mercredi , 22 mai 2019
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Australien

Carnage dans deux mosquées en Nouvelle-Zélande : l’auteur du carnage conquis par le fascisme

Ancien instructeur de fitness dans l’Australie rurale, Brenton Tarrant, qui se présente comme un «homme blanc ordinaire» issu de la classe ouvrière, semble avoir été gagné par l’idéologie néo-fasciste à l’occasion de pérégrinations multiples en Europe.

Cet Australien de 28 ans a été inculpé, samedi, après l’un des pires crimes jamais perpétrés en Nouvelle-Zélande: le massacre de 49 fidèles dans des mosquées de Christchurch.

Lors de sa brève comparution devant le tribunal de cette ville de l’Île du Sud, il a rapidement fait de la main un des signes de reconnaissance des suprémacistes blancs. Il n’avait vraisemblablement pas de casier judiciaire et n’était sur les radars d’aucun service de renseignement néo-zélandais.

Dans un manifeste de 74 pages truffé de références haineuses publié par le tireur juste avant le début du carnage, il raconte avoir pour la première fois envisagé de commettre une attaque en avril ou mai 2017 alors qu’il voyageait en France et en Europe de l’Ouest.

Il affirme avoir été frappé par «l’invasion» de villes françaises par des immigrés et parle du «désespoir» qu’a suscité chez lui la victoire au second tour de la présidentielle française d’Emmanuel Macron face à la candidate d’extrême droite, Marine Le Pen.

Breivik et Mosley

Cinq armes, dont deux armes semi-automatiques modifiées -vraisemblablement des AR-15- et deux fusils ont servi au carnage de vendredi.

Sur des photos de cet arsenal mises en ligne, apparaissent clairement sur les armes des inscriptions en anglais et dans diverses langues d’Europe de l’Est.

On peut y lire des références à de grandes figures militaires historiques, parmi lesquelles de nombreux Européens ayant combattu les forces ottomanes aux XVe et XVIe siècles. Mais aussi des références aux Croisades.

Dans son manifeste, Brenton Tarrant cite dans le texte différents auteurs d’attaques racistes ou d’ultra-droite, en particulier le Norvégien Anders Behring Breivik qui a tué 77 personnes en juillet 2011. Il affirme avoir eu «un bref contact» avec lui.

Au fil du document, il se proclame «raciste», «fasciste» et affirme qu’Oswald Mosley, fondateur en 1932 de l’Union britannique des fascistes, est «dans l’Histoire la personne la plus proche de mes propres croyances».


Un acte innommable !

49 morts. Hommes, femmes et enfants froidement assassinés, à l’intérieur de 2 mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande, où ils s’étaient rassemblés, vendredi 15 mars, pour accomplir comme à l’accoutumé la prière du Jumu’ah. C’est le bilan de l’attaque terroriste perpétrée par le ressortissant australien, Brenton Harrison Tarrant, qui dans un document long de 73 pages, avoue son crime et explique le pourquoi de cet acte innommable,  contre de paisibles fidèles. Il doit regretter de n’avoir pu atteindre l’autre mosquée, celle d’Ashberton, qui devait être sa 3e cible – son ‘objectif BONUS’, dit-il! Ses sources d’inspiration, il le dit lui-même, sont les partis politiques de droite européens et autres notamment français avec en tête Marine Le Pen, et Donald Trump qu’il qualifie de « défenseur de la cause blanche». Il fait aussi référence dans son document à Anders Breivik, le terroriste norvégien, auteur de la tuerie d’Utoya. Il assume sans regrets ni remords ses faits et gestes et le terroriste qu’il est mérite donc le châtiment le plus sévère qui soit.

Ces attentats terroristes furent condamnés à juste titre, par l’ensemble des dirigeants du monde, dont certains du bout des lèvres, comme par exemple le président américain qui, tout en condamnant l’auteur de ces attentats, trouve que l’idéologie des nationalistes blancs n’est pas une menace à la paix dans le monde. Il se fait d’ailleurs vertement rabrouer par les démocrates qui trouvent en lui le symbole du renouvellement de l’idéologie raciste blanche dont l’hostilité envers les musulmans, à travers ses propos haineux et sa politique antimusulmane déclarée sont, directement ou indirectement, responsables de cet affreux carnage dans un pays reconnu pour le respect de sa diversité ethnique et culturelle.

