mardi , 23 juillet 2019
Accueil / People / La communauté kokni perd deux centenaires : Hossen Ibrahim (102 ans) et Abdullakhan Rossenkhan (101 ans) décèdent à un jour d’intervalle
Hossen Ibrahim, 102 ans et Abdullahkhan Rossenkhan, 101 ans
Hossen Ibrahim, 102 ans et Abdullahkhan Rossenkhan, 101 ans

La communauté kokni perd deux centenaires : Hossen Ibrahim (102 ans) et Abdullakhan Rossenkhan (101 ans) décèdent à un jour d’intervalle

La société Cockney Hidayatool Islam pleure deux de ses membres les plus âgés. En effet, Hossen Ibrahim, 102 ans, est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi, tandis qu’Abdullahkhan Rossenkhan, 101 ans, est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi à Beau-Bassin. Les deux centenaires étaient le symbole vivant des koknis.

Né le 2 février 1917  à Kokan, Hossen Ibrahim est venu à Maurice très jeune et a travaillé durant des années dans le port comme lamaneur. Chargé de l’amarrage des navires, il était, malgré sa petite taille, fort comme un chêne et travaillait même à la tombée de la nuit  à la lueur d’une torche. Dada Hossen, malgré son âge très avancé, fréquentait assidument la mosquée. Chose incroyable, passé l’âge de cent ans, il se rendait chaque jour dans la capitale par autobus et rentrait tard en fin d’après-midi.

Les vendredis, dada Hossen se rendait seul à Curepipe par autobus pour accomplir le namaz jummah et faisait ses courses avant de rentrer à la maison. Il avait une santé de fer et ne souffrait d’aucune maladie grave. Sa belle-fille, Zahida Ibrahim, qui s’occupait de lui, nous avait raconté que dada se rendait à la musjid à trois heures du matin pour accomplir  le namaz tahajud et attendait l’arrivée des premiers mussalis pour le namaz Fajr. Il fut le premier à Pailles à accomplir l’ittekaaf durant 1 mois seul à la mosquée.

Dada Abdullahkhan Rossenkhan était lui une figure incontournable à Beau-Bassin. Il était impliqué dans l’éducation islamique  de plusieurs centaines d’enfants dont ceux des familles Moollan et Uteem entre autres. Il a travaillé à la Muslim High School et a formé de générations d’enfants dans l’apprentissage de la lecture du Coran avec la bonne prononciation. Très strict, dada Rossenkhan était craint par ses élèves et tout le monde le respectait pour sa grande sagesse. Après avoir travaillé pendant une quarantaine d’années comme enseignant, il s’était consacré après sa retraite à l’éducation des enfants à la madrassa de Beau-Bassin. Il a officié comme imam à la mosquée de Mare-Gravier et y accomplissait le Jummah chaque vendredi.

Malgré le poids de l’âge et ses problèmes de santé, dada Rossenkhan ne manquait jamais de se rendre à la mosquée à mobylette pour donner l’azaan chaque matin et ce jusqu’à l’âge de 99 ans Chez lui à Beau-Bassin, à l’aide d’une loupe, il faisait la lecture du Coran. Il possède une large collection de livres de hadiths et il se faisait une joie de les montrer à ses invités.

Au mois de novembre 2018, la société Cockney Hidayetool Islam avait invité les deux centenaires à assister au 90ème anniversaire d’existence de la société kokni et  pour les honorer, un cadeau  fut remis à chacun d’eux. Abdullahkhan avait assisté à la cérémonie tandis que Hossen Ibrahim s’était fait excuser pour cause de maladie.  Dans la salle, tout le monde avaient serré la main à dada Rossenkhan et immortalisé en photos ces moments.

Shameem Abdullahkhan, président de la société, se dit attristé par le décès de ces deux piliers de la communauté des koknis. Pour lui, les deux centenaires  laissent derrière eux une œuvre monumentale d’humanisme et de grande piété. Au nom de la société, le  président présente ses plus vives sympathies aux familles Ibrahim et  Rossenkhan, en particulier à leurs enfants.

« Nous nous souviendrons de dada Hossen et de dada Abdullahkhan  comme deux grands hommes qui ont œuvré jusqu’à leur dernier souffle pour garder intacts les principes des koknis. Les membres de la société kokni sont très affligés par leur disparition », ajoute-t-il. « Devenir centenaire fait rêver. Mais, même si l’extrême longévité est souvent synonyme de bonne santé, elle est aussi reliée à une extrême fragilité. Les membres se rendront chez les deux familles pour présenter leurs sympathies », laisse-t-il entendre.

Commentaires

A propos de Rahim Murtuza

Ceci peut vous intéresser

Leila Aljanabi

Leila Aljanabi : la restauratrice palestinienne du Caudan Waterfront

Leila  Aljanabi, d’origine palestinienne, est née au Brésil  et vit à Maurice depuis 20 ans …