mardi , 25 avril 2017
Accueil / Reportage / Les Drs Jokhoo et Etwarooah : Concilier soins médicaux et travail social
moto-ambulance

Les Drs Jokhoo et Etwarooah : Concilier soins médicaux et travail social

À la rue Ail Doré à Plaine-Verte, le cabinet médical de Wasiim Jokhoo et d’Abdoullah Etwarooah fonctionne autrement. Outre le fait que les deux mé­decins se déplacent à moto ambulance pour les consultations à domicile, ils font aussi usage de leurs compétences médicales pour faire du travail social et aider les habitants de la région. Rencontre…Abdoullah Etwarooah (30 ans) et Wasiim Jokhoo (27 ans) sont deux jeunes médecins qui ont une vision différente pour venir en aide aux habitants de Plaine- Verte et des régions avoisinantes. En effet, ils font du travail social tout en prodiguant des soins médicaux. « Nous nous servons de nos compétences pour essayer d’aider les gens. Des fois, des patients n’ont pas les moyens de se payer une visite chez un médecin privé. Quand ils viennent à notre cabinet pour une consultation, on leur demande de payer selon leur situation financière et bien souvent, nous ne facturons aucun frais. Nous sommes issus de Plaine-Verte et nous connaissons la dure réalité de plusieurs familles de la région », nous dit le Dr Etwarooah.

Les deux médecins travaillent aussi en collaboration avec l’association Jeunes Étudiants Musulmans (JEM) pour venir en aide aux nécessiteux. « La médecine nous ouvre plusieurs portes. Elle nous permet de faire beaucoup de choses pour aider les gens et la société en général », souligne le Dr Wasiim Jokhoo. Il est bon de faire ressortir également que les vendredis, les consultations pour les patients âgés de plus de 60 ans sont gratuites de 8h30 à midi.

Par ailleurs, le cabinet des deux médecins propose plusieurs services et des diagnostics. « Nous procédons aussi à plusieurs tests, des thérapies, des analyses et des tests de dépistage pour les maladies sexuellement transmissibles et tout cela à un prix très raisonnable », indique le Dr Jokhoo.

La moto ambulance

Afin de faciliter leur déplacement lors des consultations à domicile, le Dr Abdoullah Etwarooah a fait l’acquisition d’une moto ambulance, aussi appelée Emergency Motor Service. En cas d’urgence, les deux médecins peuvent se déplacer facilement et rapidement dans les ruelles de la capitale. « La moto ambulance est importée par plusieurs sociétés. Elle nous permet d’intervenir rapidement auprès des patients. Aussi, nous évitons les congestions routières à Port-Louis. Au départ, je voulais investir dans l’achat d’une ambulance mais c’est très cher. Elle n’est pas pratique pour se déplacer en cas d’extrême urgence ou pour trouver une place où se garer », nous dit-il. La moto ambulance est équipée de plusieurs appareils tels qu’un ‘invertor’ en cas de fortes douleurs à l’estomac, des pompes, entre autres.

Anecdote

Le Dr Wasiim Jokhoo se souvient d’une anecdote où il avait utilisé une batterie de motocyclette pour alimenter les appareils au cabinet. « C’était le jour où il y avait une panne d’électricité générale à travers le pays. Un patient était venu nous voir et il fallait faire des tests. Nous nous sommes alors servis de la batterie de la moto », nous raconte-t-il.

Projets

Les Drs Abdoullah Etwarooah et Wasiim Jokhoo ont plusieurs projets en tête afin de venir en aide à un plus grand nombre de personnes. Mais ils tiennent surtout à réaliser deux d’entre eux : ouvrir un centre de désintoxication pour des personnes accoutumées à la drogue et une maison d’accueil pour les personnes âgées.

« À Maurice, nous n’avons pas de vrais centres pour accueillir comme il se doit les toxicomanes. Il n’y a pas de suivis à proprement dit et les médicaments ainsi que les traitements n’assurent pas les résultats escomptés. Nous avons déjà ciblé un lopin de terre où nous pourrions construire ce centre mais il nous faudra le soutien des autorités concernées. Des fois, les toxicomanes veulent sortir de l’enfer de la drogue mais il faut pour cela les infrastructures adéquates », souligne le Dr Jokhoo.

En ce qui concerne la maison d’accueil pour les personnes âgées, le Dr Etwarooah nous explique que lors de ses récentes consultations à domicile, il a fait un constat inquiétant. « Beaucoup de personnes âgées b n’arrivent même plus à se déplacer convenablement et vivent seules. Certaines disent que leurs enfants sont à l’étranger ou ne vivent plus sous le même toit. C’est pour cela que nous voulons concrétiser ce projet. Des fois, c’est avec une profonde tristesse que je constate dans quel état vivent certains de nos aînés », fait-il ressortir. Pour l’instant aucun endroit n’a été ciblé pour la construction de ce ‘home’. Toutefois, le Dr Etwarooah estime que la région du nord pourrait convenir à ce projet.

À propos des deux médecins

Wasiim Jokhoo et Abdoullah Etwarooah, sont très proches l’un de l’autre. Tous deux espèrent redonner un second souffle à Plaine-Verte qui est malheureusement touchée par plusieurs fléaux. Wasiim Jokhoo est né à Plaine-Verte et se dit profondément attaché à cette région de la capitale. Il a fréquenté l’école primaire Raoul Rivet et ensuite le collège Sir Abdool Razack Mohamed à la rue La Poudrière jusqu’à la forme V. Enfant, il caressait le rêve de devenir médecin et avait un penchant pour les matières scientifiques. Après son examen de HSC au collège Royal de Port-Louis en 2008, il met le cap sur la Chine pour étudier la médecine générale au Hust Tongji Medical College à Wuhan. Depuis six mois, il a rejoint le cabinet du Dr Etwarooah et dit espérer continuer à apprendre de l’expertise de ce dernier. « Ces six mois ont été très enrichissants pour moi. Je suis encore jeune et j’aimerais désormais me spécialiser dans la neurologie », dit-il. Pour sa part, le Dr Abdoullah Etwarooah est également très passionné par son métier. Depuis son enfance, il avait la ferme détermination de devenir médecin. Après les études primaires à l’école Jean Lebrun, il a rejoint le collège Royal de Port-Louis. Par la suite, il s’est envolé pour le Pakistan où il a étudié la médecine à la Liaquat University of Medical & Health Sciences (LUMHS). Très brillant, il a décroché son diplôme avec la mention « Gold Medalist ». Le Dr Etwarooah a fait son internat au Pakistan et à Maurice. Il a aussi travaillé dans le département cardiaque et dans la chirurgie plastique au Pakistan. Une fois rentré au pays, il a ouvert son cabinet à la rue Ail Doré à Plaine-Verte.

Commentaires

A propos de Nuur-Uddin Jandanee

Ceci peut vous intéresser

feroze-lallmahomed

Feroze Lallmahomed, Acting Nursing Administrator : À 61 ans, il décroche son BSc

Après 60 ans, suivre des cours à caractère professionnel peut s’avérer un bon accélérateur pour …