vendredi , 21 juillet 2017
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Tisha shamloll et Raouf Gulbul
Tisha shamloll et Raouf Gulbul

Commission d’enquête sur la drogue – Raouf Gulbul dans l’œil du cyclone : «J’ai la conscience claire»

La commission d’enquête sur la drogue semble tourner au vinaigre pour Me Raouf Gulbul, président de la Gambling Regulatory Authority (GRA) et de la Law Reform Commission. La famille Jeeva, le condamné Bottesoie et l’avocate Tisha Shamloll ont fait de graves allégations contre lui. Sa convocation devant la Commission Lam Shang Leen sera cruciale.

Dans un entretien à STAR, Me Raouf Gulbul assure qu’il a la conscience claire et botte en touche toutes les allégations faites à son égard . « Je pratique le droit voici trente-quatre ans et vous pouvez contacter mes clients qui sont par centaines et personne ne viendra dire que j’ai agi contre l’éthique de la profession », laisse-t-il entendre. Me Gulbul dit avoir comparu devant plusieurs juges et magistrats et il n’y a jamais eu de critiques émises à son égard et il n’a jamais été convoqué par le Bar Council pour entorse à la profession. « J’ai défendu des gens accusés d’offenses graves et ils ont fait appel à mes services d’avocat. Mes relations avec ces gens-là ont toujours été des relations strictement professionnelles », soutient-il.

Me Gulbul fait ressortir que c’est un faux débat que d’associer les avocats avec les clients  qu’ils défendent en cour. « Si un avocat défend des accusés dans plusieurs cas d’assassinat, faut-il dire alors qu’il est un assassin? Tout comme un avocat qui défend les trafiquants, faut-il dire qu’il est trafiquant? », dit-il encore. Il se demande aussi si un médecin a le droit de refuser de sauver la vie d’une personne en danger de mort. «Eski ene médecin gagne droit refuse traite ene prostituée»?, se demande-t-il aussi. Me Gulbul dit que dans toute sa carrière d’avocat, il a défendu des personnes de toutes les couches sociales et pas seulement les parrains de la drogue.

Me Gulbul se défend quand on lui dit qu’il n’y  pas de fumée sans feu. « S’il y a  des preuves, qu’on les apporte ». Il dit avoir défendu des centaines de clients.

« Pourquoi seulement les noms de deux personnes sont cités après tant d’années ?», lance-t-il. « Quand un avocat prête serment pour exercer au barreau, il le fait «Without fear and favour».Dans mon cas, j’ai prêté serment en deux occasions. La première fois au barreau de l’Angleterre et du pays des Galles et la deuxième fois devant les juges de la cour suprême ici », rappelle-t-il.

Me Gulbul fait ressortir que tout accusé a droit à un avocat. « Saddam Hussein a eu droit à un avocat pour le défendre, tout comme ces personnes accusées  de crimes de guerre », souligne avant d’ajouter : « Ce sera un jour triste à Maurice quand les avocats refuseront de plaider en cour les affaires où les accusés sont poursuivis pour des délits graves car ils auront peur d’être associés à des bandits ».

À la question de savoir  s’il arrive à supporter le poids des allégations,  Me Gulbul affirme être très serein. Il revient en arrière dans le passé pour nous parler de l’affaire Cehl Meeah. « Tous avocats ti refuse defanne Cehl Meeah sauf mo tout seul », dit-il.  Me Gulbul dit qu’il a pu défendre Cehl Meeah seul et contre tous en dépit de l’atmosphère qui régnait à l’époque, surtout l’hostilité contre l’escadron de la mort. « Cela en dit très long sur cette présente affaire. Moi j’ai la conscience claire », ajoute l’avocat.

Il évoque aussi l’attentat de Mumbai. « Banne avocat ki ti défanne banne terroristes de Mumbai, eski zotte ti refuse défanne banne accusés de peur ki zotte nom associé avec  terrorisme », martèle-t-il.

