vendredi , 15 décembre 2017
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Bibi Fatma Maghooa

Bibi Fatma Maghooa : elle fêtera ses 100 ans à l’hôpital

C’est une grand-mère pimpante et radieuse que nous avons rencontrée cette semaine. Elle soufflera ses 100 bougies le mercredi 11 octobre prochain.

Allongée sur son lit d’hôpital après s’être fait mal au genou lors d’une chute, Dadi Fatma reste souriante malgré sa souffrance et nous accueille avec un grand éclat de rire. Elle s’attendait à fêter son anniversaire entourée de ses enfants et petits-enfants mais ne sait toujours pas si elle sera autorisée à quitter l’hôpital. N’empêche que ses proches ont prévu de lui faire couper un gâteau, même sur son lit d’hôpital.

Native de Cinéma Cassé à Triolet, dadi Fatma a connu une enfance heureuse malgré le fait qu’elle n’a jamais été scolarisée. Enfant, elle se rendait sur les collines pour couper de l’herbe pour nourrir les vaches. Tôt le matin ,elle donnait un coup de main à ses parents pour traire les vaches et nettoyer l’écurie. Les aînés ont raconté que depuis son enfance Fatma était toujours d’humeur joviale. Vive et agile, elle ne se plaignait jamais des nombreuses tâches que lui confiait sa mère.

Mère de 7 enfants

Elle était encore très jeune quand elle épousa Abdool Hamid Maghooa, un habitant de Camp Yoloff à Port-louis. Le couple a eu sept enfants, soit 4 fils (Isoop , Mahmood, Hossen et le benjamin Carrim) et 3 filles (Bibi Sarah, Bibi Mariam et Bibi Sarifa). Malheureusement, l’une d’elles, Bibi Sarifa, a quitté ce monde il y a trois semaines.

Né en 1909, son époux, Abdool Hamid, est mort à l’âge de 53 ans. Avec 7 enfants sur les bras, dadi Fatma avait toutes les peines du monde à grandir et scolariser ses enfants. Elle qui n’avait jamais travaillé dans sa vie, s’est trouvée dans l’obligation de travailler comme bonne chez des particuliers pour faire bouillir la marmite. Dadi Fatma se souvient de tout comme si c’était hier et nous laisse entendre avec le sourire que sa vie est comme un livre d’histoire. Elle se rappelle encore des grands cyclones qui ont ravagé des centaines des maisons et des épidémies qui ont jeté dans la tombe des centaines d’enfants. Elle range les bagarres raciales de 1968 au rayon des mauvais souvenirs. Vu son grand âge, elle nous étonne par son extraordinaire lucidité et sort en un tour de main de sa mémoire des événements qui ont jalonné son existence. Son fils Carrim chez qui elle vit et son petit-fils Ikbal directeur d’entréprise Sheentex nous racontent que dadi Fatma est une figure très connue dans la région de Camp Yoloff. Elle avait l’habitude de rendre visite à des personnes malades de toutes les communautés et elle ne refusait à personne son aide pour se rendre à la boutique du coin même deux à trois fois en une journée. Carrim raconte que sa mère était d’une telle générosité qu’elle ne laissait jamais repartir les mains vides ceux qui frappaient à sa porte. «Mo maman li ene dimoune ki éna grand le coeur. Li pas capave trouve dimoune souffert et li toujours présent pou apaise la faim banne ceki tappe so la porte», dit-il.

Dadi Fatma ne souffre d’aucune maladie et a bonne mémoire. Elle se réveille très tôt et fait sa toilette avant de prendre son petit déjeuner composé d’une tasse de thé et parfois d’un bol de céréales. Elle aime la compagnie de ses proches. Toute la journée,elle parle, sourit et fait des blagues. Quand ses petits-enfants lui rendent visite, elle est très heureuse et les embrasse avec amour et tendresse. Pendant la journée il est très rare qu’elle se repose. Sinon elle reste assise dans son fauteuil à attendre l’arrivée d’un proche pour tenir une conversation. Dadi Fatma aime les sorties et ses petits-enfants font tout pour la rendre heureuse. D’ailleurs, il y a un mois, elle était présente dans la salle pour la cérémonie de mariage d’un de ses 29 arrière-petits-enfants. « Dadi content mange briyani et boire pepsi », nous indique son fils.  Heureuse sur son lit, la future centenaire bavardait avec tous ceux qui venaient la saluer.

Une femme pieuse

Carrim nous raconte que sa mère est une personne qui a enseigné le respect à ses enfants. Même si elle n’a jamais connu les bancs de l’école, cela ne l’a pas empêché de faire scolariser ses enfants car elle dit toujours que l’éducation ouvre la porte du succès. Très pieuse, Fatma ne manque jamais à ses obligations religieuses et trés souvent elle lève les deux mains au ciel pour remercier le Créateur pour Ses bienfaits.: « Maman ti content lire so quraan et faire tasbih,li pas ti manque so rozah jamais,» ajoute Carrim.

Son petit-fils, Ikbal, nous raconte que dadi était rayonnante de joie quand elle a appris que ses proches préparaient une grande fête pour célébrer son anniversaire. Sa robe de couleur pourpre et son horni blanc étaient prêts pour ce grand jour. La salle était déjà réservée et il ne restait que les cartes d’invitation à être distribuées. Il y a trois semaines, elle a appris la triste nouvelle du décès de sa fille, Bibi Sarifa. Dadi Fatma était très accablée et n’avait aucun contrôle sur ses mouvements pour se déplacer. Elle a fait une chute et s’est tordu le genou. En larmes, elle a été transportée à l’hôpital Jeetoo et sera opérée dans quelques jours.

Admise en salle elle est immobilisée sur le lit. Du coup, la grande fête aura lieu après sa sortie. Mais ses enfants et petits-enfants de même que le ministère de la Santé ont prévu une petite surprise à dadi Fatma au cas où elle est toujours hospitalisée. Ses enfants et petits-enfants se font du souci car elle n’a jamais été malade. «Dadi jamais fine conne reste l’hôpital et nous peur ki sa dérange so la santé», nous dit son petit-fils.

Soulignons que la centenaire a 7 enfants, 18 petits-enfants et 29 arrière-petits enfants.

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