elle indique que son époux avait bien obtenu du travail à Bagatelle mais qu’il a dû l’abandonner. « Pendant ene mois li marcher li aller et li rétourné parski li péna transport », nous indique-t-elle.

Elle nous fait part de sa grande tristesse quand ses enfants cherchent à manger. « Zotte dire maman nous faim, nous ventre vide. Ena jour ena manger ena jour pena narien », ajoute-t-elle.

Leur petite maison de 2 petites chambres ne comporte qu’un lit brinquebalant. Il y fait sombre car elle a été déconnectée  du réseau du Central Electricity Board (CEB). « Péna mangé dans lacaze pas capave paye électricité.» Les factures impayées du CEB  s’élèvent à Rs 14.000.  La famille ne dispose pas non plus d’eau potable pour la même raison : factures impayées. Chaque jour c’est chez un voisin qu’elle s’alimente en remplissant un grand récipient. Zaheera nous explique que sa famille ne reçoit aucune aide de la Sécurité sociale. « Mon époux et moi voulons bien travailler, mais il n’y à pas de travail », nous dit la pauvre mère. Elle souhaite trouver un emploi comme gardienne de bungalow pour s’occuper du nettoyage de la cour. L’hiver est déjà là et il fait un froid de canard chez elle. C’est avec de l’eau glacée qu’elle a mise de côté dans un récipient qu’elle prendra son bain plus tard derrière un rideau en lambeaux.

À l’approche du ramadan, Zaheera respire un peu mieux car elle sait que durant ce mois sacré, les musulmans font de la charité au maximum. Elle espère avoir un peu d’argent pour payer sa facture d’électricité.  « Mo pas bizin l’argent là dans mo la main. Mo disposé donne ene dimoune mo bill pou paye li », dit-elle. Les enfants de Zaheera attendent eux aussi avec impatience le ramadan car chaque jour ils recevront de la nourriture en abondance que ne manqueront pas de leur faire parvenir  les voisins.

Zaheera peut être contactée sur le  58116237.

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