La Première ministre de la Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern, s’est rendue personnellement auprès des familles des victimes pour leur exprimer ses condoléances après s’être adressée à la nation « on one of New Zealand’s darkest days ». « Nous condamnons sans réserves cet attentat terroriste contre 2 mosquées. Ceux qui en sont responsables n’ont leur place ni dans notre pays ni nulle part dans le monde», affirme-t-elle. « Nous ne cautionnons ni le racisme ni l’extrémisme. Nous représentons la diversité, la bonté et la compassion. Nous sommes un lieu de refuge pour tous ceux qui partagent nos valeurs et ‘those values will not and cannot be shaken by these attacks’ ».

Ces propos de la Première ministre néo-zélandaise auront certainement mis du baume au coeur des familles des victimes de ces attentats terroristes et contribué à les rassurer et surtout à rassurer ceux qui ont choisi la Nouvelle-Zélande comme leur pays d’adoption.

Nous sommes de tout cœur avec ce pays et prions pour que la société néo-zélandaise retrouve sa sérénité et la paix légendaire qui l’a toujours caractérisée.

Peut-être faut-il souligner, pour terminer, qu’il ne suffit pas de condamner les actes terroristes à travers le monde, y compris le terrorisme d’État,  et déplorer la perte inutile des vies humaines – toutes précieuses – il faut aussi et surtout que la communauté internationale puisse enfin se donner les moyens de faire respecter le droit international et les nombreuses résolutions des Nations Unies restées lettres mortes, à l’encontre de ceux responsables et coupables des actes d’extrémisme violents et de terrorisme. Il ne faut surtout pas qu’il y ait de ‘double standard’ dans leur application.

Cassam Uteem


Le carnage stoppé par deux policiers

Le carnage dans la ville néo-zélandaise de Christchurch n’a pris fin vendredi qu’à la faveur de l’intervention de deux policiers d’une petite bourgade voisine une demi-heure après le début de la tuerie, ont affirmé, samedi, les autorités qui ont salué le courage des deux agents.

La Première ministre, Jacinda Ardern, a souligné que l’Australien Brenton Tarrant aurait probablement tué davantage de monde sans l’intervention des deux policiers.

«Le tireur était mobile. Il y avait deux autres armes à feu dans le véhicule qu’il utilisait et il est clair que son intention était de poursuivre son attaque», a-t-elle déclaré aux journalistes à Christchurch.

Sur une vidéo filmée d’un véhicule passant sur l’artère fréquentée où a eu lieu l’arrestation, on peut voir le véhicule du tireur immobilisé contre le trottoir par une voiture de police qui l’a percuté. Une des roues avant de la voiture du terroriste est décollée du sol et tourne dans le vide. Deux policiers, dont l’un équipé seulement d’une arme de poing, pointent leur arme en direction de la porte ouverte de la voiture, côté passager.

«Il y avait des policiers de campagne, je crois de Lincoln qui étaient présents», a raconté Mme Ardern, en citant le nom d’une petit localité au sud de Christchurch. «Pour quiconque a vu les images, il est clair que la Nouvelle-Zélande est pour eux la priorité», a-t-elle ajouté au sujet des policiers. «L’individu inculpé était en détention 36 minutes après le premier appel», a-t-elle ajouté.
Sur les images, on peut aussi voir les policiers traînant hors du véhicule un individu en noir, alors que des voitures passent dans la rue.

Le Commissaire de police, Mike Bush, a aussi rendu hommage aux policiers ayant mis un terme à cette tragédie. «Je suis extrêmement fier de ce qu’ils ont fait», a-t-il dit.


Pandit Ved Gopee : «La violence n’existe dans aucune religion»

Le pandit Ved Gopee, prêtre sanataniste, nous a déclaré qu’il apris connaissance de la troublante nouvelle à la télevision et il se dit choqué par cette tragédie. Le pandit Gopee avance qu’en tant qu’êtres humains nous devons tous condamner cet acte de barbarie avec force. «La religion est une force en elle-même. Pourquoi ne pas nous servir de cette force pour éliminer la pauvreté, les crimes, les infidélités, la violence, l’extrémisme et les inégalités sur terre», dit-il. «La violence n’existe dans aucune religion et la violence est condamnable par toutes les religions dans le monde entier», dit-il encore. Le pandit Gopee est d’avis qu’il nous faut tirer des leçons de ce qui s’est passé en Nouvelle-Zelande et qu’il nous faut «mettre nos têtes ensemble» pour contrer la violence sous toutes ses formes. Le prêtre précise qu’il parle en son nom personnel et non au nom du Conseil des religions qui va se réunir bientôt.


