mardi , 22 août 2017
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Assenjee Gurib : « Je suis blessé par les critiques contre ma fille »

Il n’y a rien de plus réjouissant pour un père que de voir ses enfants recueillir des lauriers. Mais quand des critiques acerbes sont dirigées contre les êtres qu’il chérit, ce père en a le coeur meurtri. Parfois, il pleure en silence et parle avec son Créateur pour lui demander d’épargner les siens contre la méchanceté humaine.

Assenjee Gurib, 84 ans, et son épouse Firdaus, 79 ans, sont les parents d’Ameenah Gurib-Fakim, présidente de la République de l’île Maurice. En tant que parents, comment vivent-ils depuis un mois face aux critiques qui pleuvent sur leur fille?

D’emblée, Assenjee Gurib lance que la vie familliale n’a aucunement été perturbée car beaucoup de choses dites contre sa fille Ameenah ne sont que fabulations et faussetés. «Je suis convaincu en mon âme et conscience en tant que musulman que ma fille Ameenah fait son travail comme une vraie patriote. N’empêche que comme un papa qui a toujours adoré sa fille unique, j’estime que les critiques sont blessantes », dit-il. À présent, son souhait le plus cher c’est de voir la justice triompher. Il lui est inacceptable qu’on montre aussi peu de respect envers une personne qui aide les enfants pauvres de son pays à avoir accès à la meilleure éducation possible. « Les membres de la famille Gurib sont des personnes respectables et nos mains sont propres,» dit-il. Assenjee Gurib a la voix nouée quand il parle de sa fille. «Ameenah est une personne d’une grande générosité. Elle déteste voir souffrir les gens. Elle est sensible à la souffrance humaine», ajoute-t-il.

Il se rappelle avec émotion le jour où sa fille est venue lui annoncer que son nom a été cité comme prochaine présidente de la République, «J’ai tout de suite levé les mains au ciel pour remercier le Créateur. Ensuite la famille s’est concertée pour prendre une décision. Je lui ai tenu la main et lui ai regardé dans les yeux pour lui dire : Those who dare succeed», se souvient notre interlocuteur.

Pour Assenjee Gurib, sa fille est une professionnelle qui aime innover « Je lui ai toujours dit que pour réussir dans la vie il faut sortir des sentiers battus et innover», souligne l’ancien maître d’école. Il se dit fier d’avoir inculqué à sa fille la valeur du travail et le sens du devoir pour son épanouissement. «Tout ce qu’elle a fait et acquis elle ne le doit à personne. Elle porte dans son coeur son Créateur. Elle s’implique à fond dans tout ce qu’elle entreprend et elle a voulu démontrer qu’elle n’est pas une présidente vase-à-fleurs au Château de Réduit», dit le père de la Présidente.

«Ma fille a une telle conviction qu’elle ne craint pas les critiques. Elle a la conscience claire car elle a les mains propres. Vous savez, en tant que Présidente elle a un devoir de réserve et ne peut du matin au soir répondre aux critiques», dit-il encore. Assenjee Gurib pardonne à tous ceux qui ont blessé sa fille. Il est très remonté contre des politiciens qui se sont attaqués à une mère de famille. « Les politiciens qui critiquent ma fille doivent avoir honte. Ils doivent voir plus loin que le bout de leur nez et savoir faire la différence entre ‘Charity’ et ‘Foundation’. Ma fille n’a jamais touché un sou pour son travail au Planet Earth Institute. Elle a fait du volontariat sans être rémunérée. Que certains politiciens se regardent bien dans un miroir avant de donner des leçons», déclare Assenjee Gurib.

Assenjee Gurib fait un saut dans le passé et nous parle de sa fille avec amour, affection et tendresse. «Des liens profonds unissent un père à sa fille. Quand Ameenah grandissait, j’admirais sa générosité de coeur, son intelligence et son honnêteté».

