mercredi , 16 octobre 2019
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Wardah Nazeer-Alshaib

Corporate Trainer et Life Coach : Wardah Nazeer-Alshaib aide les couples à améliorer leur relation

Comprendre les comportements et les sentiments des humains est compliqué. Cela n’empêche pas pour autant Wardah Nazeer-Alshaib, Corporate Trainer et Life Coach, d’essayer de comprendre les couples et de les aider à mieux gérer leur relation.

Wardah Nazeer-Alshaib, très populaire sur la Toile, n’hésite pas à faire entendre sa voix et surtout à apporter son soutien aux jeunes femmes.  À travers le Life Coaching, elle aide à responsabiliser et à aider les personnes à mieux vivre. Si vous vous sentez coincé quelque part, elle est présente pour vous aider à sortir de cette situation. Titulaire d’une maîtrise en Educational Leadership, Wardah Nazeer-Alshaib se passionne pour la psychologie. Avant de se lancer en Life Coaching, elle enseignait l’anglais.

Elle explique qu’un Life Coach utilise plusieurs techniques pour aider les gens. « Nous aidons à résoudre des problèmes, comme le manque de confiance en soi, le manque d’estime de soi, la négativité et l’incapacité de surmonter des obstacles dans la vie. J’ai été Life Coach de manière informelle pendant plusieurs années avant d’être certifiée. J’ai fondé un groupe de soutien en ligne et, à travers ce groupe, j’aide et je coache des femmes », dit-elle.

Dans un proche avenir, elle envisage d’organiser plus de séances de coaching et d’ateliers dans les différentes régions de l’île et également en ligne afin de toucher plus de personnes.

Aider les couples qui sont à la dérive

Après l’obtention de ses certificats en Life Coaching, elle s’est lancée dans l’encadrement relationnel. Désormais, elle aide les couples en essayant de trouver ce qui ne va pas dans une relation pour ensuite trouver une solution. Elle estime que la situation des couples à Maurice n’est pas dans le rouge, mais cela pourrait être meilleur. Néanmoins, elle relate qu’il y a plusieurs problèmes auxquels font face les couples mauriciens. Tout d’abord, un grand nombre de Mauriciens se marient, mais la plupart ne disposent suffisamment pas d’informations sur ce qui les attend. Leur relation manque une sorte de structure. « Même en tant qu’adultes, certains ne savent pas comment définir des limites, communiquer efficacement et résoudre des conflits. Ce sont des compétences qui peuvent être apprises et qui peuvent résoudre de nombreux problèmes », ajoute-t-elle.

Les croyances et les traditions culturelles sont aussi la source de nombreux problèmes. « Les croyances et les traditions culturelles ne sont pas nécessairement mauvaises. En fait, ils sont nécessaires, car ils aident à former la structure et la fondation de nos familles et de notre société. Cependant, certaines croyances et traditions culturelles contiennent des aspects qui entretiennent et favorisent les inégalités, les préjugés et l’oppression », laisse entendre Wardah-Nazeer-Alshaib.

Notre interlocutrice explique aussi que l’infidélité contribue à détruire les couples.

« Je parle avec beaucoup de couples et vous serez surpris de découvrir à quel point l’infidélité est commune, même au sein de la communauté musulmane », lance-t-elle.

Les autres facteurs qui mènent à la dérive des couples, selon le Life Coach, sont l’ingérence de la famille lorsque cela n’est pas nécessaire ainsi que les attentes irréalistes qui posent également de nombreux problèmes, notamment l’insatisfaction.

Comment gérer la situation ?

Si la situation est compliquée, il est temps d’y remédier. Le Life Coach explique que nous devons encourager les gens à rechercher des connaissances et à acquérir certaines des compétences nécessaires. « Cependant, lorsque nous nous marions, nous ne sommes pas simplement mariés à une personne. Nous rejoignons une famille et il y a différentes personnes impliquées. Donc, chacun doit savoir comment jouer son rôle. Les autres membres de la famille doivent soutenir et guider, mais ne jamais intervenir lorsque cela n’est pas nécessaire. Il faut permettre au couple de prendre ses propres décisions », souligne-t-elle.

Selon elle, l’éducation joue un grand rôle. « Quand un enfant grandira, il se comportera comme ses parents. Par exemple, si un enfant a vu son père se comporter violamment envers sa mère, il va considérer cet acte comme normal et pourrait faire de même ultérieurement. Il est donc important de donner de bons exemples », fait-elle ressortir.

En outre, elle estime que nous devrions également comprendre que nous vivons avec un être humain qui a ses imperfections et que nous ne devrions pas avoir d’attentes irréalistes.

Les chiffres

Les derniers chiffres démontrent que le nombre de mariages à Maurice est passé de 9 586 en 2017 à 9 834 en 2018. Le taux de divorce pour 1 000 habitants en milieu d’année est passé de 1,4 en 1993 à 3,2 en 2017. Sur les 1996 divorces prononcés par la Cour suprême en 2017, 44% des femmes étaient  les demandeuses. Une analyse des statistiques de divorce par année de mariage indique que les couples étaient plus enclins à divorcer dans les 3 à 10 ans qui suivent le mariage. Environ un tiers des couples qui ont divorcé en 2017 n’avaient pas d’enfants, tandis qu’un peu plus de la moitié d’entre eux avaient un ou deux enfants. Il y avait 38 couples avec 4 enfants ou plus.

L’autonomisation des femmes

Pour une meilleure société, l’autonomisation de la femme est extrêmement importante. Wardah-Nazeer-Alshaib souligne le fait que les femmes de notre communauté sont toujours confrontées à de nombreux problèmes. « Nous vivons toujours dans une société patriarcale, mais en même temps on attend trop des femmes. Ces dernières sont censées être des filles parfaites, des épouses parfaites, des mères parfaites, des employées parfaites, ce qui met beaucoup de pression sur les femmes», lance-t-elle.

D’ailleurs, elle relate que la plupart des entreprises à Maurice n’offrent pas d’options flexibles aux mères. « Il est difficile pour les femmes qui ont des enfants de travailler. Par contre, si elles bénéficient de flexibilité, elles pourraient faire mieux », dit-elle.

Concernant les femmes musulmanes, elle soutient que certains hommes déforment les enseignements de l’Islam quand cela les arrange. « L’islam est une belle religion qui enseigne l’égalité, la justice et l’amour. Mais il y a certains hommes qui déforment ces enseignements quand cela les arrange. Toutefois, j’ai bon espoir  – et je crois – que les choses changent progressivement », dit-elle.

Selon elle, il faut avoir davantage de femmes à des postes de responsabilité à Maurice. « Nous avons besoin de plus de femmes dans différents domaines. Il y en a déjà beaucoup qui sont instruites et talentueuses. Cependant, elles doivent se mettre davantage en avant pour les autres femmes. Il faut des femmes prédicantes et des conseillères également», ajoute-t-elle.

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