lundi , 16 décembre 2019
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Deux ONG de santé s’opposent à la grève des médecins

Deux ONG qui consacrent leurs activités au secteur de la santé, U-Link et CAS, désapprouvent totalement la grève que projettent de tenir les médecins. Elles redoutent que ce sont les malades qui en seront les principales victimes.

Ali Jookun, travailleur social et président l’ONG U-Link : «L’humanité vient avant tout autre facteur»

Pour le travailleur social Ali Jookun tenir une grève dans un secteur vital comme la santé est inacceptable. « On ne peut se permettre de jouer avec la santé et la vie des gens. La vie d’une personne n’a pas de prix, » avance Ali Jookun. Selon lui, les médecins ont choisi ce domaine primordialement pour soulager les malades. Pour le travailleur social, durant une grève même un médecin ou un membre de sa famille pourra tomber malade. « Que fera-t-il à ce moment ? » se demande-t-il.

Il est d’avis que si les médecins sentent que leurs droits sont bafoués, ils doivent avoir recours à la loi. Il estime aussi que la grève n’est pas une solution efficace pour faire entendre sa voix. « Que va-t-il se passer dans le pays si tous les policiers, les pompiers et les fonctionnaires fassent une grève pour des problèmes de conditions de travail? » demande-t-il. « Il ne faut pas oublier que les médecins ont prêté serment pour protéger la vie humaine même avant qu’ils ne rejoignent cette profession noble. Il ne faut pas oublier que des médecins comme Dr Idrice Goomany ont sacrifié même leur vie et leur jeunesse au service de l’humanité. Ces médecins ont fait honneur à leur profession et ont placé tout autre considération après le service», fait-il ressortir.

Ramesh Purrunsing, membre fondateur du Comité amélioration de la santé (CAS) :  «Les médecins doivent privilégier la dialogue»

Même son de cloche chez Ramesh Purrunsing. Il est d’avis que la Medical Health Officers Association (MHOA) et la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU) doivent privilégier le dialogue et la discussion au lieu de déclencher une grève. « Les médecins doivent avant tout considérer l’impact que cela peut avoir sur les patients et leurs familles. La grève n’est pas un jeu », ajoute-t-il. Il rappelle qu’il y a beaucoup de procédures légales à suivre avant de pouvoir commencer une grève. « Aussi, il ne faut pas que les médecins oublient qu’ils ont fait le serment d’Hippocrate de faire honneur à leur profession », dit-il. À son avis, avec le dialogue, une décision négative peut devenir positive si on est persévérant et si on sait quelle porte frapper. « Il faut une rencontre entre les médecins et le ministère et ses techniciens », dit-il encore.

Pour résoudre le problème du manque de médecins dans les hôpitaux, il conseille à tous les Mauriciens de privilégier les consultations dans les Mediclinics et les dispensaires. « On se rend à l’hôpital uniquement quand le cas est grave ou qu’on ait besoin de se faire ausculter par des spécialistes,» avance-t-il. Selon lui, cette nouvelle approche pourra alléger les médecins qui travaillent dans les hôpitaux régionaux. Toutefois il ne nie pas qu’il y a un manque de médecins dans les hôpitaux. « Si on veut offrir un meilleur service de santé à Maurice, il faut recruter davantage de médecins,» estime-t-il.

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