dimanche , 19 novembre 2017
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Budget 2016-17 – Les attentes par secteur

Le Budget tant attendu pour les années 2016 et 2017 sera présenté fin juillet. Entre-temps, divers secteurs, piliers du développement économique, ont dressé une liste de leurs attentes ou ont fait des recommandations au ministère des Finances. Constat…Sen Ramsamy (Consultant en tourisme) : « Concentrons-nous sur les recettes plutôt que sur les arrivées touristiques »

Le directeur général de Tourism Business Intelligence (TBI), Sen Ramsamy, estime que Maurice accueillera environ 1, 2 millions de touristes cette année. Cela géné-rera environ 50 à 55 milliards de roupies, selon les estimations de la Banque de Maurice. « Nous devons établir un objectif afin que chaque touriste dépense au moins $ 2000 pendant ses vacances à Maurice, qui comprend dix jours en moyenne. Ainsi, les arrivées touris­tiques pourront nous rapporter plus de Rs 80 milliards au lieu des Rs 55 milliards que nous prévoyons. Je crois fermement que le gouvernement doit mettre l’accent sur cet aspect de sa stratégie », explique Sen Ramsamy. Il ajoute que le gou­vernement devra se concentrer davantage sur les recettes que sur les arrivées. « Je pense que les hôtels ne doivent plus pro­poser des « all inclusive packages ». Ainsi, les touristes sorti­ront dans la journée et dans la soirée et s’achèteront à manger à l’extérieur, sans oublier le shopping. Les recettes pourront ainsi augmenter », avance le directeur général de TBI.

Amar Deerpalsing ( porte-parole des PME): « Il faut rétablir les plans d’autrefois »

Le président de la Fédération des Petites et Moyennes entreprises (PMEs), Amar Deerpalsing, nous fait part de ses attentes pour le prochain Budget 2016 / 2017. « Pendant les dernières années, l’accès au financement était difficile. Nous demandons que les entrepreneurs aient plus d’accès au financement pour développer leurs entreprises », dit-il. Il ajoute que tous les instruments ayant trait à l’investissement ont été enlevés. « Nous attendons que le gouvernement vienne de l’avant avec des mesures pour encourager les entrepreneurs », dit-il encore. Amar Deerplasing cite comme exemple le Leasing Equipment Modernisation (LEM) Scheme. « Grâce à ce plan, les entrepreneurs pouvaient se permettre d’acquérir des équipements modernes. Il faut que le gouvernement relance les plans qui avaient cours auparavant pour que le secteur puisse connaître une croissance », souligne-t-il. Notre interlocuteur regrette aussi que les frais bancaires sont trop élevés, ce qui crée des difficultés pour les entrepreneurs. Par ailleurs, il estime que ce sont les détaillants qui font la pluie et le beau temps dans les centres commerciaux alors que les PMEs ont du mal à commercialiser leurs produits. « Les opportunités qui se présentaient pour les PMEs ont été réduites avec l’émergence des centres commerciaux, notamment des libres-services, supermarchés ou hypermarchés », précise-t-il. Amar Deerpalsing explique aussi que le marketing des produits coûte cher pour les petites et moyennes entreprises. De ce fait, les entrepreneurs n’arrivent pas à commercialiser leurs produits comme il le faut. « Donc, nous demandons au gouvernement de nous aider afin que les PMEs puissent avoir accès à des espaces de vente et de marketing pour leurs produits », avance Amar Deerpalsing.

Ahmed Parkar (industriel): « Nous demandons une réduction sur le fret aérien »

Ahmed Parkar, CEO de Star Knitwear, explique que le gouvernement doit venir de l’avant avec une mesure d’encouragement sur le fret aérien afin que nos produits puissent être sur le marché au plus vite. « Avec le la méthode de vente au détail, le marché bouge vers la proximité. Donc, si le coût du fret aérien est réduit, nous pourrons augmenter le nombre de nos produits sur le marché. Nous pourrons ainsi être en compétition avec la Turquie. Nous pourrons produire plus à des taux plus compétitifs. Nous ne pouvons perdre trop de temps à envoyer nos produits sur le marché par voie aérienne ou maritime », explique notre interlocuteur. Le patron de Star Knitwear fait ressortir que seulement 20% de nos produits sont actuellement transportés par voie aérienne. Par ailleurs, il fait ressortir que Maurice a toute une gamme de tissus qui sont fabriqués localement. Ahmed Parkar indique que l’industrie du textile peut être productive.. Il précise que la Mauritius Export Association (MEXA) a déjà fait part de ses attentes du Budget 2016-17. « La MEXA attend qu’une attention particulière soit accordée au secteur manufacturier. Des mesures doivent être initiées pour dynamiser ce secteur », dit-il.

