vendredi , 20 octobre 2017
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Nawshin Mahadooa

Études au Japon : le ramadan de Nawshin Mahadooa à Tokyo

Vivre le ramadan loin de sa terre natale est toujours une expérience inédite et enrichissante. Nawshin Mahadooa est actuellement à Tokyo pour ses études. La Mauricienne nous fait découvrir le ramadan au pays du Soleil-Levant.

Quand Nawshin Mahadooa a su qu’elle allait poursuivre ses études au Japon, elle s’est tout de suite demandé comment elle allait passer le ramadan dans un pays étranger et loin de sa famille.

C’est l’année dernière durant le mois du ramadan qu’elle a eu la confirmation pour sa bourse d’étude à Tokyo. Elle savait déjà que le Japon est un pays où les valeurs morales et ethniques sont bien ancrées mais nous dit être émerveillée par la tolérance du peuple japonais envers d’autres religions. « Je suis émue par l’accueil que m’ont réservé les habitants. Les Japonais accordent beaucoup d’importance et font montre de respect envers les pratiques religieuses et spirituelles des musulmans. Tout est si bien planifié pour que nous passions un bon séjour durant ce ramadan et aussi durant toute l’année », nous confie la jeune femme. Elle ajoute qu’il y a des restrictions sur la vente et la consommation des aliments à l’heure des prières.

Découvrir la gastronomie japonaise

Le jeûne dure 16 heures et 22 minutes au Japon. Nawshin Mahadooa nous apprend que la prière du matin (Salat-ul-fajr) débute à 2h30 alors que le namaz maghrib est à 18h52. Elle indique que c’est la fin du printemps en ce moment et qu’il fait assez chaud. La température varie entre 25 et 27 degrés pendant la journée et  est de 15 à 19 degrés durant la nuit. « Le soir, je me promène au bord de la mer jusqu’à l’heure du Suhoor. Je tente toujours de tirer le maximum de ce mois béni et de multiplier les îbâdat. Mais à Tokyo, il faut faire des efforts supplémentaires », nous dit-elle.

Depuis le temps que Nawshin a commencé à jeûner à Maurice, elle prenait toujours des céréales –  cornflakes, Weetabix, Nestum – pour le sehri.  Au Japon, elle nous dit n’avoir pas modifié ses habitudes alimentaires. « Pour le sehri, je prends des cornflakes avec des graines de Chia, de l’eau, du thé japonais et parfois du jus de fruit. Lors des occasions spéciales, mes amis préparent du ‘mahshi’, qui est une préparation à base de choux ou de couscous », souligne-t-elle.

En ce qui concerne l’iftaar, elle indique que tout dépend de son emploi du temps. Nawshin dit qu’elle préfère rompre le jeûne dans son laboratoire, dans son appartement ou dans un restaurant avec ses amis égyptiens, marocains, bangladais et turcs. « Si je rentre chez moi plus tôt, je prépare habituellement du jus de fruits. Dans la plupart des commerces au Japon, on retrouve des ‘onigiri’ qui sont des boulettes de riz japonais en forme triangulaire farcies au thon, au saumon et aux algues. Il y a aussi des plateaux de sushi et autres plats prêts à manger. C’est très pratique. Mais les délicieux tikka de poulet et la mousse de ma mère me manquent. Cela dit, j’aime bien cette nouvelle expérience et je commence à découvrir la gastronomie japonaise », fait-elle ressortir.

Iftar gratuit et dîner spécial

Nawshin explique qu’il y a environ 10,000 Japonais qui se sont convertis à l’islam et environ 100,000 musulmans étrangers venant de l’Indonésie, du Pakistan, du Bangladesh, de la Malaisie, de la Turquie, du Maroc, de l’Égypte, de Paris, de Londres, de New York, de l’Afghanistan, de la Syrie et aussi de la Chine. Au total, il y a 80 mosquées au Japon. Quinze d’entre elles se trouvent à Tokyo, la plus grande mosquée étant le Tokyo Camii & Turkish Culture Centre situé à Shibuya Tokyo. Selon Nawshin, tous les jours durant le ramadan, cette mosquée offre une iftar gratuit et un dîner spécial aux musulmans aussi bien qu’aux non-musulmans.

« Un bon nombre de Japonais non-musulmanas participent souvent à la rupture du jeûne pendant le week-end. Ils espèrent ainsi apprendre l’histoire et les traditions islamiques et turques. On nous sert principalement une cuisine turque. Deux chefs turcs sont venus à Tokyo spécialement pour le ramadan. Dimanche dernier, j’ai mangé de l’Ayamek qui est une soupe à base de pomme de terre, du bœuf et des carottes. J’ai eu l’occasion aussi de déguster les délices turcs comme le ‘choruba’ », raconte-t-elle.

Par ailleurs, la jeune femme nous apprend qu’il existe également des institutions islamiques dirigées par des Indonésiens où les Japonais viennent apprendre la langue arabe et la culture islamique. Dans toutes ces institutions qui existent à Tokyo, l’iftar est offert à tous les musulmans quotidiennement. Grâce à Facebook, il est possible d’obtenir des mises à jour sur les différents endroits où l’iftar est offert et avoir des renseignements sur les endroits où les musulmans se rassemblent pour rompre le jeûne. « Il faut simplement cliquer sur l’option ‘aller’ pour voir les différentes façons de faire l’iftar à travers le monde. Aussi, lors de la 27e nuit du ramadan, la grande mosquée est ouverte jusqu’à fort tard et j’espère pouvoir m’y rendre pour des prières surérogatoires. Les mosquées restent également ouvertes lors des derniers jours du ramadan pour l’itikaaf », ajoute-t-elle.

Une Japonaise se convertit à l’islam

200617_alifDurant ce mois de ramadan, Nawshin a eu l’occasion d’assister à une cérémonie religieuse durant laquelle une jeune japonaise, Tamaki, s’est convertie à l’islam. Elle était présente quand la fille a prononcé le ‘Shahada’.  « Elle s’appelle désormais Alif et elle est très heureuse d’avoir fait ce choix. Elle a même posté des photos sur Facebook et a expliqué que personne ne l’a influencé dans son choix d’embrasser l’islam. C’était un moment émouvant. Beaucoup de Japonais ont également assisté à la cérémonie et voulaient savoir plus sur le ramadan. Un de mes professeurs m’a dit que de nombreux Japonais non musulmans commenceront à observer le jeûne du ramadan car cela a des nombreux bienfaits sur le corps humain », nous dit-elle.

Un petit coin pour la prière au laboratoire

200617_tokyoNawshin Mahadooa révèle que son chargé de cours a aménagé un petit coin dans le laboratoire afin qu’elle puisse accomplir le namaz à l’heure qu’elle le souhaite. Elle indique que ses camarades de classe japonais s’excusent quand elles doivent manger ou boire en sa présence. « Mes parents, mes frères et mes sœurs me manquent énormément pendant ce mois béni. Mais je suis reconnaissante envers les Japonais car ils m’ont bien accueillie et ont tout fait pour que je puisse observer le jeûne du ramadan en toute quiétude », dit-elle.

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