Recep Erdogan, président turc : «C’est le signe de la hausse de l’islamophobie»

rECEP ErdoganLe président turc, Recep Tayyip Erdogan, a estimé vendredi que l’attaque meurtrière contre deux mosquées en Nouvelle-Zélande était « le signe de la hausse de l’islamophobie », appelant les pays occidentaux à prendre des mesures « urgentes » pour éviter d’autres « catastrophes.» Dans un communiqué publié sur Twitter, le chef de l’État turc a «fermement condamné» cette double attaque, estimant qu’elle était «un nouvel exemple de la hausse du racisme et de l’islamophobie».

Signe de l’émotion suscitée par cette attaque en Turquie, Recep Erdogan a dépêché son vice-président, Fuat Oktay, et son ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, en Nouvelle-Zélande, a rapporté la chaîne d’information étatique TRT.

Le président turc a, en outre, appelé la gouverneure générale de Nouvelle-Zélande, Patsy Reddy, pour lui présenter ses condoléances, selon la TRT. Plusieurs médias turcs rapportent que le tireur a proféré des menaces à l’encontre de la Turquie dans un «manifeste» publié sur les réseaux sociaux et qu’il a inscrit des dates de défaites militaires de l’Empire ottoman sur les chargeurs de ses armes. Dans son «manifeste», il déclare notamment que la basilique Sainte-Sophie d’Istanbul, transformée en mosquée par les Ottomans après la prise de Constantinople en 1453 puis devenue un musée, sera «libérée» de ses minarets.

« Il apparaît clairement que la vision portée par le tueur et qui prend également notre pays, notre peuple et ma personne pour cibles a commencé à gagner du terrain en Occident comme un cancer », a affirmé le président Erdogan lors d’une allocution à Istanbul. « Avec cet attentat, l’hostilité envers l’islam a franchi les limites du harcèlement individuel pour atteindre le niveau d’une tuerie de masse», a-t-il poursuivi, appelant les pays occidentaux à «prendre en urgence des mesures pour éviter de nouvelles catastrophes».

La Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, a qualifié les fusillades d’«attaque terroriste». D’après le Premier ministre australien, Scott Morrison, le tireur a été identifié comme un extrémiste de droite australien.

La timidité des leaders

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a parfaitement raison que l’islamophobie est en hausse. Ne serait-ce que d’observer la prise de position des chefs d’état et des chefs de gouvernement. Certains restent muer dans le silence. D’autres font des déclarations très timides. Ils auraient été très virulents si le tueur était un musulman et les victimes des non-musulmans. Ils l’auraient associé à des organisations qu’ils considèrent comme terroristes. L’hypocrisie en haut lieu n’a pas de limite.


Dr Hashim Mahdi, consul honoraire : «Le terrorisme est le reflet de la haine»

Le Dr Hashim Mahdi, consul honoraire de l’île Maurice en Arabie saoudite, se dit horrifié par les attaques terroristes contre deux mosquées à Christchurch en Nouvelle-Zélande qui ont fait 49 morts et plusieurs blessés. Pour lui, le terrorisme est le reflet de la haine et de l’horreur.

L’islam prône la paix et la tolérance. Comment expliquez-vous le massacre dans deux mosquées en Nouvelle-Zélande?
Je suis horrifié. Le message de l’islam et du prophète Muhammad (pssl) s’adresse non seulement aux musulmans mais aussi à ceux qui n’ont pas accepté l’islam et qui font partie de ce message. Notre prophète bien-aimé s’est adressé à l’humanité. Le message de l’islam est un message de paix, d’amour et de dialogue. Ce sont les éléments essentiels dont on a besoin pour entretenir de bonnes relations avec les gens parce que sans  de bonnes relations, la vie serait comme vivre dans une forêt entouré d’animaux féroces.

Qu’est-ce qui explique cette folie meurtrière selon vous?
Le terrorisme ne fait pas partie de la religion. Cet incident en Nouvelle-Zélande et ceux qui ont commis cette horreur dans une musjid ont dit qu’ils sont des anti-migrants et c’est ça l’égoïsme.

Le terrorisme est le reflet de la haine et de l’horreur. Ce sont des gens d’une grande petitesse d’esprit qui ont commis cet acte de barbarie. On ne peut pas se réclamer de l’islam ou de tout autre religion et être terroriste. Le terrorisme et la religion sont diamétralement opposés.