Zaid Ameer (importateur des véhicules) : « Offrir le duty-free sur les véhicules hybrides »

Zaid Ameer, porte-parole du Dealers in Imported Vehicles Association (DIVA), a fait une série de propositions au ministre des Finances, Pravind Jugnauth, le mardi 5 juillet. Il a demandé que ces propositions soient prises en considération dans le cadre du Budget 2016-17. La DIVA souhaite que les véhicules hybrides bénéficient du duty-free quelle que soit leur capacité et leur pays d’origine. Ce type de véhicule consomme 50% moins d’essence et sont « environment- friendly ». Aussi, les frais d’inscription doit bénéficier d’une exemption jusqu’à 75% au lieu de 50%. Zaid Ameer demande aussi que les frais du premier enregistrement soient revus car l’acheteur d’une voiture de seconde main doit payer les mêmes frais que ceux d’une voiture neuve. Autre propositions faite : trouver un moyen efficace pour éviter les va-et-vient au siège de la NTA pour l’enregistrement des véhicules. La DIVA propose la mise sur pied d’un service rapide. Par ailleurs, il demande à encourager les Mauriciens à importer des véhicules « environment-friendly », indépendamment de leur pays d’origine. Cependant, il estime qu’il ne faut pas avoir des tarifs préférentiels, quel que soit le type de voiture, « eco-friendly » ou pas. Il recommande au ministre des Finances d’allouer aux opérateurs un terrain afin qu’ils puissent construire un garage équipé de matériaux modernes qui offrira services mécaniques, équilibrage des roues, peinture, entre autres.

Hydar Ryman (SVA) : « Privilégions la formation des entrepreneurs »

Le président de la Street Vendors Association(SVA), Hydar Ryman, explique que les petits commerçants ont évolué dans le secteur informel. Ils travaillent en parallèle avec des acteurs économiques pour le développement du pays. « Nous lançons un appel au nouveau ministre des Finances, Pravind Jugnauth, pour nous permettre de faire un exposé pour démontrer les mesures à prendre pour catalyser ce secteur. Nous pensons également que le gouvernement devra investir dans la formation des petits entrepreneurs », affirme Hydar Ryman. Notre interlocuteur souhaite également que le gouvernement établisse des paramètres légaux pour que ce secteur puisse évoluer. « Des petits entrepreneurs comme nous, ont contribué à résoudre partiellement le problème du chômage à Maurice. Nous demandons au gouvernement, de rallier des cadres ayant l’expérience et les connaissances de nous venir en aide afin que nous puissions progresser », plaide Hydar Ryman.

Siddick Khodabaccus, Secretaire de la SMPIA : « Le gouvernement doit revoir le frais d’enregistrement »

Le pharmacien Siddick Khodabaccus, secrétaire de la Small and Medium Pharmaceutical Importers As­sociation dit souhaiter que le gouvernement mette fin au paiement des frais d’enregistrement sur les médicaments. Il lance aussi un appel au ministre des Finances pour revoir les frais de renouvellement. « Les frais d’enregistrement s’élèvent à Rs 7 500, soit Rs 5000 pour l’enregistrement et Rs 2500 comme « processing fee ». De plus, tous les ans, les pharmaciens doivent débours­er de l’argent pour les frais de renouvellement de Rs 2000 sur chaque produit médical. Les pharmaciens importent jusqu’à 75 variétés de produits médicaux. Donc, la somme que nous devons débour-ser pour les frais de renouvellement est importante », explique Siddick Khodabaccus. Par ailleurs, notre interlocuteur indique que l’enregistrement des médi­caments crée un monopole sur la vente des produits. Or, la « Fair Trading Act » condamne le monopole des produits médicaux sur le marché. « Le gouvernement doit donner le feu vert pour les importations parallèles. C’est le public qui va en bénéficier. Et cela freinera le monopole sur le marché », dit-il encore. « Je lance un appel au Premier ministre qui comprend bien la souf­france des personnes âgées. L’enregistrement des médicaments donnera lieu à un monopole des phar­macies sur le marché. Ainsi les pharmaciens pourront fixer leurs prix au détriment des consommateurs », tient-il à préciser.

