samedi , 22 juillet 2017
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Départ du PMSD du gouvernement – Des tractations intenses

Le départ du Parti Mauricien Social Démocrate (PMSD) de l’alliance Lepep, lundi, ne laisse pas insensibles les députés indépendants et ceux du Mouvement Patriotique. Si cette cassure a réconforté certains d’entre eux dans leur choix de siéger comme indépendants, d’autres ne sont pas contre l’idée d’une éventuelle entrée au gouvernement. Pour les députés Zouberr Joomaye, Danielle Selvon et Kavi Ramano qui siègent en indépendants, la question d’intégrer le gouvernement à ce stade « ne se pose pas ». Alan Ganoo du Mouvement Patriotique (MP) indique pour sa part qu’aucune offre n’a été reçue jusqu’ici. Mais si jamais cela devait se produire, c’est « le parti », dit-il, qui devra trancher. Le député Raffick Soreefan, lui, avance que si une proposition satisfaisante lui est faite, il ne compte pas refuser. Quant à Joe Lesjongard, ex-député du MP, il garde profil bas et indique qu’il ne compte pas faire de commentaire sur son avenir politique à ce stade.

La députée Marie-Claire Monty explique qu’elle se donne un temps de réflexion pour décider si elle suivra son parti dans l’opposition ou intégrera les rangs du gouvernement. Toutefois, elle a démenti les rumeurs selon lesquelles elle aurait rencontré le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, après la cassure au gouvernement. Elle dit entretenir des « relations cordiales » avec le leader de son parti, Xavier-Luc Duval. Elle explique, toutefois, qu’elle s’est mise en retrait parce qu’elle veut s’accorder une « période de réflexion ». « Ce temps de réflexion est dû à des interrogations auxquelles je n’ai pas encore de réponses. Une réponse ne demande pas de jour fixe ! Dès que j’aurai un élément de réponse, je vous le ferai savoir », a-t-elle déclaré au Defi Quotidien. Elle précise que son leader Xavier-Luc Duval est une « personne compréhensive » qui lui « donne le temps » dont elle a besoin.

Xavier-Luc Duval : « Un Bill préparé précipitamment et dans le secret »

Le leader de l’Opposition et du PMSD, Xavier-Luc Duval, a avancé les raisons pour lesquelles le PMSD a choisi de claquer la porte au gouvernement le lundi 19 décembre dernier. Le leader bleu a animé sa première conférence de presse le vendredi 23 décembre et affirme que le grand perdant, c’est le MSM. Il dit condamner le fait que SAJ voulait, entre autres, nommer les commissaires de la Prosecution Commission. L’ancien Premier ministre adjoint déplore que le Prosecution Commission Bill ait été préparé dans la précipitation et dans la plus grande discrétion, surtout en cette période de festivités. « Personne ne possédait la première version et délibérément, on a choisi cette période où les gens ne sont pas intéressés. De plus, nous n’avons eu que deux heures de préavis avant que le Bill ne soit inscrit à l’agenda parlementaire », a déclaré l’ancien No. 2 du gouvernement.

Secundo, Xavier-Luc Duval souligne que c’est le Premier ministre qui nommera les membres de la Prosecution Commission, si la Legal and Judicial Services Commission n’arrive pas à nommer ces membres dans un délai de trente jours. Pour Xavier Luc Duval, il s’agit d’une « grosse anomalie ». Il désapprouve également l’échéance qui passe à 90 jours. Il déplore que les ministres n’aient pas le droit de parler. « Ce n’est pas une manière de faire », dit-il. Le leader des bleus avance qu’on aurait du avoir un débat sur les pouvoirs du DPP. « C’est la raison pour laquelle, nous avons proposé de renvoyer les débats à mars prochain », précise-t-il.

Paul Bérenger : « Nous devons accorder nos violons »

Face à la presse le lundi 19 décembre, l’ancien leader de l’Opposition s’est dit ouvert à tout forum de discussions avec Xavier-Luc Duval. « Je n’ai aucun problème de rencontrer Xavier-Luc Duval. Mais dépendant de ce qui se produit, il faudra qu’on accorde nos violons de parlementaires », a-t-il dit. Mardi, Paul Bérenger démissionne de son poste. Il indique que le MMM est disposé à travailler avec le PMSD. « Si j’ai remis ma démission à la présidente de la République, c’est parce que je suis à la lettre la Constitution qui veut que ce soit le leader du parti de l’opposition qui compte le plus d’élus qui soit le chef de l’opposition. Je ne veux pas qu’il y ait l’impression que le PMSD m’a fait partir. Je ne veux pas non plus qu’il y ait l’impression que je m’accroche à ce poste », a-t-il déclaré. Il s’en est également pris au Premier ministre affirmant que « deux ans avec un partenaire pour ensuite le maltraiter comme cela ? Il n’a pas changé. Il n’a pas de manière… ».

