dimanche , 25 juin 2017
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Epidémie de fièvre aphteuse – Grosses pertes pour les petits éleveurs

Des pertes s’élevant à des millions de roupies après l’abattage de leur bétail. Les petits éleveurs ont fait leurs comptes et donnent de la voix. Selon eux, le remboursement que leur accordera le gouvernement sera insuffisant pour les compenser. Ce sont des éleveurs en colère et inquiets que nous avons rencontrés dans le nord du pays. Ils fulminent contre la décision du ministère de l’agro-industrie d’abattre tous les animaux infectés et même ceux en bonne santé en provenance de l’île Rodrigues. Les éleveurs réclament la démission du vétérinaire en chef qui estiment-ils n’a pas fait son travail correctement. « Pourquoi avoir autorisé l’importation de boeufs de l’île Rodrigues alors qu’il était au courant que l’épidémie de la fièvre aphteuse avait déjà éclaté », se demandent-t-ils.

Le moral d’Akram Mauthoor et de Saddul Nohur est au plus bas Ils ont déjà subi des pertes de Rs 200,000 et Rs 1,6 millions. « Gouvernement fine dire pou donne compensation mais li pas fine avance chiffre et quand pou gagne sa l’argent la », lance le premier nommé qui s’adonne à l’élevage depuis 20 ans et qui a investi Rs 210 000 en prévision du Qurbani.. Les deux éleveurs décrient aussi les conditions sanitaires et d’hygiène déplorables à la station de quarantaine. « La quarantaine est pire qu’une porcherie. Les bassins où les animaux s’abreuvent sont infestés de larves et d’escargots. Quand les animaux sont arrivés par bateaux pendant 5 jours ils n’ont rien manger et boire », laisse entendre Abdool. « Li normal ki zotte pas capave débouter », fait ressortir. Saddul qui ajoute qu’à la station de quarantaine, l’eau est insalubre. « Pas quarantaine sa. C’est couloir de la mort », tonne-t-il. La décision du gouvernement d’interdire l’importation des animaux de Rodrigues pour une durée de 3 ans est aussi très mal accueillie. « Gouvernement bizin trouve solution pou nous pareille couma zotte fine faire pou éleveurs porc,», laissent-ils entendre.

Comment vont -ils faire vivre leurs familles? C’est la question qui taraude les éleveurs depuis une semaine. Saddul Nohur a contracté un emprunt de plus d’un million de roupies auprès d’une banque remboursable dans un délai de 3 mois. « Ena dimoune fini donne à-valoir et mo fine prend loan avec la banque. Couma pou rembourse sa », dit-il. Un autre importateur a investi Rs 1.3 million pour l’achat de 49 boeufs d’un éleveur rodriguais. « Mo fine paye cash et pena reçu. Eleveur dire pas pou remboursé malgré qui gouvernement pou rembourse li », laisse-t-il entendre. Il lance un appel au Premier ministre et au vice-Premier ministre, Showkutally Soodhun, pour trouver une solution sur une base humanitaire.

Importation par avion

Akram et ses amis demandent au gouvernement de faire le nécessaire pour autoriser les éleveurs à importer leurs animaux par avion . « Nous capave oussi regroupe banne petits éleveurs pou affrète ene cattle-carrier et importe nous zanimaux », indique-t-il..

S’ils restent cependant confiants qu’il n’y aura pas de pénurie pour la fête Eid-ul-Adha car provision a déjà été faite depuis longtemps, les petits éleveurs du Nord réclament une enquête serrée pour situer la responsabilité dans l’éclatement de l’épidémie . « Ki faire 1 mois avant fête Eid-ul-Adha ki découvert ki ena épidémie? », s’interrogent-ils. Ils demandent aussi que dorénavant tous les animaux importés soient vaccinés avant d’entrer dans le pays. « Qui a donné l’autorisation pour expédier les animaux à Maurice le 15 juillet quand le premier cas détecté à Rodrigues remonte au 7 juillet? Il faut une enquête pour que les fautifs rendent des comptes », disent-ils encore.

Signalons que les autorités mauriciennes dans une correspondance à Rodrigues avaient demandé qu’aucune importation ne soit autorisée. Or, le 1er août, 91 têtes de betail, 69 moutons et 75 chèvres sont arrivés à bord de 13 conteneurs. C’est à Vallée-des-Prêtres que les premiers cas ont été détectés.

Compensation aux éleveurs : de Rs 2,000 à Rs 60,000

Le conseil des ministres a pris la décision de payer une compensation aux éleveurs dont les animaux doivent être abattus. Ainsi une compensation financière d’un montant de Rs 2,000 à Rs 60 000 est prévue.

Rs 20 000 pour un boeuf de moins d’un an.

Rs 40 000 pour un boeuf âgé d’un à deux ans.

Rs 50 000 pour un boeuf âgé de plus de deux ans.

Rs 60 000 en cas de perte d’une vache laitière.

Rs 2000 pour un jeune cabri et mouton.

Rs 6000 pour une adulte femelle.

Rs 8000 pour un adulte mâle.

Toutes les compensations seront versées pour les animaux qui ont été abattus par les autorités à cause de la maladie de la fièvre aphteuse. Le coût total de cette compensation est estimé à Rs 15 M.

Par ailleurs, le gouvernement a pris la décision de faire appel à l’expertise de la Food and Agricultural Organisation (FAO) pour enrayer cette épidémie à Maurice comme à Rodrigues. Des échantillons des souches de cette maladie avaient déjà été envoyés à des laboratoires en Afrique du sud et en France.

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