dimanche , 19 novembre 2017
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Muhamed Ali Jookhun – La face cachée d’un inlassable travailleur social

Figure emblématique du combat pour les droits des handicapés, Ali Jookhun ne recule devant rien pour faire avancer leur cause. Philanthrope dans l’âme, il n’hésite jamais à s’engager auprès des plus vulnérables. Celui qu’on appelle affectueusement ‘Chili’ nous fait découvrir une autre facette de sa personne…

Né le 16 mars 1960 à Plaine Verte, Ali Jookhun est le petit dernier d’une fratrie de quatre enfants. Il garde toujours de très bons souvenirs de son enfance et des bons moments passés avec ses cousins et amis lors des vacances ou des rassemblements familiaux. « Depuis ma tendre enfance, j’aimais être entouré de la famille, des voisins et des amis. Ces moments passés avec mes proches me sont très précieux », dit-il avec nostalgie. Son père, Goolam Hossen, que tout le monde appelait ‘Inus’, travaillait dans l’industrie sucrière alors que sa mère, Khateeja, s’est beaucoup sacrifiée pour élever ses enfants. « À l’époque, c’était difficile pour la plupart des parents d’envoyer leurs enfants à l’école. Mes parents se sont sacrifiés et je ne pourrais jamais assez les remercier », souligne notre interlocuteur.

C’est à l’école St François Xavier qu’il a fait le primaire du Std 1 à 3 avant de rejoindre l’école Jean Lebrun pour les classes de quatrième à sixième. Il a ensuite rejoint le collège Islamic de Port-Louis pour les études secondaires. « Je garde de bons souvenirs de mon passage au collège Islamic. Je me souviens des sessions de révision entre amis qui se concluaient finalement en pique-niques », ajoute-t-il dans un éclat de rire.

Amateur de football

Comme bon nombre de jeunes à l’époque, Ali Jookhun avait une passion pour le football et a participé à plusieurs tournois régionaux. Après les heures de classe ou durant les vacances scolaires, ses amis et lui se réunissaient pour les matchs. Plus tard, en grandissant, ils ont formé les ‘Eleven Stars’, équipe de football qui a remporté plusieurs trophées à travers le pays. « Nous étions un groupe d’amis très proches les uns des autres et nous jouions principalement pour le plaisir », relate le latéral droit. Par la suite, Ali a évolué au sein de l’équipe Boulevard Pitot et a participé à quelques rencontres régionales. Il se souvient aussi d’un incident lors d’un match impliquant un arbitre. « Nous avions eu une altercation avec l’arbitre. Nous étions tellement attachés à notre équipe que nous nous sommes laissé emporter par l’émotion. L’équipe avait été suspendue et cet incident avait fait la une de quelques journaux », se souvient-il encore. Grand supporter de Manchester United, Ali Jookhun suit les matchs du championnat chaque semaine. « Auparavant, à l’époque des Cantona et autres, je suivais avec attention le marché des transferts, le profil des joueurs et l’évolution du club. Désormais, c’est mon fils qui me tient au courant des dernières rumeurs concernant les Diable rouges », ajoute ‘Chili’.

Le voyage et son cercle d’amis

En dehors de ses activités sociales et de ses engagements professionnels, Ali Jookhun aime particulièrement voyager. Ayant le goût de l’aventure, il voyage pour découvrir les us et coutumes des pays et a jusqu’ici visité Madagascar, l’île de la Réunion, le Mozambique, le Kenya, l’Afrique du Sud, la Chine, Hong-Kong, l’Angleterre et l’Inde. Il nous raconte que son voyage le plus mémorable demeure sa visite dans la Grande péninsule en 1990 quand il a eu l’occasion de rencontrer les descendants des ancêtres de sa mère. « Ces gens vivent dans des conditions d’extrême pauvreté mais j’ai été accueilli à bras ouverts. Je n’ai jamais vu une telle hospitalité ailleurs toute ma vie. C’était une aventure humaine fantastique et inoubliable », nous raconte le travailleur social avec une vive émotion. Outre ses voyages, Ali Jookhun affectionne les moments passés entre amis. L’amitié occupe une place centrale dans sa vie. « J’ai quelques très bons amis et on se rencontre souvent chez moi autour d’un repas. Le contact humain est très important pour moi et c’est agréable et réconfortant d’être entouré de gens qui nous sont chers. Bien souvent, on n’accorde pas suffisamment de temps à nos proches et amis et pour moi, la chaleur humaine est essentielle. Je suis d’ailleurs très nostalgique quand je pense à tous ceux qui sont partis trop tôt », relate-t-il et d’ajouter qu’il entretient de très bonnes relations avec ses amis d’enfance à l’instar de son amitié longue de 50 ans avec Mamade Sultan.

Dévoué à la cause des handicapés

Très actif dans le domaine du travail social et dévoué à la cause des enfants handicapés, Ali Jookhun estime qu’il tient cet engagement de sa mère qui accordait une bonne partie de son temps aux nécessiteux. Inspiré par le maulana Abdul Aleem Siddiqui qui a beaucoup oeu¬vré dans ce sens, Ali milite pour les droits des handicapés depuis plus de 20 ans. Il est le prési¬dent de l’ONG U-Link et le vice-président de la Down Syndrome Association (DSA). Ali est aussi membre de l’Eastern Africa Federation of the Disabled (EAFOD) et a été le Chairperson du comité ‘Training and Employment of Disabled Person de 2004 à 2005. Il a aussi participé à plusieurs ateliers de travail et a eu l’occasion de travailler sur le rapport des Nations Unies sur les personnes handicapées.

Son mariage repoussé

Marié à Banu depuis février 1988, Ali Jookhun se rappelle d’une anecdote avant son mariage. « Mon mariage était initialement prévu le 20 novembre 1987 et tous les préparatifs allaient bon train avant le grand jour. Mais j’ai eu le malheur de perdre mon père le 14 novembre. Ce qui fait que j’ai dû repousser la date de mon mariage. C’était une période très difficile pour toute la famille », se souvient-il. Quelque temps après son mariage, sa femme met au monde des jumelles. « Mes deux filles sont nées avec un handicap mais cela ne m’a pas empêché de les gâter et de leur faire découvrir la beauté de la vie. Hélas, elles nous ont quittés. Mais grâce à elles, j’ai beaucoup appris et c’était une belle leçon de vie. Je ne regrette rien », avance-t-il. Désormais, Ali se dévoue à son fils, Irfaan, qui est en Form 4 au collège Sir Abdool Razack Mohamed SSS. « Nous sommes très complices », ajoute le papa ‘cool’.

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