mardi , 18 juin 2019
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Dr Syed Rizwan Ahmed

Dr Syed Rizwan Ahmed, Haut-commissaire pakistanais : «D’énormes possibilités commerciales pour Maurice en Asie centrale»

À Maurice depuis environ un mois, le nouveau haut-commissaire du Pakistan à Maurice, le Dr Syed Rizwan Ahmed, a accordé son premier entretien à STAR. Il fait le point sur les relations qui existent entre nos deux pays et estime que Maurice doit tirer profit des possibilités commerciales qui existent en Asie centrale.

Vous êtes à Maurice depuis un mois. Quelle a été votre première impression en posant vos valises ici ?
C’est mon tout premier séjour à Maurice et ma première impression en arrivant ici, c’est que le pays ressemble beaucoup au Pakistan. Les gens sont extrêmement gentils et très amicaux. Le climat est idéal et je m’y plais bien. C’est un réel plaisir de se sentir bien entouré.

Quelles sont vos priorités immédiates en tant que nouveau haut-commissaire du Pakistan à Maurice ?
J’ai beaucoup de projets en tête mais dans l’immédiat, je veux absolument renforcer les relations entre nos deux peuples. Je serai le camarade de chaque Mauricien et j’espère que nous pourrions bâtir un pont solide entre Mauriciens et Pakistanais. Il existe déjà une très bonne entente entre nos deux pays mais j’estime qu’il faut la renforcer. Aussi, j’ai pour mission de renforcer nos relations sur le plan économique et politique.

Comment peut-on renforcer davantage nos relations bilatérales ?
Comme je l’ai dit, les relations bilatérales doivent être avant tout axées sur le plan humain, c’est-à-dire, le rapprochement entre nos deux peuples. Ensuite, nous allons étudier l’aspect économique et politique, et le Pakistan va également faire de son mieux pour soutenir l’île Maurice dans d’autres domaines sur le plan international. Réciproquement, je suis certain que Maurice viendra en aide au Pakistan et cela ne fera qu’accroître l’amitié entre nos deux pays. J’étudie aussi la possibilité de rapprocher nos peuples en venant de l’avant avec plusieurs activités culturelles, musicales et sportives. Je songe à des matchs de cricket et de football.

Il existe déjà une très bonne entente entre nos deux pays mais j’estime qu’il faut la renforcer.»

Lors de votre visite à la State House, vous avez exprimé le souhait d’une collaboration entre Maurice et le Pakistan dans le domaine de la technologie informatique. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Oui, je pense que c’est un secteur dans lequel Maurice et le Pakistan peuvent collaborer, essentiellement dans la filière de l’éducation. Car j’ai constaté que nos deux pays portent un intérêt particulier pour le domaine de la technologie de l’information. Ainsi, je pense que nos universitaires peuvent travailler en collaboration sur des travaux de recherche dans le secteur informatique à travers le partage des données. J’ai pu comprendre que Maurice fait très bien dans ce domaine. Pourquoi ne pas profiter mutuellement de notre expertise ? Des protocoles d’accord peuvent être signés entre nos universités et ce sont les étudiants mauriciens et pakistanais qui en sortiront gagnants.

Selon vous, comment peut-on donner un nouvel essor à nos accords de commerce préférentiels ?
Les autorités concernées de nos deux pays avaient déjà tout mis en œuvre à travers la mise sur pied des plateformes appropriées pour que les échanges puissent avoir lieu. Néanmoins, il est du ressort des investisseurs et autres hommes d’affaires mauriciens et pakistanais de faire le pas et de trouver les opportunités commerciales existantes. Des rencontres entre la communauté des affaires de nos deux pays ont lieu régulièrement et des visites sont organisées chaque année. La balle est désormais dans le camp de nos hommes d’affaires car les structures d’échange sont déjà en place.

Depuis plusieurs années, Maurice reçoit la visite d’une équipe d’ophtalmologues pakistanais qui effectue des opérations gratuitement sur des patients mauriciens. Dans quels autres domaines médicaux Maurice peut-elle bénéficier de l’expertise pakistanaise ?
Cette année, l’équipe d’ophtalmologues, dirigée par le Dr Wajid Ali Khan, a rendu visite au ministre de la Santé et de la Qualité de la vie, le Dr Anwar Husnoo. Les discussions ont porté sur la possibilité de former des médecins mauriciens dans diverses branches de la médecine. Le Pakistan sera plus que disposé à venir en aide aux patients mauriciens dans n’importe quelle filière médicale. Je tiens à préciser que le haut-commissariat du Pakistan à Maurice sera toujours prêt à intervenir pour que les Mauriciens puissent bénéficier de l’expertise médicale pakistanaise en général.

