mardi , 23 juillet 2019
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Walliyullah Peerboccus

Disparu depuis 10 jours : Walliyullah Peerboccus retrouvé en vie dans une forêt à Grand-Bassin

L’histoire de Walliyullah Peerboccus, un menuisier de 30 ans habitant de Gros-Billot, New-Grove, porté disparu et retrouvé sain et sauf après 10 jours dans une forêt à Grand-Bassin, constitue un véritable mystère.

On se rappellera que Walliyullah Peerboccus, connu comme Babloo,  avait disparu de chez lui dans la nuit de mardi 15 janvier 2019 alors que sa mère, Maveeya,  le croyait dans sa chambre et dans son lit. Elle s’apprêtait à accomplir le namaz Fajr quand elle avait constaté sa disparition  ainsi que le Coran qu’il avait l’habitude de lire.

Après dix jours d’intenses recherches par ses parents et des unités de la police, il a finalement été retrouvé à la lisière d’une forêt à Grand-Bassin par deux personnes alors que le soleil pointait à l’horizon. Sa famille qui n’a cessé d’espérer, remercie le Créateur d’avoir opéré le miracle qu’elle attendait. Sur son lit à l’hôpital de Rose-Belle,  Walliyullah Peerboccus nous a raconté en détail sa mésaventure qui donne froid dans le dos.

« Un ‘esprit’ m’a guidé hors de ma maison »

Walliyullah nous raconte que ce soir-là, il était agité car il faisait chaud et il arrivait difficilement à trouver le sommeil. Au milieu de la nuit, une voix lui a ordonné de se réveiller pour partir. Il se souvient avoir pris son Coran et les yeux fermés il a marché sur une longue distance, toujours guidé par cette voix invisible.

Au lever du jour, il se souvient s’être retrouvé au milieu d’un champ de cannes et de grands arbres. Une force invisible le guidait et lui ordonnait de ne pas retourner en arrière pour se tenir à l’écart des gens qui lui voulaient du mal. Walliyullah a marché longtemps dans une forêt jusqu’à la tombée de la nuit. Pour se nourrir, il buvait l’eau d’une source et mangeait des goyaves de chine encore vertes et d’autres petits fruits qu’il a cueillis. Il se souvient avoir déposé son Coran au milieu des arbres et il était fatigué.

«J’étais sous l’emprise de cette force durant 6 jours»

Il nous dit aussi avoir perdu ses vêtements sans savoir comment. Il avait froid et était épuisé. Cette force invisible qu’il pense être un «Jinn» (un génie)  lui a demandé de ne pas retourner chez lui.
Après 6 jours, il a retrouvé ses esprits et n’entendait plus la voix qui le guidait. Égaré au milieu de la forêt il lui était extrêmement difficile de retrouver son chemin pour rentrer chez lui. Walliyullah dit avoir pensé à ses parents et ses amis et lisait des duahs à haute voix.

Il cueillait des fraises sauvages et des goyaves de chine vertes pour s’alimenter. Le soir il pleuvait et il faisait froid. Il raconte avoir entendu des voix comme des gémissements ugubres et il avait peur. «À soir mo tanne banne la voix ki pe plorer et mo ti gagne extra peur», dit-il.

Au lever du jour, il tombe sur une bande de singes qui se contentent de le regarder de loin. «Mo trouve ene troupeau singe ki pe guette moi et mo tanne ene cochon marron pe galouper prés cotte mo ti été »,, dit-il.  Walliyullah découvre des traces de sabots dans la boue et des pattes de singes. Pour dormir il brise des branches qu’il étale sur le sol et se couvre de feuilles pour atténuer le froid. Là où il était ,c’était difficile pour lui de s’orienter. Il a continué son chemin en s’enfonçant de plus en plus dans la forêt.

Les cicatrices qu’il porte sur ses bras et son dos disent son vécu et témoignent de ses souffrances. « Mo ti blesser avec banne branche et pied piquant. Mo rentre dans la mare mais mo pas fine enfoncé. Mo sorti mo faire le tour pou évite marécage», laisse-t-il entendre. Il dit ne pas se souvenir pendant combien de jours il a marché et  combien de kilomètres il a parcouru.

Sans force, il était sur le point d’abandonner sa marche.  Il souffrait atrocement de ses pieds. « Mo ti pieds nus et mo ti prés pou abandonné et mo ti pou attanne la mort », ajoute-t-il.

Après 9 jours, il tombe sur un sac de jute qui pendait au bout d’une branche. Walliyullah dit avoir déchiré le sac avec un caillou et il a confectionné un capuchon pour se recouvrir.

Alors qu’il perdait espoir de s’en sortir vivant, il a aperçu un pont au loin.Il a marché dans cette direction et en s’approchant du pont alors qu’il faisait jour, il rencontre deux hommes avec un gros sac de jute. Ils sont choqués quand ils voient l’état dans lequel était Walliyullah.  Il était dans une extrême faiblesse. « Mo fine raconte zotte ki mo fine perdi dans la forêt et zotte fine donne moi ène tricot et ène savate », relate-t-il.

Un miraculé

Alertée, la police de Grand-Bassin est venue lui porter assistance. Il raconte qu’un policier lui a dit qu’il est un miraculé car très rarement des gens sortent vivants de cette forêt. Au poste de police de Rose Belle où il a été transporté,  on a informé ses parents qu’il avait  été retrouvé et qu’il était vivant. Il a ensuite été conduit  chez ses parents qui l’attendaient sur le seuil de leur porte. Sa mère avait les larmes aux yeux et ne cessait de remercier le Créateur pour ce miracle. « Mo ti dire ki Allah faire miracle et mo pas ti perdi espoir pou rétrouve mo garçon vivant », dit-elle.

Walliyullah nous raconte qu’un homme religieux de la région est venu lui rendre visite en début de soirée  de jeudi et lui a dit qu’une « chose étrange » le fatiguait et qu’il fallait  qu’il s’en débarrasse. Transporté à l’hôpital Jawaharlal Nehru à Rose-Belle, il a été admis en salle. Les traits tirés, il nous indique que ses blessures sur le corps et sur la plante des pieds lui font souffrir. L’air absent quelques fois, il nous dit ne se souvenir aucunement de ce qui s’est passé pendant les six premiers jours de sa disparition. «Kan l’esprit la fine quitte moi lerla mo fine rode chemin pou retourné. Li ti pe empêche moi retourne cotte moi», dit-il encore.

Sa mère remercie tous ceux qui ont soutenu sa famille durant cette dure épreuve. Elle remercie aussi la police et la presse pour leur compréhension.

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