mercredi , 13 décembre 2017
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Dr Noormuhammad Abbasakoor
Dr Noormuhammad Abbasakoor

Dr Noormuhammad Abbasakoor : «Le diabète n’est pas une fatalité»

La Journée mondiale de lutte contre le diabète a été observée le mardi 14 novembre. De plus en plus de Mauriciens sont atteints par cette maladie. Le point avec le diabétologue, Dr Noor Abbasakoor.

La prévalence du diabète à Maurice est alarmante. Selon le NCD Survey sur les maladies non-transmissibles à Maurice, 22,8% des Mauriciens sont diabétiques, ce qui représente environ 265,000 personnes atteintes de cette maladie. Néanmoins, le Dr Noor Abbasakoor, spécialiste en médecine interne, diabétologue et endocrinologue, estime que le diabète n’est pas une fatalité. « Ce n’est pas une fatalité si une personne prend toutes les précautions nécessaires que ce soit en termes de traitement ou des examens médicaux et qu’elle a une bonne hygiène de vie », laisse entendre le médecin. N’empêche que le fort taux du diabète pèse lourd sur les familles mauriciennes. « C’est une situation préoccupante car cela affecte les familles sur le plan social, médical, économique et cela joue également contre la productivité au travail », dit-il. Le Dr Abbasakoor indique aussi que 90% des amputations à Maurice sont liées au diabète.

Si en 2009, le taux du diabète était de 23,6% (contre 22,8% en 2015), le diabétologue estime qu’il n’y a pas une réelle amélioration de la situation car ces chiffres sont basés sur un sondage et non pas une étude approfondie. « La prévalence des pré-diabétiques est également inquiétante. Le taux en 2015 était de 19,4% et 50% des personnes pré-diabétiques finissent par être atteintes du diabète », ajoute-t-il. Pour rappel, le pré-diabète est déterminé selon des tests sanguins effectués sur les patients. Le médecin ajoute que le diabète au cours du deuxième trimestre de grossesse est également très fréquent. « Les femmes ont cinq fois plus de chance de devenir diabétique après l’accouchement », fait-t-il ressortir.

Facteurs de risque et les causes

À Maurice, les causes du diabète sont nombreuses. Le Dr Noor Abbasakoor estime que le nombre croissant de jeunes qui souffrent d’obésité, contribue à augmenter leur chance de devenir diabétique en raison d’une forte résistance à l’insuline. Il indique que cette tendance est à la hausse ces dernières années. L’endocrinologue précise aussi que le diabète de type 2 est plus fréquent à Maurice contrairement au type 1 qui ne touche qu’environ 500 personnes majoritairement à un très jeune âge. « Ce sont les effets des anticorps et des facteurs environnementaux qui contribuent au diabète de type 1. De l’autre côté, 95% des diabétiques à Maurice souffrent du diabète de type 2, soit environ 220,000 personnes. Ce type de diabète est principalement causé par un excès de sucre dans le sang et donc un taux de glucose trop élevé. Les causes peuvent être un manque d’exercice physique, des repas non-équilibrés, l’obésité, l’hérédité ainsi que des complications de santé », explique-t-il.

Parallèlement, le Dr Abbasakoor indique que la prévalence du diabète est plus importante dans la région du Pacific Ouest (Western Pacific area). Selon lui, la plupart des habitants des petites îles de cette région sont plus exposés en raison de la densité de la population. « Cela dit, si une personne pratique 30 minutes d’exercice aérobic par jour et qu’elle diminue sa consommation en glucides (carbohydrates), elle aura moins de chance de tomber malade », souligne-t-il et conseille aussi de manger des fruits qui ne contiennent pas beaucoup de sucre comme la pomme, le pamplemousse, l’orange, la mandarine et la fraise.

Des actions concrètes

Si le taux du diabète est très élevé à Maurice, le Dr Noor Abbasakoor constate également une intensification des campagnes. « Nous avons plusieurs associations comme Ti Diams ou APSA (Association la Promotion de la Santé) entre autres qui font un travail remarquable. Le ministère de la Santé joue également son rôle mais il nous faut venir de l’avant avec des actions plus concrètes. Par exemple, il faut introduire les cours de nutrition très tôt dans les écoles », préconise-t-il. Il est d’avis que les employeurs, à travers le département des ressources humaines, peuvent également contribuer à la lutte contre le diabète. « Les sociétés peuvent organiser des activités physiques pour les employés comme par exemple consacrer une partie de l’emploi du temps à la marche ou autres exercices. Cela sensibiliserait davantage les personnes », fait remarquer le médecin.

Le diabétologue constate qu’il y a plusieurs avancées en ce qui concerne le traitement pour cette maladie. Il indique qu’il existe depuis quelque temps plusieurs nouveaux médicaments ainsi que de nouvelles pompes à insuline.


Journée mondiale du diabète

« Le diabète et les femmes ». C’était le thème retenu par la Fédération internationale du diabète (FID) en 2017 pour marquer la Journée mondiale de lutte contre le diabète, le 14 novembre. Il a été observé que les femmes sont davantage exposées aux facteurs de risque du diabète comme la mauvaise alimentation et l’inactivité physique en raison des inégalités socioéconomiques. Actuellement, plus de 199 millions de femmes souffrent du diabète dans le monde. Ce nombre devrait augmenter jusqu’à 313 millions d’ici 2040. Le diabète aurait un lien (direct ou indirect) avec 2,1 millions de décès chaque année chez les femmes. Cependant, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que 1,6 million de décès (hommes et femmes confondus) étaient directement dus au diabète en 2015. Elle prévoit qu’en 2030, cette maladie sera la 7e cause de décès dans le monde.

Quelques conseils…

Le Dr Noormuhammad Abbasakoor conseille de se faire diagnostiquer et si une personne est déjà diabétique, elle devra faire des check-up sur une base régulière afin de se mettre à l’abri contre d’autres complications de santé. Sinon, il conseille une bonne nutrition et met l’emphase sur l’importance de s’accorder le temps pour se préparer à manger. Selon lui, il est vital que pratiquer un exercice physique au moins 30 minutes quotidiennement et d’inculquer les bons principes de vie à nos enfants. « L’éducation des plus jeunes est très importante car de nos jours, on constate qu’une bonne partie d’adolescents est obèse », souligne-t-il.

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