Kripalloo Sunghoon : « Avoir des fonds pour l’Agricultural Abandoned Land Bank »

Pour le secteur des cultures alimentaires, Kripalloo Sunghoon, secrétaire de la Small Planters Association, attend à ce que le ministre des Finances prévoit de bonnes mesures pour l’évolution de ce secteur. Il demande au gouvernement de fournir des fonds spéciaux pour la diffusion d’informations parmi les agriculteurs sur divers projets et programmes. et créer un autre fonds pour l’Agricultural Abandoned Land Bank. Cela permettra de réduire le problème des terres abandonnées et permettra aux agriculteurs d’avoir des terres qu’ils recherchent désespérément. Ils vont ainsi créer des emplois et accroître la production alimentaire. Par ailleurs, il propose l’introduction de nouvelles techniques pour augmenter la production, afin de maintenir le prix du marché à un niveau raisonnable. Kripalloo Sunghoon s’attend à ce que l’Etat initie des mesures pour promouvoir la consommation des aliments locaux. « Il nous faut aussi des régimes spéciaux à fournir aux pro- agriculteurs qui se lancent dans la culture de substitution des importations. Cela réduira notre dépendance sur les importations », dit-il. En ce qui concerne la culture des cannes, Kripalloo Sunghoon recommande une politique nationale sur l’utilisation des terres à des fins agricoles. « Les champs de cannes abandonnés par les propriétaires privés, étant une ressource tellement rare que nous ne pouvons pas se permettre de laisser improductif, il est dans l’intérêt national de créer la Banque de terres agricoles. Les propriétaires obtiennent une location pour leurs terres, les entrepreneurs auront assez de terres à un bail raisonnable pour leurs projets; soit plantation de canne, les cultures vivrières ou l’élevage. Le pays bénéficiera de la création d’emplois et à la croissance nationale », dit-il.

Mosadeq Sahebdin (représentant des consommateurs) : « Un engagement ferme en faveur de la nouvelle loi »

Mosadeq Sahebdin, du Consummer Advocacy Platform(CAP), estime qu’il y a une absence d’engagement ferme en faveur de la protection de consommateurs. « Il faut que cessent les tergiversations pour ne pas dire tactiques dilatoires à présenter un nouveau cadre législatif pour assurer une meilleure protection des consommateurs », dit-il. Il avance que le nouveau projet de loi, rebaptisé, « Consumer Protection and Fair Trading Bill », est devenu un mirage archi miroité. « Annoncé depuis 2010, il se trouve empêtré au sein d’un comité interministériel qui semble avoir d’autres chats à fouetter. Pourtant, la Law Reform Commission avait bouclé ses consultations avec les organisations de consommateurs en décembre 2010, pour permettre au ministère de faire son travail dans les meilleurs délais. Depuis, les consommateurs rongent leur frein. Ils sont abusés par les nombreuses insuffisances d’un service après-vente approximatif, de conditions de garantie abusives et malhonnêtetés de la part de commerçants véreux, qui croient pouvoir jouir de l’impunité », explique notre interlocuteur. Selon lui, alors que le gouvernement profite des circonstances internationales qui ont contribué à maintenir le pouvoir d’achat des consommateurs, il n’arrive toujours pas à convaincre les consommateurs de son engagement pour leur assurer une meilleure protection. Les mesures palliatives telles que la baisse temporaire des prix des bovins et des caprins ne servent pas les intérêts de ceux qui le soutiennent. « La CAP attend du nouveau ministre des Finances un engagement ferme en faveur de la mise en application prochaine d’un nouveau cadre législatif pour mieux protéger les consommateurs », dit-il.

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