vendredi , 23 juin 2017
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Comment s’annonce 2017 ?

Des changements et des projets phares sont très attendus en 2017. Après le départ du PMSD, reste à voir si le gouvernement MSM-ML parviendra à réaliser ses projets pour booster l’économie du pays. Si des spécialistes dans différents domaines croient en leur capacité de mener leur barque à bon port, d’autres préfèrent attendre.

Subheer Ramnoruth, du secteur informatique : « Il faut s’attendre à plus d’invasions de machines intelligentes »

Selon ce jeune professionnel en informatique, la population mauricienne a été principalement exposée à des systèmes informatiques qui exécutent des instructions prédéfinies. Il indique cependant qu’il y a eu récemment l’émergence de systèmes informatiques qui apprennent et s’adaptent à l’environnement chan-geant. Mais puisque ces applications ont été assez limitées, il faudra attendre le développement de cette tendance en 2017. « Alimentés par de grands ensembles de données pour faire fonctionner leurs algorithmes, les systèmes informatiques «artificiellement intelligents» pourront apprendre de leur environnement, s’adapter aux circonstances changeantes et fonctionner en autonomie. Ainsi, en 2017, nous pouvons nous attendre à voir plus d’invasions de machines «intelligentes» dans notre paysage », dit-il.

Par ailleurs, il fait ressortir que l’industrie automobile a également exploité cette technologie et continuera de le faire en 2017 pour faire de la voiture à conduite autonome (par exemple) une réalité pratique. En plus, les drones automatisés peuvent être plus fréquents dans notre environnement. Il précise que les applications en 2017 contiendront de plus en plus d’AI. « Le domaine de la conception graphique va à son tour expérimenter un passage progressif de la réalité virtuelle à la réalité augmentée. Par exemple, un logiciel qui permet aux ingénieurs de voir des fils virtuels à travers un mur de vie réelle sur le chantier de construction sera plus accessible sur le marché », avance l’informaticien.

2017 sera également l’occasion de voir un nouveau modèle révolutionnaire de l’ordinateur portable. L’ordinateur portable de 2017 sera plus comme un mélange d’une tablette écran tactile avec le clavier amovible. Subheer Ramnoruth avance qu’il semble plus probable que 2017 sera également l’année pour la technologie Bitcoin et Blockchain. « Le futur cyber, crypto ou monnaie virtuelle que beaucoup ont prédit sera une révolution encore plus grande que l’Internet », estime-t-il.

« N’importe qui dans l’industrie de la technologie sait que faire des prédictions sur le court terme de l’avenir de la technologie, même un an, est un exercice futile. Les surprises peuvent provenir d’un certain nombre de directions différentes, et les développements annoncés rarement comme ils sont destinés. Maurice ne sera pas affecté par ces changements et être constamment branché pour rester au contact de l’évolution. Plus tôt nous adoptons la nouvelle tendance stratégique de l’informatique, mieux ce sera, tant pour le secteur privé que pour le secteur public », affirme-t-il.

Sen Ramsamy, du secteur du tourisme : « Des défis à relever »

Sen Ramsamy, Managing Director à la Tourism Business Intelligence, fait ressortir que l’année 2017 s’annonce très « challenging » pour le secteur du tourisme. Selon lui, il y a de gros efforts à faire dans ce secteur. « À Maurice, nous avons tendance à évaluer le succès en termes d’arrivées touristiques. Or, le succès doit se mesurer en termes de revenus et de dépenses touristiques, par la création d’emplois dans ce secteur et surtout par la création de la valeur ajoutée. Certes, nous avons atteint un record en ce qu’il s’agit des arrivées touristiques, mais nous aurons pu mieux faire », affirme Sen Ramsamy. Le directeur de la Tourism Business Intelligence avance que Maurice doit se concentrer davantage sur l’offre touristique plutôt que sur les hôtels uniquement. « Il faut que les touristes puissent dépenser ailleurs que sur les hôtels seulement, notamment dans les magasins, dans les restaurants, des organisateurs de loisirs, entre autres. Parallèlement, je dirai que les chauffeurs de taxis, boutiques, magasins, parcs d’attraction, restaurants, entre autres doivent savoir attirer les touristes. C’est de cette manière que nous pourrons augmenter nos revenus touristiques», dit-il.

Sen Ramsamy soutient que nous devons également nous concentrer sur la sécurité des touristes en 2017, comme sur la formation du personnel des hôtels. « C’est un must. Il faut professionnaliser le personnel en vue d’attirer plus de touristes si on veut être une destination prisée », affirme notre interlocuteur. Sen Ramsamy fait également ressortir qu’il y a un travail à faire au niveau des municipalités et des conseils de district et de village également. « Il faut pouvoir attirer des touristes dans les villes tout comme dans les villages. Les conseils de village doivent établir des programmes pour des touristes », avance-t-il. Enfin, il précise que Maurice est connu pour un manque d’hygiène dans ses restaurants. En 2017, selon lui, il faut revoir le fonctionnement des restaurants, en ajoutant qu’avec de la bonne volonté, ce sera possible.