Dans le domaine de l’éducation, outre les bourses, qu’est-ce que le Pakistan a à offrir aux étudiants locaux ?
Outre la gratuité des bourses d’études, je pense que des échanges au niveau des facultés au sein de nos différentes universités peuvent avoir lieu. À travers la signature des protocoles d’accord, des chargés de cours mauriciens pourraient aller enseigner dans les universités du Pakistan et vice versa. Des étudiants pourraient également mener des recherches conjointement. Je souhaite ajouter que la situation au Pakistan est stable désormais et les étudiants mauriciens n’ont aucun souci à se faire eu égard à la sécurité.

En dépit d’être un petit pays, Maurice est un pont pour l’investissement dans plus de 40 pays d’Afrique. Le Pakistan souhaite-t-il en tirer profit ?
J’ai rencontré le président de la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI) dans le courant de la semaine et j’ai encore d’autres rencontres à venir avec les représentants des chambres de commerce chinoise et tamoule. Cela afin de déterminer la façon dont Maurice compte soutenir l’investissement étranger en Afrique. Une fois toutes ces rencontres terminées et après avoir pris connaissance du cadre légal et des règlements pour pouvoir d’adonner à de telles activités, je vais prendre contact avec les autorités concernées au Pakistan afin d’enclencher les démarches.

En ce qui concerne le secteur touristique, pensez-vous que nos deux pays peuvent s’entraider ?
En effet, il existe de grandes perspectives dans ce domaine pour nos deux pays. Néanmoins, on m’a récemment informé que des Pakistanais faisaient face à des difficultés pour l’octroi du visa pour venir à Maurice. Il va falloir traiter avec les autorités concernées ici pour tirer cela au clair. Mais n’empêche que nos deux pays peuvent s’entraider dans le domaine du tourisme. Les Mauriciens pourront profiter des grandes vallées, des déserts, des hauts sommets et des plateaux au Pakistan tandis que les touristes pakistanais apprécieront sans aucun doute les belles plages de Maurice et le climat.

Nos universitaires peuvent travailler en collaboration sur des travaux de recherche dans le secteur informatique à travers le partage des données.»

Gwadar est un important port au Pakistan. Comment les hommes d’affaires mauriciens peuvent-ils profiter de cette plateforme ?
Tout comme Maurice peut servir de « hub » pour l’investissement pakistanais en Afrique, le Pakistan peut en contrepartie agir comme une plateforme pour Maurice vers l’Asie centrale et en particulier, l’Afghanistan qui génère une activité économique importante depuis quelques années. Les possibilités commerciales pour Maurice en Asie centrale sont énormes. En ce qui concerne le port de Gawdar, celui-ci peut faciliter l’accès au Pakistan occidental et à l’Asie centrale pour les hommes d’affaires mauriciens. J’encouragerai ces derniers à venir visiter les pays de l’Asie centrale ainsi que le port de Gawdar afin d’avoir une idée de l’étendue des activités commerciales qui y prennent place. Ils pourront ainsi connaître la demande des produits quelconques dans cette région d’Asie.

Sinon, vous êtes aussi accrédité à représenter le Pakistan à Madagascar, aux Seychelles et aux Comores. À quoi peut-on s’attendre de ces relations diplomatiques ?
J’irai incessamment présenter mes lettres de créance aux autorités de ces pays. Le Pakistan veut promouvoir le commerce avec ces pays de l’océan Indien car nous pensons qu’il peut y avoir des échanges intéressants dans différents domaines tels que le tourisme. J’aurais une idée plus précise après mes visites dans ces pays.

Nous ne pouvons parler du Pakistan sans aborder la prestation de serment d’Imran Khan comme nouveau Premier ministre. Est-ce une nouvelle ère pour le Pakistan ?
La nouvelle ère a débuté depuis 2008 et chaque gouvernement successif y a apporté sa contribution. C’est désormais à Imran Khan de le faire quoiqu’il aura des défis à relever. Mais c’est le cas pour chaque gouvernement de tous les pays du monde.

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