mardi , 21 mai 2019
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Chenilles légionnaires

Chenilles légionnaires à Maurice : danger ou pas ?

Les chenilles légionnaires ont sévi. 28 champs de maïs ont été légèrement affectés. Dr Ganeshan Seelavarn, Chief Executive Officer de Food and Agricultural Research and Extension Institute (FAREI) avance que la situation est sous contrôle.

Quoiqu’on n’ait pas des réponses précises de la manière dont la chenille est entrée à Maurice, Dr Ganeshan Seelavarn suppose que l’insecte a été transporté par le vent. Il précise que l’insecte peut être transporté jusqu’à 1500 km en deux jours par le vent.

« 40 équipes de techniciens sont sur le terrain afin de limiter les dégâts. On maîtrise la situation, quoiqu’un champ de maïs ait été initialement détruit dans le nord par mesure de précaution. Mais maintenant qu’on voit que cela a affecté plusieurs autres champs de maïs, on a constaté qu’on ne peut l’exterminer mais plutôt à limiter les dégâts », dit-il. Selon le CEO de FAREI, il vaut mieux apprendre à vivre avec l’insecte en le maîtrisant qu’essayer de l’exterminer.

Dr Ganeshan Seelavarn prévient toutefois les planteurs de ne pas utiliser des pesticides en cas de détection mais plutôt de prendre conseil auprès de FAREI pour mieux gérer la situation. « On utilise des produits spécifiques pour les larves et d’autres produits pour les chenilles. Pour cette raison, il est mieux de consulter l’organisme avant d’utiliser les pesticides qui sont néfastes à l’environnement et consommateurs », fait-il ressortir. Pour diminuer l’impact de la propagation de cet insecte, les officiers de FAREI ont lancé un programme de conscientisation pour informer les planteurs. Il leur est conseillé de rester vigilants et d’inspecter leurs champs le plus tôt possible car le dépistage sur le terrain est important et une pulvérisation ponctuelle peut être effectuée en cas de détection précoce.   Autre mesure de précaution : l’installation de 1500 pièges dans les champs pour détecter la présence de l’insecte ravageur.  1000 autres seront installés.  Jusqu’ici aucun champ de légumes ou de cannes n’a été affecté.

Pour plus de renseignements, les planteurs pourraient appeler FAREI sur le 4339350 ou 4339353.

En chiffres

Selon Dr Ganeshan Seelavarn, la culture du  maïs ne se limite qu’à 40 arpents à Maurice.  Pour lui, cela n’aura pas de grande incidence sur la consommation de maïs dans notre pays car  il n’est pas utilisé pour des raisons commerciales. Les Mauriciens se régalent de maïs comme «maïs bouilli». Le maïs que consomment les animaux et les gens sont importés de plusieurs pays, dont la France, l’Italie, l’Inde, le Brésil, l’Ukraine et l’Argentine.  La moyenne de maïs importé par an est de 127 000 tonnes.

Comment détecter les chenilles légionnaires ?

Pour pouvoir détecter la présence de ces chenilles dans le champ, Iqbal Damoo conseille aux planteurs d’observer certains signes qui indiquent sa présence. « La présence d’œufs en masse sur la face inférieure des feuilles, généralement près de la base de la plante, près de la jonction de la feuille et de la tige est une forte indication,», indique ce dernier. D’autre part, les dommages quand les larves se nourrissent de feuilles laissent des taches semi-transparentes comme des fenêtres. Les larves peuvent pénétrer profondément à l’intérieur de la plante, ce qui les rend difficile à détecter. Les larves peuvent causer le plus de dégâts la nuit en se cachant sous les feuilles et en y faisant de grands trous.

Mieux connaître cet insecte ravageur

La chenille légionnaire est un insecte ravageur migrateur, originaire d’Amérique. Il a une capacité de migration rapide et est un puissant voyageur qui peut être transporté jusqu’à 100 km par jour. Selon Iqbal Damoo, Acting Principal Extension Officer, cette chenille peut également affecter la tomate, la pomme de terre, l’oignon et la canne à sucre quoique les champs de maïs demeurent leur cible favorite. «Il s’est propagé dans plusieurs pays d’Afrique et a été intercepté l’année dernière aux Seychelles, à Madagascar, à La Réunion et maintenant à Rodrigues et à Maurice », dit-il. Il précise que la détection précoce de l’insecte est importante. À propos des habitudes de ces larves, Iqbal Damoo explique qu’elles préfèrent manger de jeunes feuilles,  empêchant ainsi le développement de la plante. «Les larves peuvent aussi se cacher sous les débris végétaux. Après 14 jours, les larves pleinement développées tombent sur le sol afin de pouvoir se transformer en pupes », ajoute-t-il.

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