Faizal Jeerooburkhan, du secteur de l’éducation : « Des changements que dans le primaire »

Le pédagogue, Faizal Jeerooburkhan, avance qu’il y aura des changements majeurs dans le secteur de l’éducation en 2017, plus particulièrement en primaire, avec l’entrée en vigueur du projet Nine-Year Schooling. « Il n’y aura pas de grands changements en pré-primaire. Pourtant, c’est le secteur le plus sensible et essentiel pour le développement de l’enfant. C’est à ce stade que l’enfant est pris en charge et formé pour assurer son développement », regrette-t-il.

En ce qui concerne le primaire, Faizal Jeerooburkhan avance qu’il prévoit quelques remous en 2017 avec la mise en place du Primary School Achievement Certificate (PSAC). « C’est un changement dans l’évaluation des élèves et les remous seront provoqués par des parents, vu que le programme est tout nouveau. Je crains fort qu’il y ait des remous autour du changement de curriculum également », précise le pédagogue. Par ailleurs, il souligne que le mode d’admission dans les collèges sera différent en 2017. « C’est un grand changement à noter. Les parents devront s’adapter aux nouvelles procédures et n’ont d’autre choix que d’aller dans cette direction. Néanmoins, 2017 sera marquée par les tiraillements des parents et élèves pour décrocher les meilleures écoles en 2018 », dit-il.

En ce qui concerne le secon-daire, Faizal Jeerooburkhan se dit plus ou moins serein. « En 2017, nous ne témoignerons pas de grand changement. Les changements arriveront plutôt en 2018. Le seul problème que je vois en 2017 est la PSSA qui est en train de prendre des décisions sans consulter les syndicalistes. En général, l’année 2017 sera plus ou moins correcte, mais elle est très importante puisque c’est la dernière année où les étudiants profiteront de l’ancien système d’éducation », conclut-il.

Osman Badat, du secteur PME : « La mesure clé de 2016 était l’élaboration d’un ’10-year Strategic Plan’ »

Osman Badat, CEO de Baines Trust and Corporate Services Ltd, explique qu’à pareille époque chaque année, tout le monde est très optimiste que le nouvel an va être bénéfique au secteur des petites et moyennes entreprises (PME). « Comme chaque année, un certain nombre de mesures intéressantes ont été mises en oeuvre dans le budget 2016 pour le secteur des PME dont l’impact va perdurer dans les années à venir. La mesure phare du budget 2016 était le ‘tax holiday’ pour certains secteurs d’activités et l’exemption de certaines charges dont les ‘trade fees’ pour une durée déterminée. Mais à mon avis, la mesure clé de 2016 était l’élaboration d’un ‘10 year strategic plan’ pour le secteur des PME », fait-il ressortir.

Et d’ajouter que tous les acteurs concernés attendent avec impatience la mise en oeuvre des recommandations de ce plan stratégique. Osman Badat souligne que l’objectif de promouvoir le secteur des PME c’est créer l’emploi et attirer l’investissement avec comme résultat finale l’amélioration de la croissance. Ce qui manque, cependant, c’est un fil conducteur. « Je vous donne un exemple. Si la vision c’est de faire de Maurice une nation d’entrepreneurs, le travail aurait dû commencer plusieurs années de cela avec l’introduction d’une matière comme l’entrepreneuriat au niveau du cursus scolaire. Autre impératif : c’est faire la différence entre les petites entreprises et les micros entreprises », dit-il. Osman Badat soutient également qu’il faut différencier entre les PME qui n’ont pas de grandes ambitions et les PME qui voient grand et qui ont l’expertise et les produits qui peuvent assurer un développement durable. « Espérons qu’on a tenu compte de tout cela dans le plan stratégique pour aider à mieux gérer le dossier des PME à l’avenir », laisse-t-il entendre.

Pramod Jaddoo, économiste : « Une année très positive en vue »

Selon l’économiste Pramod Jaddoo, le domaine de la construction sera relancé en 2017. Ceci dit, il prévoit la création d’emplois productifs. « C’est un grand changement positif. L’ouverture des chantiers sera primordiale pour l’année 2017. Nous avons déjà des secteurs productifs, comme le tourisme, l’agriculture, la pêche, le port (avec sa modernisation). En 2017, la construction s’ajoutera à la liste. Ce sont des projets qui vont faire bouger l’économie de Maurice. D’ailleurs, nous avons vu que le secteur privé participe pleinement à la réalisation de plusieurs projets », fait-il ressortir. Pramod Jaddoo prévoit également une stabilité dans le pays. « Il n’y aura pas de crise même si le PMSD se retrouve dans l’Opposition. Ce changement n’affectera pas le pays car les projets vont se réaliser », dit-il. L’économiste souligne qu’initialement le départ du PMSD a certes eu un effet psychologique mais les conséquences ne s’annoncent pas trop graves. Il évoque la création d’emplois pour des jeunes diplômés qui sont au chômage. « Le gouvernement est forcé à réaliser tous ses projets s’il souhaite que la population ne soit pas déçue. Il a d’ailleurs encore trois ans. En 2018, d’autres projets vont venir. Mais je dirai qu’il faudra que le gouvernement accélère les choses pour booster l’économie de notre pays », ajoute-t-il.

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