dimanche , 19 novembre 2017
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Biographie de Raouf Bundhun – TAQDIR: une vie, un destin

Raouf Bundhun nous fait retourner cinquante ans en arrière pour nous raconter ses péripéties en politique et son combat pour l’indépendance du pays.

Abdool Raouf Bundhun est né en 1937 à Amaury, petite bourgade du nord. À l’âge de 11 ans, il suivait l’actualité politique en écoutant les notables du village parler des élections générales de 1948.
La première partie de sa biographie nous raconte les années Amaury. Il se voit encore petit garçon sur le chemin de l’école primaire de Belle Vue Maurel à deux kilomètres d’Amaury. Raouf, comme la plupart des enfants de son âge, doit tous les jours faire le trajet aller-retour domicile-école pieds nus.

Rencontres des jeunes

Jeune villageois, il vint en ville pour s’inscrire à la Grammar School à l’angle des rues Pope Hennessy et Suffren. Un souvenir impérissable dans la mémoire de Raouf : la série  de rencontres hebdomadaires d’une vingtaine de dirigeants de clubs de jeunesse choisis par le Youth Organizer Tom Malpas.

Dans la deuxième partie de l’ouvrage,  Raouf fait ses premiers pas en politique. Bien que fonctionnaire, il  n’hésite pas à se jeter tête baissée  dans la mêlée. Il participe activement à la campagne aux côtés de l’alliance Parti Travailliste -CAM aux élections générales de 1959. En tant qu’officier de l’Assistance publique, Raouf fait tout son possible pour atténuer la souffrance des victimes des cyclones Alix et Carol.

Raouf décide de se joindre à un parti politique. Il opte pour le parti Travailliste, mais Kher Jagatsing, secrétaire du parti, l’informe que le Parti Travailliste est en alliance avec le CAM d’Abdool Razack Mohamed et que l’une des clauses de l’accord stipule que le Parti Travailliste ne devrait admettre aucun musulman dans ses rangs. On conseille donc à Raouf de se joindre au CAM de Razack Mohamed. Raouf  nous raconte aussi la conférence constitutionnelle de Londres en octobre 1965. Il rappelle qu’à un moment crucial de l’histoire du pays, le Parti Travailliste et ses alliés le CAM et l’IFB se battent pour libérer le pays du joug colonial britannique tandis  que le Parti Mauricien de Jules Koenig et de Gaëtan Duval  faisaient campagne pour une sorte d’»intégration» avec  la Grande Bretagne.

Raouf revient sur la victoire du Parti de l’Indépendance aux élections générales de 1967 et son élection dans la circonscription  No 4. Il se souvient des mots d’encouragement de Sir  Abdool avant les élections. «Na pas tracassé Bhaiya. Kan mo la ki fer ou peur? Allé, al travay numéro 4 byen Ou pou élu». Ses colistiers étaient Raymond Rault et Mohabeer Foogooa de  l’IFB. Il prononce son « Maiden speech » le mardi 29 août 1967. «Monsieur le président je ne vais pas suivre la même voie que le dernier orateur qui m’a précédé et qui a voulu dénigrer des députés», dit-il.

Raouf raconte aussi le bain de sang sans précédent lors des émeutes raciales de 1968. Des amis sont devenus soudainement des pires ennemis  mettant fin ainsi à des années d’amitié.

La quatrième partie du livre se penche sur le développement économique.

En décembre 1995, Raouf Bundhun est élu au conseil municipal de Quatre Bornes et il est choisi pour être maire. Le 7 mars 2001 il succède à Mme Marie France Roussety comme ambassadeur de Maurice à Paris.

Sa prestation de serment devant le chef juge ,Arriranga Pillay comme vice-président de la République de Maurice a été son bâton de maréchal. Il est fait GOSK(Grand Officer of the Order of the Star and the Key of the Indian Ocean).

À 80 ans, c’est sans regret que Raouf Bundhun se tient en retrait de la vie publique. C’est le TAQDIR d’un enfant du village d’Amaury  qui allait à l’école pieds nus et qui est devenu vice-président de la République.

Mahmad et Bibi Mittoo, éditeurs « Raouf Bundhun, un homme d’une grande volonté »

taqdirMahmad et Bibi Mittoo du BM Bookcentre qui ont édité l’ouvrage ont été émerveillés par la détermination de Raouf Bundhun à faire publier sa biographie. « Nous connaissons Monsieur Raouf Bundhun depuis très longtemps. À chaque occasion qu’il nous croisait, il avait l’habitude de nous dire: ‘Je viens vous voir pour publier mon livre’. Finalement en mars de cette année il est venu nous voir pour son projet.

