samedi , 20 juillet 2019
Accueil / Actualités / Climat de frayeur dans le Sud : les musulmans appellent à la cohabitation sociale
climat de frayeur dans le Sud

Climat de frayeur dans le Sud : les musulmans appellent à la cohabitation sociale

Une foule estimée à des centaines de personnes au Bait-Ul-Maal de Rose-Belle, le vendredi 30 novembre 2018, a répondu présent à l’invitation du Mouvement Musulman du Sud (MMS).

Plusieurs intervenants ont pris la parole pour dénoncer les agissements du gang du sud et fustiger l’inaction de la police face aux nombreuses attaques des membres encagoulés de ce gang. Pour rappel, à plusieurs reprises, ses membres ont saccagé des maisons et lapidé des mosquées dans le sud du pays. Tous les intervenants ont unanimement condamné les actes perpétrés tout en appelant au calme pour préserver la cohabitation pacifique entre les différentes composantes de notre société.

Riad Huleemuth, qui a présidé le rassemblement, a d’emblée fait ressortir que la sécurité des musulmans dans la région est menacée. Il a insisté sur la solidarité des musulmans dans le sud. Dans la foulée, il a demandé pourquoi les dispositions de la Prevention Of Terrorism Act (POTA) ne sont pas appliquées contre les membres du gang du sud dont certains ont été arrêtés dans le sillage de plusieurs incidents dans le sud et ce, depuis 2013.

Organisation apolitique

Raffick Nabeemohamed a expliqué l’objectif de ce rassemblement. Il a fait ressortir que le Mouvement Musulman du Sud est apolitique. Selon lui,  les membres des minorités ethniques du sud sont victimes des frasques du gang. « Ou présence li important ce soir parski ena l’injustice pe traversé », a martelé l’orateur.

Pour l’imam Noorul Auckloo de la mosquée de Gros-Billot, les évènements du sud ne sont pas le fruit du hasard. Car, selon ses informations, c’est un problème qui aurait des ramifications internationales. « Nous bizin ena confiance dans Allah seulement », devait-il dire. Il a demandé à l’auditoire de ne pas faire confiance aux politiciens  car on ne peut compter sur l’aide d’aucun politicien.

Paix et tolérance

Pour sa part, Junaid Al Khalifa, très en verve, n’a pas manqué de condamner les agissements des membres du gang du sud qui tentent de paralyser le pays. Il a rappelé que notre religion nous enseigne la paix et la tolérance, mais que les habitants vivent dans une situation d’hostilité jour après  jour dans le sud du pays. Il a déclaré que l’harmonie interreligieuse n’a plus cours dans le sud. « Un gang patenté sème la terreur depuis 2013 et 5 ans après, la police n’a pas encore trouvé les coupables. Ki-sanela pe proteze zotte et ki politicien derrière zotte ? » a lancé l’orateur.
Pour lui, c’est inacceptable que ce gang  saccage des kalimayes  musjids et les maisons des pauvres gens. « Sont-ils des intouchables ?» Il demande où en est l’enquête sur les actes de vandalisme sur quatre mosquées et les tirs de carabine sur l’ambassade de France en 2017.

« Nous ena ène dévoir pou coze la vérité et pas prend nous pou bête », dit-il Il est d’avis que des politiciens pyromanes sont derrière les manœuvres du gang du sud. « Nous sommes dans un état de droit et personne n’a le droit de prendre la loi entre ses mains ni agresser une autre personne », tient-il à souligner.

De son côté, le maulana Hussein Luckheea a exprimé ses craintes quant à une détérioration de ce problème de nature très sensible. Il a révélé que le Sunni Ulema Council a envoyé une lettre au Premier ministre, Pravind Jugnauth, pour le mettre au courant des  manigances du gang du sud et de l’indifférence de la police. Il a réclamé que les dispositions de la POTA soient appliquées contre ceux qui attaquent les lieux de culte. Pour conclure, il a demandé au Premier ministre d’assumer ses responsabilités.

Pressions

Le président du Mouvement Musulman du Sud (MMS), le maulana Shameem Khodadin, a expliqué que le MMS est un regroupement de plusieurs associations du sud . « Éna pas pe gagne sommeil et zotte conner nous éna bon l’intention », dit-il.

Il a révélé qu’il a subi des pressions durant toute la semaine pour ne pas aller de l’avant avec le rassemblement. « Mo la vie ek mo la mort trouve dans la main Allah », dit-il . Il a déclaré que beaucoup de musulmans souffrent alors que les coupables restent impunis et même les menaces sur les réseaux sociaux ne sont pas sanctionnées. Le président du MMS se demande s’il existe deux types de lois à Maurice. Il cite en exemple, les coups de feu sur l’ambassade de France où les dispositions de la POTA n’ont pas été appliquées malgré le fait que la police connaît l’identité du tireur.

« Par contre, quand il s’agissait du soi-disant problème d’appel à la prière, le regretté maulana Jameel Chooramun avait été poursuivi sous la loi POTA», dit-il. Il a réclamé que la loi soit appliquée et que tout le monde ait le droit de vivre dans la tranquillité.

Des vitres du Bait-Ul-Maal volent en éclats

Tout s’est bien déroulé et les habitants du sud sont rentrés à la maison dans la nuit de vendredi à samedi. Toutefois, tard dans la nuit,  des énergumènes ont saccagé le bâtiment abritant le Bait-Ul-Maal où s’est tenu le rassemblement organisé par le Mouvement Musulman du Sud (MMS). Les orateurs avaient tiré à boulets rouges sur les membres du gang du sud. Selon nos informations, des vitres ont volé en éclats et des pierres ont été lancés sur le bâtiment. Ce n’est que le lendemain matin que les dirigeants de la société ont constaté les dégâts. Une déposition à été consignée au poste de police de Rose-Belle. Cet énième acte de provocation vient envenimer une situation déjà tendue. Les membres du Mouvement Musulman du Sud (MMS) lancent un appel au calme et laissent le soin à la police de trouver le(s) coupable(s).

Tête-à-tête avec le PM

Le maulana Khodadin a également parlé de son tête-à-tête avec le Premier ministre. Ce dernier a promis qu’il fera le nécessaire pour que le dossier soit transféré au Central CID. « Je  ferai tout pour empêcher qu’une bagarre n’éclate dans le sud », a-t-il conclu. Les oulémas ne resteront pas les bras croisés devant les agissements du gang du sud. Ils ont  demandé au Premier ministre et au ministre mentor de prendre leurs responsabilités. Enfin, le maulana Shameem Khodadin a demandé à la police d’émettre un communiqué pour faire savoir qu’aucun musulman n’est impliqué dans la destruction des kalimayes. Il a fait un appel au calme et a demandé  à ceux présents de ne pas répondre aux provocations. « Nous  voulons vivre dans la paix, la tranquillité et l’harmonie sociale ».

Commentaires

A propos de Rahim Murtuza

Ceci peut vous intéresser

Salsabil

Zanjabeel Co Ltd à GRNO : Salsabil, une marque populaire dans la cuisine mauricienne

Cela fait déjà 24 ans que les épices Salsabil donnent du goût à vos plats …