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Dépénalisation du cannabis : Un sujet qui continue à faire débat

Lors du lancement du National Drug and HIV Council, le mardi 8 janvier 2019, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, s’est dit contre la dépénalisation du cannabis à Maurice. C’est un sujet qui continue à faire débat à un moment où des travailleurs sociaux réclament une révision complète des lois concernant le cannabis. L’avocat Rama Valayden et le travailleur social Ally Lazer nous livrent leur avis sur la question. « Je suis contre la dépénalisation du cannabis. C’est mon opinion ». Pravind Jugnauth est catégorique sur la question de la dépénalisation du cannabis à Maurice. Le chef du gouvernement estime qu’il faut au contraire mettre l’accent sur la réhabilitation. Par ailleurs, Pravind Jugnauth a indiqué que le National Drug Secretariat sera basé au ministère de la Défense et que c’est lui qui va présider le conseil. « On devra trouver des solutions là où il y a des lacunes», a-t-il dit et d’ajouter que « le combat du gouvernement est contre la drogue alors que la dépénalisation du cannabis est quelque chose d’autre. Nous devons attendre les propositions des ONG. »

Ally Lazer : « La dépénalisation du cannabis fera l’affaire des trafiquants »

À l’instar du Premier ministre, Pravind Jugnauth, le travailleur social, Ally Lazer, se dit également contre la dépénalisation du cannabis à Maurice. Selon lui, notre pays n’est pas « obligé » de suivre la tendance internationale et les pays tels que le Canada ou encore les Pays-Bas où la consommation du cannabis est légale. « En tant qu’éducateur formé par des instances internationales dans le domaine de la lutte contre la drogue, je sais très bien que la cigarette, l’alcool et le cannabis sont néfastes à la santé des consommateurs. Nous ne pouvons pas emboîter le pas à d’autres pays et les suivre aveuglement dans l’immoralité », dit-il.

Ally Lazer soutient que la prise du cannabis n’est qu’une première étape dans la consommation d’autres types de drogue. « Ceux qui disent qu’il faut dépénaliser le cannabis pour des raisons médicales font fausse route. Le cannabis utilisé dans la médecine n’est pas le même que le ‘gandia’ consommé à Maurice. Celui-ci est néfaste pour la santé car il contient du tétrahydrocannabinol (THC) qui réduit ou modifie le reflexe. C’est pour cette raison que dans plusieurs pays et à l’instar de l’île de La Réunion, les automobilistes doivent subir un test de dépistage de stupéfiants lors des contrôles routiers », avance le président de l’Association des travailleurs sociaux de Maurice (ATSM).

Par ailleurs, Ally Lazer est d’avis que la dépénalisation du cannabis à Maurice « fera l’affaire des trafiquants notoires.» « À qui va profiter la dépénalisation ? Certainement aux trafiquants de drogue et à ‘bann qui plante gandia’ », fulmine-t-il. Néanmoins, il soutient que la place d’un consommateur du cannabis n’est pas en prison mais dans un centre de désintoxication. « Aujourd’hui, les consommateurs sont en prison alors que les trafiquants sont libres. Or, j’estime que lorsqu’on arrête une personne pour consommation de drogue, c’est vers un centre de traitement qu’il faut la diriger et non vers la prison. ‘Dan prison, ou rentrer manève, ou sorti zouvrier’ », fait-il ressortir.

Rama Valayden : « Le Premier ministre est en train de faire fausse route »

Me Rama Valayden est en faveur de la dépénalisation du cannabis et il trouve que le Premier ministre, Pravind Jugnauth, est en train de faire fausse route en déclarant qu’il s’oppose à la dépénalisation du « gandia ». L’avocat estime que le chef du gouvernement est libre de ses convictions mais qu’il devient, malgré lui, un « allié de ceux qui propagent de la drogue synthétique ». Pour Rama Valayden, la non-dépénalisation du cannabis est un obstacle majeur dans le combat contre la drogue de synthèse. « La dépénalisation du cannabis est un moyen pour combattre la prolifération de la drogue synthétique », avance-t-il. Selon Me Rama Valayden, Maurice est devenu aujourd’hui « un net importateur » du cannabis par le biais des trafiquants notoires. « On peut être contre la dépénalisation du cannabis, mais on doit tout de même considérer l’usage médical du gandia », souligne l’avocat. Rama Valayden ajoute que Maurice serait l’un des rares pays à être contre la dépénalisation du cannabis dans le combat contre le trafic de drogue. Il avance que l’Afrique du Sud a également dépénalisé le cannabis bien qu’il y ait fallu un décret de la Cour suprême sud-africaine.

Rama Valayden ajoute que la Thaïlande a aussi dépénalisé le cannabis et que dans cinq ans, plusieurs pays d’Europe emprunteront cette même voie. « Dans un proche avenir, les pays des cinq continents auront dépénalisé le cannabis. Je me demande si le Premier ministre est au courant que la Jamaïque est parvenue à réduire le taux d’emprisonnement et de violence par 700% alors que la consommation du cannabis est légale dans ce pays. Je lance un appel au Premier ministre de ne pas suivre aveuglement son père sir Aneerood eu égard aux méthodes utilisées dans la lutte contre la drogue », conclut l’avocat.

NUUR-UDDIN JANDANEE ET RAHIM MURTUZA

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