vendredi , 21 juillet 2017
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Le maire de la ville entrant dans la mosquée
Le maire de la ville entrant dans la mosquée

Eid-Ul-Fitr en France : une célébration conviviale entre proches et amis

Dimanche 25 juin la communauté musulmane a célébré la fin du ramadan après un mois de jeûne sous une forte chaleur. Alors que la canicule battait son plein avec des températures avoisinant les 44 degrés à Toulouse, les musulmans ont fêté l’Eid en plein air.

Traditionnellement habitués aux rencontres familiales à  Maurice, cela a été une expérience nouvelle pour les Mauriciens en France. En outre, une bonne majorité des musulmans de France sont des immigrés  et leurs familles se trouvent à l’étranger. Donc, c’est entre amis et proches qu’ils ont fêté la fin du Ramadan. Mais,  chaleur oblige, Eid a été célébrée en plein air. Nous avons interrogé un groupe de jeunes  à leur sortie de la mosquée dans la banlieue parisienne. « Cette année est un peu différente des précédentes car il a fait très chaud mais nous étions plus nombreux à la mosquée, » explique Bilel. En effet, le jour de l’Eid qui tombe un dimanche, est un fait très rare. Car en France il n’y a pas de jour férie à cette occasion. Habituellement, les gens travaillent.

« C’est la première fois que j’ai vu autant de monde le jour de l’Eid. C’était beau à voir. Le maire de la ville est venu nous voir alors qu’il n’est pas musulman. Il a parlé du terrorisme et nous a invités à aider à changer et améliorer cette image car l’islam est une belle religion.  Puis, il nous a souhaité bonne fête, » raconte Ismail. Des gâteaux et des bonbons ont été distribués aux enfants à la sortie de la mosquée. On pouvait aussi voir la convivialité et les accolades entre frères de diverses nationalités. D’ailleurs une fête sera organisée le 1er juillet pour célébrer l’Eid. Au programme : restauration, jeux pour enfants, numéros de clown, toboggan gonflable, entre autres.

El Hajj Meite : « Heureusement que les amis sont là »

050717_elÉtudiant en architecture, El Hajj est né à Abidjan en Côte d’Ivoire. Cela fait 4 ans depuis qu’il a déposé ses valises à Paris. Loin de sa famille et de ses proches, c’est avec des amis qu’il a fêté l’Eid. « Le matin je me suis rendu à la mosquée pour la prière vêtu de mon habit traditionnel, le boubou africain. L’ambiance en France est très différente de celle de chez moi. Ici, c’est un jour comme les autres. »  Il nous raconte comment dans son pays il fête l’Eid. « L’ambiance est extraordinaire et ce depuis la veille. En France on n’avait même pas l’impression que c’était le ramadan. Alors qu’en Afrique on sent que l’on est musulman par l’ambiance et la joie qui y règnent.  Avec mes amis français, j’ai célébré la fête. Heureusement qu’ils sont là, » nous confie-t-il avec un air de nostalgie. Le soir,  il  a diné chez sa tante, un plat traditionnel africain,  Attieke, soit de la semoule à base de manioc. De quoi lui rappeler son pays. « Ce jour-là mes pensées se tournent vers ma mère, mes frères et sœurs qui me manquent beaucoup, » soupire-t-il.

Louiza Mounif : «Une pensée pour notre famille à l’étranger»

050717_eidLouiza est originaire de la Kabylie en Algérie. Cette jeune étudiante en commerce international  a appliqué le henné sur ses mains la veille. « Dès que j’ai su que Eid allait  être célébrée dimanche,  j’ai tout de suite retiré le henné. Puis, avec mes sœurs nous avons confectionné des sacs avec des bonbons pour les enfants et emballé des cadeaux pour nos neveux et nièces qui nous ont rendu visite le soir ».

Le jour de l’Eid, Louiza s’est vêtue d’une djellaba et de son voile. Puis, cette jeune femme de 21 ans s’est rendue à la mosquée de la ville accompagnée de sa famille. « Après la prière de  l’Eid le matin, nous nous sommes rendus chez les familles avoisinantes, chez mes sœurs et mes tantes. Nous n’avons pas toute notre famille en France. Ce jour-là nous avions une pensée pour notre famille à l’étranger qui nous manque beaucoup, » nous raconte-t-elle avec un brin de tristesse.

En effet, en France la fête est célébrée entre amis, voisins et quelques proches. C’est par le biais de Skype que les souhaits sont transmis à la famille au pays. « Le soir nous avons l’habitude de  prendre un dîner qui réunit  nos 6 sœurs et 1 frère, tous mariés avec leurs enfants.  Donc, une belle et grande famille, » nous dit-elle en riant.

Et qui dit grande famille, dit aussi beaucoup de préparatifs. « Pendant la journée, nous recevons nos invités. Alors, nous proposons des gâteaux d’origine arabe et du thé à la menthe. Puis nous commençons à préparer le couscous pour le dîner. Nous donnons des cadeaux aux enfants et puis c’est  le dîner en famille. Le soir nous portons nos habits traditionnels,   soit une robe kabyle, » raconte Louiza.

Les invités ne repartent pas les mains vides : boîte de bonbons pour les enfants et quelques douceurs pour les adultes. « Cette fête reste malgré tout très importante d’autant plus que nous avons eu la chance cette année qu’elle est célébrée un dimanche. Nous essayons de la rendre la plus traditionnelle possible même si ce n’est pas comme celle célébrée en Algérie. On rigole et on passe un moment convivial ensemble  avant tout » souligne-t-elle.

Riyaad et Isra Goolam Dustagheer : «Les visites familiales nous manquent beaucoup»

050717_riyaadEncore une fois, ce qui marquera les esprits c’est la foule dans les mosquées. Riyaad, originaire de  Maurice, a pris quelques clichés dans une mosquée mauricienne. « Ce jour-là,  je m’y suis rendu au moins une heure en avance. Malgré cela la mosquée était remplie. C’est du jamais vu un jour de l’Eid. C’était dimanche et pratiquement  tout le monde était présent. C’était très beau à voir, cette convivialité et cette fraternité qui régnaient entre Mauriciens mais aussi des musulmans d’autres nationalités,  » nous raconte-t-il.

Ensuite, accompagné de sa maman, il a regagné son domicile en passant par la mosquée de Paris.  « En temps normal, je travaille car nous n’avons pas de jour férié pour l’Eid. On pouvait aussi voir le nombre de femmes présentes. Des petits cadeaux étaient distribués aux enfants, » raconte la maman d’Isra. Riyaad  et sa maman qui  ont fêté l’Eid à l’île Maurice il y a 5 ans de cela, expliquent que l’ambiance y était très différente. « J’étais très surprise que l’on déguste un briani à 10h00 du matin. Cette ambiance à Port Louis me manque. Là-bas, on pouvait alors voir des illuminations, le journal télévisé pendant lequel des dignitaires souhaitaient bonne fête à la communauté musulmane. L’ambiance de la veille à la rue Pagoda est extraordinaire. Nous n’avons pas tout cela en France. C’est presqu’un jour comme les autres, » affirme  cette dame.

Ce qui lui manque le plus ce sont les visites familiales «  Personne ne vient sonner à ma porte ou me rendre visite ce jour là. Heureusement que nous avons eu une invitation le soir pour déguster un bon briani mauricien. Mais sinon nous passons la journée à la maison. à Maurice, on sent qu’on est réellement musulman et que c’est notre fête, » nous confie-t-elle tristement.

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