Barlen Vyapooree, Président p.i : «La violence c’est l’arme des faibles»

Le Président de la République par intérim, Barlen Vyapooree,  est catégorique : le meurtre des innocents est un crime. Il condamne avec force cet acte ignoble perpétré dans un lieu de culte à l’heure des prières. Cependant, Barlen Vyapooree craint une réaction et demande qu’en tant qu’humains, nous devons garder la tête froide et ne pas réagir. « La non-violence c’est l’arme des plus forts tandis que la violence c’est l’arme des faibles et des poltrons », laisse-t-il entendre.

Invité à nous dire si le phénomène d’islamophobie dans le monde l’interpelle, le président par intérim, tout en reconnaissant qu’il existe effectivement dans le monde un sentiment d’hostilité à l’égard de l’islam, appelle au découragement de cette tendance. « On doit travailler pour la paix dans le monde. De tels actes ne contribuent pas à la paix et nous devons tous travailler pour que la violence soit éliminée partout dans le monde », souligne-t-il.  Barlen Vyapooree affirme, par ailleurs, qu’il est un partisan de la non-violence et qu’il fera tout pour que notre pays arc-en-ciel garde cette culture de non-violence. « Nous sommes un exemple pour le monde entier et nous sommes fiers de vivre dans un pays où la coexistence pacifique fait notre beauté. Que Dieu nous protège », conclut-il.

Le Dr Anwar Husnoo : «Je suis choqué et horrifié»

L’attaque terroriste contre les deux mosquées en Nouvelle-Zélande a « choqué et horrifié » le ministre de la Santé, le Dr Anwar Husnoo, qui condamne sans réserve cet acte de barbarie contre des innocents dans un lieu de culte. « Je suis choqué et horrifié en voyant les images qui circulent sur les réseaux sociaux. Le terrorisme n’a pas sa place dans le monde qu’importe les raisons. L’islam condamne les actes de terrorisme et n’encourage pas la tuerie des innocents. Il nous faut garder la tête froide et analyser la situation », nous a-t-il déclaré. Le ministre fait un appel pour qu’on fasse une prière pour les personnes innocentes qui ont été tuées. « Prions Dieu pour que leur âme repose en paix. Ce sont des innocents qu’on a tués dans un lieu sacré ».

Père Philippe Goupille : «L’œuvre des extrémistes fous»

Le père Philippe Goupille condamne avec force le massacre de près d’une cinquantaine de personnes dans deux mosquées en Nouvelle-Zélande. « C’est un évènement douloureux et scandaleux», dit-il. Le prêtre, tout comme la Première ministre de la Nouvelle-Zélande, Jacinda Arden, fait l’apologie du dialogue et du respect de  la coexistence pacifique. « La Nouvelle-Zélande accueille sur son sol les étrangers de toutes nationalités. Cet acte de barbarie n’est pas dans l’esprit de la Nouvelle-Zélande qui est un pays accueillant où il fait bon vivre et où la liberté de religion existe », ajoute-t-il. Condamnant l’auteur de ces actes terroristes, le Père Goupille laisse entendre qu’il y a des extrémistes partout dans le monde. « Cet acte de lâcheté est l’œuvre d’extrémistes fous », souligne-t-il.  Il ne croit nullement que les Néo-Zélandais sont islamophobes. « Après les attentats, les Néo-Zélandais ont porté secours aux victimes et il y a eu un grand élan de fraternité et de solidarité », conclut-il.

Me Rama Valayden : « L’islamophobie est devenue un outil de propagande et de haine contre les musulmans »

Me Rama Valayden ne passe pas par quatre chemins pour dire que les attentats meurtriers à Christchurch en Nouvelle-Zélande est une preuve que «l’islamophobie est devenue un outil de propagande et de haine et exprime une volonté d’exterminer les musulmans à travers le monde». Selon lui, il est important que tous ceux qui se disent humanistes, militants de gauche et qui croient dans l’humanité s’élèvent contre cette stratégie qui va plonger le monde entier dans un gouffre sans fin. Rama Valayden demande à tous ceux et celles qui croient dans les grands principes d’humanisme de faire entendre leur voix.

« Que chaque Mauricien fasse une prière spéciale pour ce qui s’est passé en Nouvelle-Zélande. Je demande à la direction de la Jummah Mosque d’organiser une grande prière en plein air vendredi prochain à laquelle peuvent se joindre des Mauriciens de toutes les confessions religieuses avec des fleurs», suggère-t-il.

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