Sir Anerood Jugnauth : « Xavier-Luc Duval pe rev dibout »

Pour le Premier ministre sir Anerood Jugnauth, la controverse autour de la Prosecution Commission n’est qu’un prétexte. « Entre le PMSD et nous, il n’y a pas grand-chose en commun. Leur philosophie et leur pensée politique ont toujours été bien différentes. Mais, il faut parfois savoir unir ses forces pour vaincre l’adversaire », a-t-il déclaré, lundi. SAJ estime que Xavier-Luc Duval a claqué la porte pour faire alliance avec le PTr. « Il a déjà embêté Duval de cette façon. Il croit vraiment qu’il sera Premier ministre et qu’il doit tout faire pour se préparer à faire une alliance avec le PTr », dit-il. Et d’ajouter qu’il y a anguille sous roche. Le Premier ministre a annoncé que le remaniement ministériel aura lieu avant la rentrée parlementaire en mars 2017. Il a donné la réplique à Xavier Luc Duval. «Pa finn tir okenn Bill [Prosecution Commission Bill]. Bill touzour la. Li [Xavier-Luc Duval] pe rêvé. Pa inn retire Bill la, simpleman inn postpone», lance sir Anerood Jugnauth. «Kan le moman pou vini, kan pou gayn verdik, lerla ou kone kisanla dan paranoïa ek kisanla en deor,», a-t-il ajouté. Invité à réagir à une autre déclaration de Xavier-Luc Duval, selon laquelle il a préféré se retirer du gouvernement avant que «le pays ne devienne comme une de ces pires dictatures d’Afrique», sir Anerood Jugnauth lance : «Eoula, ou pa trouve enn boug pe rev dibout ? Ou trouv Moris pe rant dan diktatir ou ? Sa ve dir ou pa kone ki apel diktatir ».

Pravind Jugnauth : « L’avenir s’annonce brillant pour le MSM »

Pravind Jugnauth est d’avis que « l’avenir s’annonce brillant pour le MSM ». «Hier, il [Xavier-Luc Duval] était au gouvernement. Aujourd’hui, il trouve que le gouvernement fait des complots ?» lance le leader du MSM. Et d’ajouter que le gouvernement continue à diriger le pays. « Nous avons notre programme à compléter durant les trois années à venir. Nous irons jusqu’au bout», affirme Pravind Jugnauth. Par ailleurs, il affirme qu’il n’est impliqué dans «aucune tractation», et qu’il n’est en négociations avec personne, mais souligne que le MSM est «ouvert à tous ceux qui veulent donner un coup de main. Je veux rassembler et unir », laisse-t-il entendre. Il a aussi tenu à démentir la veille toute tractation avec le MMM. « À ma connaissance, il n’y a aucun rapprochement entre le MSM et le MMM. Au contraire, je constate plus un rapprochement entre le MMM, le PTr et le PMSD. Sa ki nou pe trouvé », lance-t-il.

Navin Ramgoolam : « Gouvernman inn komans grené »

Le leader du PTr n’a pas tardé à réagir à la suite de la démission de Xavier-Luc Duval du gouvernement. Selon Navin Ramgoolam, le leader du PMSD s’est rendu compte que cette loi est un « piège » et « dangereuse » pour le pays. Il a même tenu à féliciter Xavier-Luc Duval pour sa décision. Navin Ramgoolam a lancé un appel à tous les partis de l’Opposition et les députés, y compris au sein du MSM, à s’unir afin de combattre la tentation totalitaire du gouvernement car la démocratie est menacée. Il a également demandé aux députés des autres partis « d’assumer leurs responsabilités»: « Pa zis get marokin ministeriel ou bann lavataz ». « Gouvernman inn komans grené », estime l’ancien PM.

Le lundi mystérieux

Tout a commencé le vendredi 16 décembre au Conseil des ministres. Il y a eu un débat entre Xavier-Luc Duval et un membre haut placé du gouvernement, sur le Prosecution Commission Bill, notamment sur la rétroactivité de trois ans comme proposé dans le texte de loi final sur la Prosecution Commission. Les discussions se sont poursuivies le lundi matin. Le PMSD a dit souhaiter que le Bill portant sur la création de la Prosecution Commission et l’amendement à la Constitution soient reportés pour la reprise parlementaire de mars, pour laisser place à un débat public. Le PMSD n’a pas apprécié l’intransigeance du MSM sur la question. Il y a même eu une rencontre entre Xavier-Luc Duval et Pravind Jugnauth pour discuter du sujet. Mais, Pravind Jugnauth n’a pu convaincre le leader des bleus. Il a également rencontré Ivan Collendavelloo, mais une nouvelle fois, sans succès. La décision avait déjà été prise.

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