Le manuscrit de la traduction française de son livre «On the wings of Destiny» effectuée par Breejan Burrun a été soumis en mai de cette année. La date butoir pour le lancement du livre était le 22 août. Mais il restait quand même un très gros travail éditorial à faire sans oublier la préparation des photos (plus de 80) la mise en pages et ainsi de suite. En moins de quatre mois, heureusement, notre équipe a bouclé le travail et le livre est sorti des presses quelques jours avant la date du lancement. Nous l’avons fait, pas tellement par exigence mais parce que Monsieur Raouf Bundhun est un homme d’une grande volonté. Il n’a pas hésité à mettre la main à la pâte pour accompagner  notre équipe pendant toute la période de production  de ce livre.

C’était pour nous une nouvelle aventure productive, d’autant plus que sa présence dans nos bureaux nous apportait à chaque occasion toute sa riche expérience comme homme politique avec toutes ses anecdotes qui ont jalonné l’histoire de notre pays», soulignent-ils.

Le «TAQDIR» d’un enfant du village d’Amaury

Raouf présente Mgr Maurice Piat, êveque de Port-Louis, au Maulana Anas Siddiqui lors du célébration du Yaum un Nabi en 2005
Raouf présente Mgr Maurice Piat, êveque de Port-Louis, au Maulana Anas Siddiqui lors du célébration du Yaum un Nabi en 2005

22 août  1967 à 22  août 2017.Cela fait 50 ans depuis que la motion qui allait faire de l’île Maurice un pays indépendant fut présentée par Sir Seewoosagur Ramgoolam et votée à l’Assemblée Législative. Raouf Bundhun, ancien ministre et  ancien vice-président de la République a fait coïncider  cette date avec le lancement de sa biographie « On the Wings of Destity » écrite par feu Bhismadev Seebaluck  et réintitulée « Taqdir – Une Vie , un destin » après sa traduction et mise à jour par  Breejan Burrun.

Le lancement de l’ouvrage a eu lieu au Mahatma Gandhi Institute en présence de plusieurs personnalités, dont Cassam Uteem, ex-Président de la République, Karl Offman, ex président, Barlen Vayapooree, vice-président de la République, Jean Claude de L’Estrac et plusieurs hommes et femmes de lettres. Il faut souligner l’excellente prestation de Zibya Issack qui présenta Raouf Bundhun comme l’un des bâtisseurs de notre île. Pour elle, l’écriture est un acte de générosité.

L’ex-président de la République, Cassam Uteem, a pour sa part fait référence à une amitié de plus d’un demi-siècle qui le lie à Raouf Bundhun. Il a parlé de l’engagement politique et social de Raouf Bundhun depuis son jeune âge. Cassam Uteem qui a  parcouru la biographie de son ami raconte comment contre toute attente ce dernier fut élu député au No 4. Pour Cassam Uteem, Raouf Bundhun est quelqu’un qui n’a jamais eu froid aux yeux». Il a  aussi déclaré que sa biographie constitue un hommage édifiant à Sir Seewoosagur Ramgoolam et que Raouf Bundhun  a joué sa partition politique dans la cour des grands.

Pour sa part, Jean Claude de L’Estrac a déclaré que c’est une très longue amitié qui a transcendé les clivages politique a et ce genre d’ouvrage est extrêmement utile et permet de fonder une nation. Jean Claude de L’Estrac a fait ressortir  qu’il a fallu du courage  pour mener une lutte pour l’indépendance. Il a expliqué que cette biographie renferme une histoire qui devrait être connue dans le monde car nous avons eu des leaders visionnaires.

Ce fut au tour de Raouf Bundhun de parler du contenu de sa biographie D’emblée, il raconte qu’il était un des ceux qui étaient à l’avant-garde de la lutte pour l’indépendance de notre pays. Il raconta les péripéties du combat pour l’indépendance il y a plus de 100 ans. Il a rendu hommage aux grands hommes comme Maurice Curé, Anatole de Boucherville du parti Action Libérale qui se sont battus contre l’oligarchie sucrière. Raouf Bundhun n’a pas manqué de rappeler aussi l’énorme contribution des grands tribuns tels que Sir Seewoosagur Ramgoolam, Jaynarain Roy, Basdeo Bissoondoyal, Renganaden Seeneevassen, Guy Rozemont et sir Abdool Razack Mohamed.

C’est au vice-président de la République, Barlen Vayapooree qu’a échu l’honneur de présenter la biographie.

Raouf Bundhun : «Autrefois les politiciens pensaient à l’intérêt du pays »

taqdirRaouf Bundhun qui a été un temoin privilégié de l’histoire du pays depuis ces cinquante dernières années, a la nostalgie de l’époque où les politiciens pensaient avant tout à l’intérêt du pays.

