lundi , 24 juillet 2017
Accueil / Interview / Dr Hassam Sakibe Coowar: « Il ne faut pas sanctionner les candidats pour l’absentéisme cette année »
coowar

Dr Hassam Sakibe Coowar: « Il ne faut pas sanctionner les candidats pour l’absentéisme cette année »

Dans l’interview qui suit, le Dr Hassam Sakibe Coowar, directeur de l’établissement privé Mauricia Institute, fait des suggestions pertinentes qui aideraient à désamorcer la crise qui secoue actuellement le monde estudiantin.

  • Dr Coowar, le GM doit-il payer les frais d’examens de SC / HSC pour les candidats?

– Le Programme de l’Alliance Lepep lors du scrutin de décembre 2014 est clair. Le gouvernement va payer la totalité des frais d’examens de Cambridge. Un programme électoral se respecte car c’est un élément qui aura contribué à l’apport des votes.

  • Mais fallait-il imposer un taux de présence de 90% pour bénéficier du paiement des frais ?

– Soyons clair et honnête sur le paiement des frais d’examen. Le gouvernement doit exercer son droit de regard et non agir comme la vache à traire. Peut-être que le ministère de l’Education n’a pas été très limpide quant aux critères imposés sur ce taux de présence d’autant que dans un premier temps on a parlé d’un décompte pour les années 2015 – 2016. Ensuite on l’a ramené de janvier à juillet 2016. Puis, finalement, on insiste sur la date du 7 septembre 2016. Ce qui veut dire que le ministère n’avait pas travaillé sur un critère bien spécifique et défini. Il y a eu le sentiment que les élèves sont utilisés comme des cobayes. Cela va naturellement engendrer frustration, colère et révolte.

  • Pour combattre le taux d’absentéisme surtout au niveau de SC et HSC, ne fallait-il pas imposer un certain taux de présence ?

– Absolument. C’est la méthode la plus efficace qui soit pour gérer ce problème d’absentéisme. Dans le passé on a archi -parlé de ce problème sans vraiment trouver une solution satisfaisante. Le ministère décide de prendre des sanctions presqu’à la veille des examens en menaçant de retenir l’emploi du temps (time table) s’ils ne s’acquittent pas des frais d’examen. Evidemment, cela pose problème. C’est le moment choisi (timing) pour la décision qui est mauvais.

  • Des élèves boudent l’école mais prennent des leçons particulières payantes. Donc, pourquoi ne peuvent-ils pas payer ces frais ?

– Le problème n’est pas le manque d’argent pour payer les frais d’examen car le gouvernement s’est engagé à le faire. Le problème, c’est trouver les raisons pour lesquelles les élèves boudent les classes à partir de juillet. Il y a plusieurs raisons. D’abord, les profs prétendent qu’ils ont complété leur programme d’études. En fait, c’est à partir du moment où le syllabus est complété, que le travail de préparation à l’examen commence. Faire travailler des questions, corriger les réponses qui sont notées par les profs. C’est peut-être ce que font les profs durant les sessions de leçons particulières. Bref, peut-être que certains profs veulent démarrer leurs vacances à partir d’août.

  • Selon vous, pourquoi les parents soutiennent leur progéniture ?

– Permettez-moi de vous dire que les parents sont des otages volontaires de leurs enfants. Ce sont eux qui dictent et racontent des bobards avalés gracieusement par les parents: on ne fait rien à l’école, perte de temps, etc. Ils ne vont pas s’enquérir des dires de leurs enfants au collège.

  • Le MES est-il aussi responsable de cette situation ?

– Certes. De plus en plus, on observe que les examens de Cambridge pour le SC / HSC qui débutaient jadis en novembre commencent maintenant à la fin de septembre! Si seulement le MES pouvait revoir sa programmation d’examens pour novembre, il n’y aurait pas cette masse d’absentéisme à partir de juillet mais plutôt en octobre.

  • Pour gérer la révolte des étudiants, que préconisez-vous ?

– Le ministère de l’Education doit reconnaître ses erreurs. Il n’y a pas eu de suivi sur la formule décidée. Il y a eu déjà des concessions qui frisent une reconnaissance de sa gabegie. Devant cette toutes ces tractations, le ministère doit se rétracter. C’est-à-dire, ne pas sanctionner les candidats de SC / HSC pour 2016 pour le taux d’absentéisme qui ne répondrait pas au critère préétabli.

  • Que proposez-vous pour 2017 ?

– D’abord, élaborer les critères bien définis pour l’application du taux de présence. Ensuite, en avril, demander à tous les élèves de payer les frais d’examen. A partir de la date butoir pour comptabiliser le taux de présence, demander aux recteurs de soumettre la liste des 90 % et des moins de 90%. Alors, seulement ceux qui détiennent les 90% de présence seront remboursés par l’État.

Commentaires

A propos de star

Ceci peut vous intéresser

170717_elahee

Dr Khalil Elahee : «Nous avons trop politisé et trop ‘religiosisé’ notre société»

Chargé de cours au département de l’ingénierie à l’université de Maurice, le Dr Khalil Elahee …