dimanche , 19 novembre 2017
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Une exposition sur les bonnets de prière

Le Blue Penny Museum organise une exposition sur les bonnets de prière, du 9 septembre au 8 octobre, avec la collaboration de la mosquée Al Aqsa de Port-Louis et le soutien de l’ancien Président de la République, Cassam Uteem. L’exposition est ouverte au public tous les jours sauf les dimanches, de 10h à 16h30. L’accès est gratuit.

Turban enroulé de diverses façons différentes, sim­ple calotte arrondie, ou chapeau dont on se couvre la tête, en créole, le « bonnet de prière », s’avère un couvre-chef indispen-sable et hautement souhaitable pour pratiquer la prière. Taqiyah, fez, chéchia, topi, koufi, bonnet bateau, … il existe sans nul doute des centaines de sortes de bonnets de prière. Pour chacune, l’aspect esthétique, pratique ou régional as­socie le bonnet du quotidien à la so­ciété dans laquelle le croyant vit et se fonde donc aussi sur une culture. Il existe sans doute des milliers de sortes de bonnets de prière toutes liées à la culture et l’art islamiques.

C’est ainsi qu’on peut aisément le distinguer tous les jours dans la cité comme dans les campagnes, porté par les fidèles se rendant à la mosquée (musjid). Le bon­net, par les variations infinies de formes, matières, couleurs, cal­ligraphies, motifs, constitue cer­tainement un exemple probant de la richesse de l’art islamique. Le bonnet de prière est ainsi présent à Maurice de manière continue depuis l’implantation des pre­miers musulmans. Sur les gravures d’autrefois, on distingue parfaite­ment la coutume généralisée du port d’un simple pagri confection­né à l’aide d’un lé de toile soigneu­sement enroulé autour du crâne. Mais là aussi, différentes tech­niques d’enroulement et de port existent.

Marque d’attachement à sa foi

On se souviendra à ce titre, du magasin n°5 de la rue Bourbon. C’est là que la plupart des musul­mans achetaient leurs bonnets… Il y avait des modes. On retiendra bien sûr le fameux bonnet Nazroo, il y en avait de deux couleurs, gre­nat ou noir. Il y avait aussi le bon­net bateau, qui rappelait celui de Nerhu, et bien sûr celui en astrakan du Dr. Ali Jinnah, le nec plus ultra. Plus tard, il y eut le fameux «bonnet passe thé», qui avait un petit trou d’aération sur son sommet, d’où son nom. On se rappellera aussi le fameux fez, très en vogue dans les années d’après-guerre. Chaque gé­nération avait sa mode en quelque sorte. Posséder son premier bon­net de prière figure un moment personnel intime du musulman, la marque d’un attachement à sa foi. Il fait souvent l’objet d’un cadeau de la part d’une personne aimée ou respectée et est souvent rempli de souvenirs.

Ce projet, fondamentalement interculturel, veut proposer une image positive de notre culture mauricienne en associant des com­munautés dans l’idée d’un regard croisé admiratif et bienveillant. En rendant ce simple objet du quotidien, pourtant intime et très personnel, accessible au regard d’autrui, c’est une formidable idée de dialogue et de compréhension mutuelle qui nous est offerte, loin des idées reçues et des discours médiatiques effrayants qui nous entourent actuellement. Une im­age pacifique et ouverte certaine­ment et fondamentalement mau­ricienne, quelque chose de plus conforme à notre accorité et notre être ensemble. Cette exposition ambitieuse, veut promouvoir un échange véritable et sincère dans le souhait accompli d’un authentique dialogue interculturel.

Emmanuel Richon, conservateur au Blue Penny Museum: « C’était un défi en tant que non musulman »

« Je suis très fier aujourd’hui de présenter cette exposition de partage. L’idée a germé depuis près d’un an et c’était un défi pour moi d’autant que je ne suis pas musulman. Je tiens à souligner que cette exposition ne parle pas de la foi mais elle est purement cul­turelle. J’ai cherché à solidifier les liens entre chaque communauté. Surtout que depuis un certain moment nous entendons beaucoup de commentaires négatifs à la télévision et dans le monde entier con­cernant la communauté musulmane. J’invite tous les Mauriciens mais aussi les étrangers à venir visiter notre exposition. Chacun repartira avec des connaissances que j’ai apprises en un an », dit-il.

Cassam Uteem, ex-président de la République: « J’ai revu défiler ma vie à travers cette exposition »

« C’est une joie immense pour moi d’avoir eu la chance d’être associé à cette exposition. A travers celle-ci je revois défiler mon enfance. J’ai vu des bonnets que j’ai connus à différentes périodes de ma vie comme le bonnet Nazroo que l’on achetait pour des occasions spéci­ales. Le bonnet musulman est un symbole fort. Alors que le couvre-chef que ce soit pour l’homme ou la femme fait polémique partout ailleurs, notre laïcité à nous est différente. Elle est respectueuse de la culture et cela Emmanuel Richon l’a bien compris. Je souhaite qu’un très grand nombre de Mauriciens se déplacent pour voir cette exposition qui est un acte d’amour et de grandeur », a-t-il déclaré.

Ibrahim Ameermeea, secrétaire de la mosquée Al Aqsa: « Cette exposition montre combien nous sommes multiculturels »

« C’est super et extraordinaire. Je suis très content du résultat. C’est l’idée d’Emmanuel Richon que nous avons aidée à mettre en place. Je l’ai aidé pour collecter les bonnets. Les Mauriciens ont gentiment accepté de prêter voir même donner un objet qui a trait à la foi, quelque chose d’intime. L’idée de cette exposition est très intéressante. Elle montre encore une fois à quel point Maurice est multiculturel. Elle montre également d’anciennes photos et une maquette de la mosquée. Ce qui permet de mettre la mosquée Al Aqsa en valeur », dit-il.

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