Vous avez tenu à faire coïncider la date de sortie de votre biographie avec la date à laquelle 50 ans de cela la motion pour l’obtention de l’Indépendance de Maurice fut présentée par Sir Seewoosagur Ramgoolam  et votée par les parlementaires. Que représente cette date pour vous?
Pour moi, c’est une date solennelle. C’est une date pour la mémoire et l’histoire. Elle marque le devoir accompli envers mon pays. Après les élections générales du 7 août 1967, le parlement s’était réuni le 22 août et Sir Seewoosagur Ramgoolam avait présenté la motion  suite à la conférence constitutionnelle de 1965 à Londres. Pour moi personnellement c’est une grande émotion et un sentiment d’énorme fierté. Depuis 1967 il y a eu cinq Premier ministres à la tête du pays et le pays s’est métamorphosé. Il est différent de ce qu’il était  dans les années 60. Il y a eu beaucoup de développements dans tous les domaines de la vie. De nos jours le Mauricien moyen vit beaucoup plus confortablement.

Quels ont été  les bons et les mauvais moments dans l’histoire de notre pays ?
J’ai plus de bons souvenirs que de mauvais souvenirs.  Le plus mauvais souvenir est la bagarre raciale de 1968 entre deux communautés qui vivaient côte à côte paisiblement. Personne n’oubliera ces moments pénibles de notre histoire et personne ne souhaite qu’une tragédie pareille vienne mettre un frein à notre brassage culturel. C’est la pire des choses à penser pour une nation arc-en-ciel qui est cité comme un modèle de coexistence pacifique dans le monde.

Quels sont les moments forts de votre carrière politique?
Servir le pays était comme un sacerdoce. J’ai eu le privilège d’occuper plusieurs fonctions. J’ai été simple député, secrétaire parlementaire, ministre, maire, ambassadeur et vice-président de la République. J’ai servi mon pays à divers échelons. J’ai eu une vie bien remplie et je souhaite que les jeunes qui aspirent à servir le pays suivent mon exemple.

Quelle est la différence entre les politiciens d’il y a 50 ans de cela et ceux d’aujourd’hui?
50 ans de cela, les politiciens pensaient avant tout à l’intérêt du pays et au bienêtre de la population dans son ensemble. De nos jours, une fois élus, ils disparaissent de la circulation et réapparaissent la veille des prochaines élections. Les politiciens de nos jours ne pensent qu’a se glorifier. Par contre, à notre époque on travaillait avec sincérité surtout qu’on était entourés de leaders du calibre de Sir Seewoosagur Ramgoolam, Sir Abdool Razack Mohamed, Sir Harold Walter, Sir Veerasamy Ringadoo et Sir Satcam Boolell. J’ajoute aussi que Sir Gaëtan Duval était un politicien de proximité qui donnait son argent aux pauvres.

Vous avez côtoyé des grands hommes politiques comme Sir Seewoosagur Ramgoolam et Sir Abdool Razack Mohamed. Parlez nous des qualités de ces deux leaders.
Sir Seewoosagur était un homme d’une grande bonté. Un homme élégant et un rassembleur. Au cours de sa vie,  on l’a insulté et on a raconté des faussetés à son sujet, mais il n’a jamais intenté de procès à qui que ce soit. Le «bonhomme» n’a jamais fait de « walk-out » dans sa vie de politicien comme le font trop souvent nos députés. Il était élégant dans ses gestes et il était un vrai patriote. J’ai aussi connu Sir Abdool Razack Mohamed qui m’a pris par la main pour me faire entrer en politique. Il était un vrai défenseur de sa communauté et personne ne pouvait dire du mal de ses coreligionnaires. C’était un homme d’une grande franchise qui n’avait pas peur de dire la vérité. Sir Abdool Razack Mohamed était venu à Maurice comme multimillionnaire et quand il est mort il ne restait que Rs 6000 sur son compte en banque.

En 1967 vous aviez réclamé le droit de vote pour les jeunes de 18 ans. Pensez-vous qu’à 18 ans un jeune a assez de maturité pour décider de l’avenir politique du pays?
Dans mon « Maiden Speech » le 29 septembre 1967. j’avais effectivement demandé que les jeunes de 18 ans aient le droit de voter. J’avais démandé la création d’un ministère de la Jeunesse et de Sports. Au fait, j’ai été  le premier secrétaire parlementaire à être nommé au ministère de la Jeunesse et des Sports.

Pensez -vous pouvoir encore servir le pays?
Pas comme politicien ,mais à un autre niveau peut-être .

 

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