dimanche , 19 novembre 2017
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Bashir Jahangeer : « L’opposition nous rendra la vie difficile en 2017 »

Le député MSM au No. 13, Bashir Jahangeer, ne cache pas ses appréhen­sions pour 2017, face à une Opposition qu’il considère « forte ». Il estime que la démission du PMSD demeure un mystère et que 2017 sera l’année de toutes les possibilités.

  • Avec le départ du PMSD, êtes-vous inquiet de l’avenir du gouvernement MSM-ML ?

– Pas du tout. Au gouvernement, nous continuons notre route. Nous avons un programme gouvernemental et nous pouvons bien le traduire dans la réalité sans le PMSD. C’est comme si le pneu d’une voiture est crevé. On a arrêté la voiture pour changer le pneu et on continue notre route. Le départ du PMSD ne nous a pas intimidés et nous sommes confiants que nous allons atteindre notre but. Le problème actuellement c’est que la population nous juge sur les travaux accomplis chaque année. Ce n’est pas raisonnable. Nous avons un mandat de cinq ans. Nous pouvons être jugés de façon négative si après cinq ans nous n’avons rien fait. Nous entendons souvent dire que nous n’avons rien fait jusqu’ici. Or, ce n’est pas le cas, nous avons fait du « ground work », c.à.d. que nous avons préparé le terrain. Pendant ces deux dernières années, nous avons lancé des appels d’offres pour les projets. À partir de là il y a une série de procédures à suivre. Nous avons déjà passé le niveau du « tendering » et en 2017, les travaux vont démarrer.

  • Aurait-on pu éviter cette cassure ?

– Non, je ne le crois pas. Le gouvernement a été formé suite à l’alliance de trois partis. Certes, il y avait des situations évidentes où les trois partis n’étaient pas sur la même longueur d’ondes. Chacun avait sa propre façon de penser et cette cassure était inévitable. D’ailleurs, nous n’avions pas de contrôle sur cette cassure. Par contre, je tiens à préciser que nous avons souvent constaté que le PMSD n’était pas d’accord avec la ligne de pensée du MSM. Il en a tout à fait le droit mais il contestait souvent les décisions et propositions du MSM.

  • Est-ce en raison d’un manque de communication entre les leaders ?

– Les leaders se rencontraient souvent. Donc, je ne crois pas qu’il y avait un manque de communication. Les trois leaders s’entendaient très bien mais comme je l’ai précisé, chacun avait son propre point de vue. L’opinion du PMSD était différente des deux autres partis sur la Prosecution Commission. Le PMSD l’a jugée inappropriée alors que nous au MSM, nous l’avons jugée nécessaire pour le pays.

  • Il y a la perception que le gouvernement est impopulaire. Ne croyez-vous que cette cassure va lui être encore plus dommageable ?

Let’s not beat about the bush. En tant qu’homme de terrain, je dois avouer que le gouvernement est impopulaire en ce moment. Souvent, j’ai des confrontations avec mes collègues qui n’acceptent pas la réalité. Nous devons accepter la vérité. Pourquoi sommes-nous impopulaires ? La raison est simple. Nous avions promis de lancer certains projets mais les travaux sur le chantier ont pris du retard. La réalisation de certains de ces projets a pris plus de temps que nous avons prévu. Voilà la raison pour laquelle le gouvernement est devenu impopulaire. Les travaux parlementaires reprennent en mars 2017. Entre-temps, je ne peux vous dire ce qui va se passer. Certains pourront même « cross the floor ».

  • Faut-il reconstituer le Cabinet en remplaçant les ministres démissionnaires ou faut-il un remaniement en faisant tomber quelques têtes ?

– Le Premier ministre a déclaré qu’il y aura un « major reshuffling ». Dans un gouvernement, tous les ministres ne fonctionnent pas avec la même efficience et productivité. Donc, il faut procéder à des changements pour un meilleur rendement. C’est la raison pour laquelle le Premier ministre a évoqué la question d’un remaniement majeur. Le remaniement permettra à la population d’avoir une nouvelle lueur d’espoir. Certainement, nous pouvons nous attendre à voir tomber quelques têtes. Quand nous évaluons chaque ministère, nous pouvons voir clairement qui sont les ministres qui ont produit des résultats et qui sont ceux qui n’ont rien fait.

  • Pensez-vous que dans la situation présente, SAJ doit se retirer comme Premier ministre pour laisser le champ libre à Pravind Jugnauth ?

– C’est le moment ! Une bonne partie de la population avance qu’elle avait élu SAJ comme Premier ministre et non pas son fils. SAJ est une personne âgée mais nous avions besoin de lui, vu l’expérience qu’il a dans le monde de la politique. Il est venu quand la machine gouvernementale était en panne. Il a fait redémarrer la machine mais à aucun moment nous n’avions dit qu’il allait être l’opérateur jusqu’à la fin. Par contre, il y a Pravind Jugnauth qui a l’énergie et le dynamisme qu’il faut pour assurer la continuité.

  • Sera-t-il à la hauteur ?

– Je dois avouer une chose. Au début, quand j’ai connu Pravind Jugnauth, je le croyais arrogant mais par la suite j’ai compris qu’il est timide. C’est la raison pour laquelle les gens disent qu’il n’est pas comme son père mais c’est faux. Tout récemment, il a fait une sortie contre Paul Bérenger au Parlement. À ce moment précis, je me suis dit que Pravind Jugnauth est prêt à prendre la relève. Il a atteint la maturité. Soit certaines personnes ont peur de son dynamisme ou elles doutent toujours de sa compétence. Mais il faut lui donner la chance. Par la suite, la population pourra le juger aux élections générales.

  • Ne craignez-vous qu’en 2017, l’opposition MMM-PMSD-PTr et les députés indépendants vont rendre la vie des élus du gouvernement plus difficile ?

– Nous ne craignons rien même si nous savons que cette opposition nous rendra la vie difficile. Nous avons là une opposition bien forte. Il ne faut pas la sous-estimer car des ténors en font partie. De plus, le PMSD n’est plus un petit parti comme autrefois. Il est le seul parti à attirer des jeunes. C’est un signal fort. Le PMSD a derrière lui cette jeunesse que le MSM n’a pas. Notre vie en 2017 ne sera pas facile, avec Paul Bérenger, Xavier Luc Duval et les membres du PTr. Je ne compte pas les indépendants parce qu’ils sont eux-mêmes indécis. De plus, l’Opposition estime qu’il y aura les élections générales l’année prochaine. Quand je réfléchis à leur prédiction je me dis c’est impossible à moins qu’il y ait un grand scandale. Pourquoi le PMSD a-t-il démissionné en bloc à ce moment précis ?. C’est un mystère. D’autant que l’Opposition prévoit des élections générales en 2017. Je ne crois pas que c’est en raison de la Prosecution Comission. Donc, je ne peux vous dire ce qui va se passer en 2017 mais nous devons être vigilants.

  • Que doit faire ce gouvernement pour pouvoir renverser la vapeur ?

– Nous allons continuer notre travail, c’est-à-dire procéder à l’implémentation des projets promis à la population, d’après le budget voté. Si nous arrivons à implémenter les projets populaires, nous aurons le soutien du peuple.

  • Que diriez-vous à ceux qui pensent que certains ministres ne sont pas à la hauteur ?

– C’est normal. Au début, on ne peut connaître les compétences des ministres. C’est au fil des années que nous constatons s’ils ont produit quelque chose ou pas. Un remaniement est en vue, soit SAJ ou Pravind Jugnauth reconstituera une nouvelle équipe qui portera ses fruits.

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