vendredi , 18 août 2017
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Le combat de Rehana en Belgique contre le racisme et le terrorisme

Rehana Rymanbee, une Maurienne établie en Belgique depuis 24 ans, est connue pour son combat contre le racisme et le terrorisme à travers la Communication Non Violente (CNV) et sa thérapie brève.Rehana Rymanbee est connue pour ses combats contre le racisme en Belgique, surtout à Bruxelles. « Être raciste, c’est de déconstruire la croyance sur l’autre. J’interviens dans plusieurs écoles à Bruxelles et j’essaie d’éliminer le racisme à travers des activités. Le racisme existe bel et bien en Europe », affirme Rehana. Et d’ajouter qu’elle utilise l’outil de Communication Non Violente (CNV) pour combattre le racisme à Bruxelles. Elle présente également des émissions spéciales à la radio et à la télé pour dénoncer les actes racistes et terroristes. « Je suis très mal aimée en Europe pour ce que je fais et ce que je dis sur les ondes de la radio et à la télé, mais au fond de moi, je sais que je fais un bon travail et je n’ai peur de personne », souligne-t-elle.

Parallèlement, la Mauriciano-Belge mène une lutte sans relâche contre le terrorisme. Pour elle, les actes terroristes surviennent à l’issue d’un manque de connaissance de son identité et d’une déconnection de la société et de l’humanité. « Afin de combattre le racisme et le terrorisme, il faut que les individus sentent le besoin d’exister et puissent avoir la possibilité de s’exprimer. Quand une personne perd son identité et son appartenance, c’est là qu’elle devient une cible facile pour les groupes terroristes. Or, si un individu reçoit l’encadrement qu’il faut, nous parviendrons à stopper l’agrandissement des groupes terroristes », fait-elle ressortir.

Ses premiers pas dans la CNV

Rehana était femme au foyer. Un jour, alors qu’elle allait quitter son fils à la crèche, elle tombe sur un pamphlet qui parle de la Communication Non Violente (CNV). « C’est une invitation à une formation de trois jours, pour mieux comprendre le concept de la CNV et comment l’appliquer. La CNV est en fait un outil de communication, de savoir-être et de philosophie. Ensuite, j’ai suivi un cours de formation de 20 jours pour entrer dans le parcours de certification. Il fallait envoyer une lettre de motivation pour être admise. Mes deux premières lettres ont été rejetées mais j’étais déterminée. À la troisième lettre, j’ai été acceptée à la formation », relate Rehana.

Notre interlocutrice avance que les formations étaient dures et chères. Sept jours de formation pouvaient coûter jusqu’à Rs 40 000. « Je voulais à tout prix réussir et j’ai persévéré. La CNV permet d’élargir sa capacité de bienveillance, d’apprendre à lâcher prise, d’observer sans juger et d’évaluer, de revenir vers soi, de faire une demande avec en esprit que la personne peut dire non, de comprendre son prochain, entre autres », dit-elle.

Elle lance Larbreveillant

Il y a trois ans, Rehana a fondé une asso­ciation qu’elle a baptisée « Larbreveillant ». Aujourd’hui, cette association est l’une des plus importantes à Bruxelles. « Nous avons lancé un programme dans les écoles en Belgique pour enseigner aux enfants la ges­tion positive des conflits », dit-elle. L’objectif principal de Larbreveillant, selon Rehana, est de promouvoir une meilleure communica­tion entre les personnes de différentes com­munautés. « Nous avons tous appris à parler mais pas à communiquer. La communication demande beaucoup de subtilité. Similaire­ment, nous pouvons être très éduqués mais nous ne possédons pas le tact de parler », fait-elle ressortir.

La thérapie brève

Rehana reçoit également des personnes à problèmes pour les aider à surmonter les difficultés de la vie. Elle pratique la thérapie brève. Selon elle, un individu peut aller chez un psychologue régulièrement mais ne trou­vera jamais de solution à ses problèmes. Or, grâce à la thérapie brève, les individus peu­vent se sentir mieux au bout de cinq ou six sessions.

Rehana parle des cinq blessures de l’enfance, généralement entre l’âge de 0 à 7 ans, c’est-à-dire en état de fitra (nature). Les cinq blessures de l’enfance qui peuvent se réveiller à l’âge adulte sont la trahison, l’abandon, l’humiliation, l’injustice et le rejet. La thérapie brève se résume à la guérison de ces cinq blessures, qui peuvent souvent avoir des effets peu néfastes ou très néfastes.

L’Université de Paix

Assoiffée de connaissance et en quête de plus d’expérience, Rehana atterrit à l’Université de Paix. Elle y suit une forma­tion en gestion des conflits des enfants. « Un jour, j’ai été appelée à animer une conférence dans une université pour les in­firmières. Le thème était la violence à l’école. Or, j’ai présenté quelque chose sur « com­ment créer un espace de bienveillance ». La conférence a connu un franc succès et l’Université de Paix m’a demandé de rester et de travailler avec eux après ma forma­tion. Depuis, j’anime des conférences et des sessions de travail un peu partout à travers monde », dit-elle.

Deux conférences à Maurice

Actuellement à Maurice, elle animera deux conférences, les 6 et 13 août prochains, en collaboration avec la Century Welfare Association. Elle se donne pour mission première d’introduire la CNV à Maurice.

Mieux connaître Rehana…

Rehana est née et a grandi à Port-Louis. Elle est la deuxième fille du défunt Younous Rymanbee et de la défunte Farida Kausmally. « Mon père a toujours été ma source d’inspiration. Il travaillait à l’hôtel Bismillah à Plaine Verte. Il était l’un des meilleurs employés et à ce jour, son patron fait toujours ses éloges. Ma mère s’en est allée alors que j’avais à peine 11 ans », affirme Rehana. À l’âge de 16 ans, elle fait la connaissance d’un Belge qui était en vacances à Maurice. Rehana l’épouse et s’établit en Belgique. Elle devient mère de deux enfants. À l’âge de 22 ans, Rehana se sépare de son époux et part vivre à Bruxelles avec ses deux fils, aujourd’hui âgés de 16 et 18 ans respectivement. Là, elle fait la rencontre d’un Marocain. « Nous nous sommes mariés et j’ai mis au monde une fille et un garçon, aujourd’hui âgés de 7 ans et 9 ans respectivement. Depuis, je vis à Bruxelles », dit-elle.

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