mercredi , 24 mai 2017
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Le diabète à Maurice Prévalence alarmante

La Journée Internationale du Diabète sera célé­brée ce lundi 14 novembre. Le thème retenu pour cette année est « Healthy Living & Diabetes – You can prevent diabetes ».À Maurice, la situation est jugée alarmante même si la prévalence s’est stabilisée en 2015. Selon, le ministère de la Santé et de la Qualité de Vie, 257 442 Mauriciens âgés de 25 à 74 ans sont atteints de diabète, représentant un taux de 22,8% contre 23,6% en 2009. Le diabète est un gros souci de santé publique à Maurice, comme dans le monde. Le nombre de diabétiques dans le monde en 2015, s’élève à 415 millions. Il est attendu que ce nombre passe à 640 millions en 2040, soit un adulte sur dix souffrira de la maladie. L’OMS prévoit même qu’en 2030, le diabète sera la septième cause de décès dans le monde. Le diabète de type 2 qui affectait l’adulte, est désormais très fréquent chez les enfants.

Toutefois, le rapport du « Mauritius Non Communicable Diseases Survey » de 2015 démontre que la prévalence du diabète a augmenté de 62,0% de 1987 à 2009, mais en 2015 pour la première fois depuis 30 ans, elle s’est stabilisée. Dr Satish Rughoo, NCD Coordinator au ministère de la Santé et de la Qualité de Vie, indique que le dernier sondage de 2015, démontre que le nombre de Mauriciens souffrant de diabète s’élève à 257 442, représentant un pourcentage de 22,8%.

Concernant les diabétiques, 5% souffrent du diabète de type 1 et 95% souffrent du diabète de type 2, qui est plus lié au mode de vie des Mauriciens. Pour deux cas connus de diabète, un cas est non diagnostiqué.

« Malgré la prévalence élevée, il est important de noter que pour la première fois depuis 30 ans, elle ne s’accroît pas. En 2015, soit environ six ans après le dernier sondage, la prévalence du diabète semble se stabiliser », avance le médecin.

Prévalence du pré-diabète

La prévalence du pré-diabète qui est causé par une diminution de la tolérance au glucose soit une glycémie à jeun réduite chez les gens était de 19,4%: 20,2% pour les femmes et 18,5% pour les hommes chez les adultes mauriciens âgés de 25 à 74 ans.

Selon le Mauritius NCD Survey 2015, la prévalence de pré-diabète est élevée, tout comme celle associée à un risque accru de diabète et de maladies cardiaques. Ce double fardeau des taux élevés de diabète et de pré-diabète, associée à l’obésité, la dyslipidémie et l’hypertension, constitue une menace significative en termes de fardeau social et économique des maladies cardiaques et des complications du diabète pour Maurice. Cela concerne à la fois les coûts médicaux et la productivité nationale en raison de l’impact de ces maladies sur la main-d’oeuvre.

« De nos jours, même une personne pré-diabétique a droit à un traitement adéquat afin qu’elle puisse contrôler la maladie. Nous continuons à sensibiliser la population sur la hausse de morbidité et de mortalité à Maurice. D’ailleurs, le thème retenu cette année pour la Journée Mondiale du Diabète est « Healthy Living & Diabetes – You can prevent diabetes » », fait-il ressortir.

Diabète gestationnel

Le diabète gestationnel est un type de diabète qui devient fréquent chez les femmes. C’est est une glycémie élevée qui se développe pendant la grossesse et disparaît généralement après l’accouchement. Le diabète gestationnel est plus fréquent dans la seconde moitié. Il peut causer des problèmes pour la maman et le bébé pendant et après la naissance. Mais le risque que ces problèmes se produisent peut être réduit s’il est détecté et bien géré.

Le diabète gestationnel n’a généralement aucun symptôme. Certaines femmes peuvent développer des symptômes si leur taux de glycémie est trop élevé (hyperglycémie), tels que la soif accrue, le besoin d’uriner plus souvent que d’habitude, la bouche sèche et la fatigue.

Décès en raison du diabète

En 2015, 5 413 Mauriciens souffrant de diabète, représentant 3.1%, dont 2 756 hommes et 2 657 femmes ont été admis dans les hôpitaux à Maurice. La même année, 2285 diabétiques (24.1%), dont 1 189 hommes et 1 096 femmes sont décédés à la suite de cette maladie. Le taux de décès dû au diabète a considérablement augmenté de 1995 à 2015. D’ailleurs, les maladies cardiaques et le diabète étaient les deux premières causes principales de mortalité en 2015, avec 1 891 (19,9%) et 2 285 (24,1%) décès respectivement. Dr Rughoo souligne que toutes les six secondes, une personne meurt des complications du diabète dans le monde.