Me Gulbul dit ne pas choisir ses clients pour les défendre en cour. Il récuse la thèse qu’un avocat qui défend un trafiquant en cour est considéré dans le public comme son protecteur. « C’est faux. L’avocat au criminel doit-il défendre les gens qui n’ont aucun «case» ou bien doit-il défendre les gens qui ont commis un délit moins grave? », poursuit-il.

Me Gulbul n’est pas d’accord que les avocats qui défendent les trafiquants de facto reçoivent de l’argent sale comme honoraires. « Ce n’est pas vrai. Plusieurs avocats défendent des trafiquants de drogue. Est-ce que tous les avocats qui défendent les trafiquants au pénal sont-ils rémunérés avec de l’argent sale? Il arrivera un jour où on accusera un magistrat ou un juge qui a acquitté  une personne pour trafic de drogue. Je pose la question: Est ce que ce magistrat ou ce juge protège le trafic de la drogue? », dit-il.

Abordant les allégations faites contre lui par Me Tisha Shamloll, Me Raouf Gulbul demande le droit de la contre-interroger devant la commission d’enquête sur la drogue. « La vérité éclatera alors ». promet-il.

Tisha Shamloll incrimine Raouf Gulbul

L’avocate Tisha Shamloll a fait de sérieuses révélations mercredi devant la Commission d’enquête sur la drogue présidée par l’ex juge Paul Lam Shang Leen . Elle a affirmé avoir travaillé comme «Junior» pour le Senior Counsel, Raouf Gulbul. Elle a également parlé des liens entre Sada Curpen et celui-ci. Tisha Shamloll a indiqué avoir travaillé dans différentes affaires avec Raouf Gulbul.

La jeune avocate, qui a prêté serment en 2013, a été interrogée en premier lieu sur les multiples appels téléphoniques qu’elle a échangés avec des détenus. Paul Lam Shang Leen voulait connaître les liens entre les détenus et elle. Elle a confirmé la conversation avec les détenus à la demande de Raouf Gulbul.

Une autre révélation concerne la rencontre avec un ancien trafiquant de drogue, Faizal Hussein, qui a été condamné à 26 ans de prison. Tisha Shamloll avait en trois occasions crédité le compte du prisonnier. « C’est Raouf Gulbul qui m’a donné de l’argent. Il m’a remis Rs 5.000 pour déposer sur le compte de Faizal Hussein en prison. C’était en présence de Sada Curpen, » a-t-elle déclaré. Elle a également confié que Faizal Hussein l’avait appelée pour des problèmes administratifs à la prison et que Raouf Gulbul lui a demandé de s’occuper de ces problèmes mineurs.

En ce qui concerne ses liens avec Peroomal Veeren, elle révèle qu’elle connaissait ce dernier depuis lfévrier dernier après que celui-ci l’ait appelé d’une cabine téléphonique de la prison. Après avoir consulté Raouf Gulbul, elle a décidé de rencontrer Peroomal Veeren. Lorsqu’elle a été interrogée au sujet du paiement qu’elle a reçu, elle a répondu : « sa sœur m’a donné une somme de Rs 25 000 et un homme qui s’est présenté comme son frère m’a remis Rs 15 000 en deux fois. »

La partie finale de l’audition était axée sur la relation entre Tisha Shamloll et Raouf Gulbul, le financement de la campagne électorale de celui-ci et les voyages à l’étranger. Au cours de la dernière partie, l’avocate a révélé qu’à des fins professionnelles, elle est allée à la Réunion en 2013 avec Raouf Gulbul et Noor Hussenee. Elle n’a pas donné beaucoup de détails. En outre, lorsqu’elle a été interrogée sur le financement électoral, elle a confirmé avoir travaillé pour la dernière campagne électorale, mais a gardé le silence sur les sources de financement. Elle a dit qu’elle parlerait à huis-clos.

Nafissah Fakun

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