samedi , 24 août 2019
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Bhai Ahmad Soorefan

Bhai Ahmad Soorefan, 71 ans, boucher : «Une vache se vendait à Rs 200»

Bhai Ahmad Soorefan, 71 ans, a commencé  le métier de boucher à l’âge de 12 ans. Sa boucherie bien équipée à Chebel, fait sa fierté. Chaque jour, aidé de son frère, il présente de manière attrayante la viande qu’il a découpée et désossée pour mettre en vente aux clients venus des quatre coins du pays. Si un client a une commande spéciale ou une demande particulière, il l’aide avec plaisir. La philosophie de Bhai Ahmad c’est l’honnêteté et vivre selon les préceptes de l’islam.

Bhai Ahmad nous a gentiment raconté comment se déroulait le qurbani d’antan. Il avait 12 ans quand son père, Bhai Isoop,  l’emmenait à la boucherie pour apprendre le métier. À cette époque, la viande était un luxe et se vendait à Rs 1.25 la livre. Une vache bien nourrie  se vendait à Rs 200 et un taureau de plusieurs kilos à Rs 300. Bhai Ahmad fait ressortir qu’aucun permis n’était délivré pour importer des animaux. Il fallait acheter le bétail chez des vachers à la campagne. À cette époque seuls les riches pouvaient faire un qurbani. Le matin, après le namaz, des centaines de personnes venaient de loin pour assister à l’abattage de l’animal. On servait à boire à tout le monde et parfois du pain. La viande était destinée exclusivement aux pauvres. Le transport des animaux se faisait dans la discrétion, sans cortège, ni klaxon. L’animal était bien traité et nourri toute la nuit avant le sacrifice.

Bhai Ahmad raconte que certaines gens «ti pe mettre surmah et guirlande dans li cou boeuf là». « Tôt le matin les bouchers étaient présents pour mettre l’animal à terre sans le faire souffrir. C’étaient de vrais professionnels qui savaient comment traiter un animal », dit-il.

La famille chez laquelle le rite du qurbani était effectué était triste et on ressentait la tristesse le jour du sacrifice. « Ti bizin allume sandale et loban avant passe couteau et tout dimoune ti lire Takbeer  avant » se rappelle-t-il encore .

Bhai Ahmad regrette que de nos jours, il y a un manque de «vrais bouchers» qui connaissent le travail. « De nos jours, avant que l’animal ne soit dépecé pour le partage, des images circulent sur les réseaux sociaux. C’est un manque de respect pour le sacrifice d’Abraham », s’indigne-t-il.

Bhai Ahmad trouve aussi que les animaux sont transportés de façon affligeante et se désole que des jeunes sans expérience martyrisent l’animal à coups de pied et d’objets électriques.

«Rs 10 par zanimo»

Il se remémore avec nostalgie l’époque où son frère, ses deux cousins et lui-même abattaient 15 animaux par jour. « Nous ti pe gagne Rs 10.00 par zanimo », nous confie-t-il. Bhai Ahmad était un professionnel car d’un seul  coup d’œil il savait estimer et évaluer le poids de l’animal.

Les vachers à la campagne faisaient confiance à l’acheteur et on n’avait pas besoin de payer un à-valoir pour faire réserver l’animal. « C’était la confiance et la parole donnée », dit-il. . Il est content que de nos jours plus de gens font un ‘qurbani’ et que la viande est distribuée aux pauvres. « Il y a des familles qui font abattre deux à trois bœufs et distribuent la viande aux pauvres, en particulier aux travailleurs bangladais », fait-il ressortir.  Bhai Ahmad  souhaite un joyeux Eid-ul-Adha mubarak aux frères et sœurs.

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