Les facteurs de risque

Le médecin précise qu’il y a deux types de facteurs de risque : le non-modifiable et le modifiable. Les facteurs de risque modifiables sont liés à notre mode de vie, notamment les habitudes alimentaires, les exercices physiques (demi-heure pour les adultes et une heure pour les jeunes). « Les facteurs de risque sont la cigarette (19.3%), l’alcool (53%), le surpoids et l’obésité (54.2%), manque d’exercice physique (23.7%), le vieillissement de la population, maladie héréditaire, entre autres. Le mode de vie des Mauriciens a changé dans les années 80s avec des changements rapides au niveau social et culturel, le vieillissement de la population, l’urbanisation croissante, les changements alimentaires et la diminution d’activité physique entraînant à l’obésité et d’autres modes de vie et de comportements malsains. C’est à partir de là que le diabète a commencé à dominer la société », dit-il.

Et d’ajouter que bon nombre de ces facteurs de risque pour le diabète de type 2 sont également ceux pour les maladies cardiovasculaires et autres maladies chroniques.

Jusqu’à 400 amputations chaque année

Les effets du diabète incluent les dommages à long terme, le dysfonctionnement et l’échec de divers organes et tissus. Il prédispose les diabétiques à de nombreuses conditions graves, y compris les maladies cardiovasculaires, ainsi que la perte visuelle, les amputations et l’insuffisance rénale. D’ailleurs, chaque année, les médecins procèdent à environ 400 amputations dues au diabète dont plus de 50% auraient pu être évitées.

Mesures pour combattre le diabète

Le ministère de la Santé et de la Qualité de la Vie a mis en place un plan d’action, le National Service Framework, en 2007 qui englobe tout ce qui est lié au diabète, c’est-à-dire, le dépistage, la détermination du type de diabète dont souffre la personne, type de traitement recommandé, comment autonomiser le malade, entre autres.

Dr Satish Rughoo fait également ressortir que le ministère de la Santé a établi des normes quant aux amputations, aux traitements de dialyses, entre autres. Le gouvernement a également mis à la disposition des Mauriciens un Centre de Diabète qui se trouve à l’hôpital de Souillac, qui pratique le teste HbA1c. « D’autres services mis en place par le ministère, à l’intention des personnes pré diabétiques ou diabétiques sont : nouveau mode de traitement pour le diabète de type 1, des infirmières spécialisées en diabète, un ‘diabetic retinal screening unit’ pour diagnostiquer des complications, une ‘Health Promotion Unit’ qui a pour mission de mener des campagnes de sensibilisation dans les quatre coins du pays, notamment dans les centres communautaires et dans les écoles », avance le médecin.

Pourquoi célébrer la World Diabetes Day ?

La World Diabetes Day est une initiative de la World Health Organisation (WHO) et de l’International Diabetes Federation (IDF) depuis 1991. Cette journée est commémorée chaque le 14 novembre de chaque année, dont l’objectif est de sensibiliser les gens sur les effets néfastes du diabète. Pourquoi le 14 novembre ? C’est la date d’anniversaire de Frederick Banting, un médecin canadien qui a découvert l’insuline.

La définition du diabète selon l’APSA

Le diabète est une condition chronique qui survient lorsque le corps ne parvient plus à produire suffisamment d’insuline ou à utiliser celle-ci de manière efficace. L’insuline est une hormone produite par le pancréas qui permet aux aliments de pénétrer dans les cellules de l’organisme où ils sont transformés pour fournir l’énergie requise par les muscles et les tissus pour fonctionner. De ce fait, la personne atteinte de diabète n’absorbe pas correctement le glucose, lequel continue de circuler dans le sang (hyperglycémie) en endommageant progressivement les tissus. On distingue 3 grands type de diabète : le diabète de type 1, celui de type 2 et le diabète gestationnel.

Conséquences du diabète

Selon l’APSA Diabetes Care Centre, l’impact du diabète a des coûts multiples. « Le diabète a des conséquences sur la vie d’une personne atteinte. Elle est envahie par la douleur, l’anxiété, l’inconfort, la diminution générale de la qualité de la vie, entre autres. Les coûts multiples sont difficiles à quantifier mais leur impact est profond sur la vie des diabétiques et de leur entourage », indique Divine Chiteve, de l’APSA Diabetes Care Centre.

Elle fait aussi ressortir que le diabète a des coûts directs comme les hospitalisations pour les complications à long terme (amputations, crise cardiaque, AVC, cécité) représentent le budget le plus important de dépenses relatives au diabète (jusqu’à 15% des budgets annuels santé de certains pays). « Pourtant, il est possible d’éviter la majorité d’entre elles en diagnostiquant rapidement le diabète, en informant efficacement les patients et les professionnels et en assurant des soins globaux sur le long terme. Les coûts indirects sont congés maladie, incapacités, décès prématurés liés au diabète sont autant de causes de perte de productivité », dit-elle.

Solution pour prévenir le diabète

L’APSA Diabetes Care Centre préconise un régime alimentaire sain, une activité physique régulière, le maintien d’un poids normal et l’arrêt du tabac permettent de prévenir ou de retarder l’apparition du diabète de type 2. « Pour être efficace, la gestion du diabète requiert un partenariat étroit entre la personne atteinte de diabète et les professionnels de la santé », soutient notre interlocutrice.

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