lundi , 23 octobre 2017
Accueil / Reportage / Cancer de la prostate : la glande qui nous rend “mâle” à l’aise
Dr Oomar Mowlah Médecin Généraliste
Dr Oomar Mowlah Médecin Généraliste

Cancer de la prostate : la glande qui nous rend “mâle” à l’aise

Pour de nombreux hommes, les troubles de la prostate sont aujourd’hui encore un sujet tabou. Il nous arrive de confondre la bonne fonction de cet organe avec la virilité. Donc, ceux qui en souffrent sont peu enclins à en parler, et nourrissent souvent des angoisses sourdes. Il n’en demeure pas moins que le cancer de la prostate reste le cancer le plus répandu parmi les hommes de plus de cinquante ans. Pour mieux s’en protéger, il est impératif qu’on s’éduque à son égard.

La prostate est une glande faisant partie de l’appareil reproducteur masculin. Elle se situe juste en dessous de la vessie et a pour fonction, entre autres, de produire et de stocker le liquide séminal, un des constituants essentiels du sperme. Normalement, elle devrait faire la taille d’un longane mais peut grossir avec l’âge. Le cancer survient lorsque certaines cellules prostatiques se reproduisent beaucoup plus rapidement que d’habitude, donnant lieu à la formation d’une tumeur ce qui rend la glande grosse, dure et irrégulière. Si elles ne sont pas traitées à temps, les cellules cancéreuses sont susceptibles de se propager à d’autres parties éloignées du corps, donnant naissance à des tumeurs secondaires.

Les causes exactes de ce cancer restent encore inconnues. En règle générale, plus un homme est âgé, plus il est susceptible d’être diagnostiqué. C’est une maladie qui touche surtout les plus de soixante ans. Mais il n’est pas impossible qu’il se présente plus tôt. Un homme dont le père ou le frère a été atteint, par exemple, en est doublement vulnérable. Certains cancers, s’ils sont laissés sans traitement, ont le potentiel d’être grave et le patient peut même en mourir. Or, avec une intervention opportune, on peut s’en débarrasser.

Ce qui est inquiétant est que le cancer de la prostate évolue en silence, dans les stages précoces, sans que le patient souffre de symptômes. Et lorsqu’il devient symptomatique, il est souvent à un stade relativement avancé. On parle de symptômes comme une perte de poids et d’appétit, une rétention d’urine, une infection de l’appareil urinaire ou encore des problèmes d’impuissance sexuelle. Quand ceux-ci apparaissent, il est possible que ce soit trop tard, d’où l’importance de se faire tester régulièrement. Il faut toutefois garder à l’esprit que ces symptômes ne suffisent pas à poser un diagnostic de cancer.

270717_prostate

D’autres méthodes de traitement

L’objectif du dépistage consiste à détecter la maladie le plus tôt possible. On préconise un examen de routine à partir de la cinquantaine. L’orientation diagnostique repose sur deux éléments clés: le dosage sanguin de l’antigène prostatique spécifique (PSA) ainsi que le toucher rectal (TR). Une hausse du PSA dans le sang pourrait indiquer, mais pas impérativement, un cancer. Quant au TR, il permet de palper un éventuel durcissement des contours de la prostate en insérant un doigt ganté dans le rectum. Si le médecin en trouve le besoin, il peut encore proposer de réaliser une biopsie sous anesthésie locale pour prélever des tissus de la prostate et les analyser afin de formuler un diagnostic définitif.

Si le cancer reste localisé à l’intérieur de la prostate, le traitement le plus courant est l’ablation de l’organe. Cette opération chirurgicale peut aujourd’hui être effectuée au pays, contrairement à la décennie précédente. Parmi d’autres méthodes de traitement, on compte la radiothérapie et l’hormonothérapie. Dans certains cas, notamment pour les patients avec un faible risque de récidive, l’équipe médicale va proposer une surveillance active avant de commencer les traitements. Le meilleur régime thérapeutique sera donc taillé sur mesure pour chaque patient en fonction de son risque et du stage de développement de son cancer.

Toutefois, comme dit l’adage, mieux vaut prévenir que guérir. Et comme pour bon nombre de pathologies, la nourriture y est pour quelque chose. On recommande une consommation adéquate de vitamine D que l’on retrouve dans les sardines et les maquereaux, le jaune d’œuf ainsi que l’huile de foie de morue. N’oublions pas le lycopène qu’on obtient des tomates et autres fruits rouges. L’ail et l’échalote sont aussi nos alliés contre ce cancer. En revanche, faisons attention aux graisses animales et à la viande transformée qui auraient une incidence sur la production des radicaux libres qui peuvent accroître le risque. De plus, le calcium, élément incontournable pour les petits, est à contrôler pour nos moins jeunes car il pourrait aussi augmenter le risque de cette maladie.

À Maurice, le dépistage systématique n’est pas organisé par les autorités. Il convient donc à chaque homme quinquagénaire de discuter avec son médecin ses propres risques ainsi que le besoin de se faire tester régulièrement afin de découvrir à temps, une lésion éventuelle au niveau de la prostate. Quoi qu’il en soit, il ne faut pas avoir peur de parler du cancer de la prostate. Et le meilleur moyen d’augmenter nos chances de ne pas en souffrir est de le détecter tôt.

Commentaires

A propos de Nufaisah Mosaheb-Khodabux

Ceci peut vous intéresser

Little Darlings

Sheriffa Yerally, directrice de ‘Little Darlings’ : «Nous privilégions des stratégies qui améliorent la qualité de l’enseignement»

Sheriffa Yerally est la directrice de ‘Little Darlings Pre-primary School’ et Mount View Primary School, …