Le parcours de la Présidente raconté par son père

Née à Surinam au sein d’une famille modeste, Ameenah Gurib a grandi à Plaine Magnien au milieu de ses grands-parents paternels. Son père, Assenjee, était enseignant à l’école primaire de Trois Boutiques. Dès son plus jeune âge, Ameenah était très active parmi ses amies de l’école St Patrick RCA. Elle était aussi très brillante dans toutes les matières.

Après ses études primaires, elle a fréquenté le collège du Couvent de Lorette de Mahebourg jusqu’au School Certificate (SC) . Ensuite elle a été admise au couvent de Lorette de Quatre Bornes pour le HSC. «Malgré la fatigue qu’elle ressentait chaque jour pour voyager par autobus de Plaine Magnien à Quatre Bornes, Ameenah ne m’a jamais reproché ce choix de collège. Au collège, elle était toujours la première en classe», nous dit encore l’ancien enseignant «À cette époque je n’avais pas de voiture et le problème de transport par autobus était aigu. Mais Ameenah se faisait un devoir d’être à l’heure à l’école. Je la transportais à mobylette de Plaine Magnien à Mahebourg et de là elle prenait l’autobus pour Quatre Bornes» , se rappelle Assenjee Gurib.

Après les très bons résultats d’Ameenah en HSC, sur les conseils d’Ahad Foondun, alors responsable du «Students Career Guidance», Assenjee l’accompagne et la fait admettre à ses propres frais à l’université de Surrey pour des études supérieures en science. «Après quatre ans, elle obtient une bourse pour continuer ses études menant au doctorat en chimie à l’université d’Exeter», se souvient notre interlocuteur.

Selon son père, Ameenah a bossé très dur et alors qu’elle était en Angleterre, l’université de Maurice lui a proposé un poste chargée de cours en chimie organique. «Elle accepte le poste, mais son séjour à l’université fait des jaloux. Son laboratoire est incendié «accidentellement». Elle prend un congé sabbatique pour occuper un poste comme manager au Mauritius Research Council. À son retour à l’UoM, elle est nommée senoir lecturer avant de gravir les échelons pour occuper le poste de pro vice-chancelier», laisse entendre l’octogénaire. «Pour des raisons occultes le poste de vice-chancelier lui est refusé. Ameenah avait un grand défi à relever après toutes ces péripéties et humiliations. Elle quitte l ‘université pour ouvrir son propre laboratoire de recherches (CIDP). Après une année de recherches sur les plantes, elle obtient le prix L’Oreal, une distinction internationale.

C’est le déclic. Elle obtient une reconnaissance internationale pour ses recherches sur les plantes médicinales. Sa photo fait souvent la une des grands magazines. Et tout récemment, elle est citée parmi les 100 femmes les plus influentes dans le monde. Sa photos fait le tour du monde sur la couverture du magazine Forbes tiré à des millions d’exemplaires. Le mois dernier elle a obtenu une distinction d’un grand centre de recherches en Amérique. Elle est la première femme au monde à obtenir ce titre», nous dit avec un brin de fierté Assnejee Gurib. Soulignons qu’Ameenah Gurib est mariée au Dr Anwar Fakim, chirurgien . Le couple a deux enfants qui étudient en Angleterre.

 

Affaire Alvaro Sobrinho – Levée de boucliers contre Ameenah Gurib-Fakim

La situation semble se compliquer davantage pour la présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim. Un e-mail publié, samedi, par Le Défi-Plus fait enfler la polémique.

Dans un communiqué en date du 7 avril 2017, Akilesh Deerpalsingh Vice-Chairperson de la Financial Services Commission (FSC) fait ressortir que la présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, lui avait téléphoné pour qu’il rencontre Mauricio Fernandes, l’homme de loi de Sobrino. Un courriel d’Ameenah Gurib-Fakim en date du 27 Août 2015 adressé à Akilesh Deerpalsingh le remercie d’avoir facilité les procédures ayant trait aux licences de PASET et ASA funds. Ameenah Gurib-Fakim avait écrit qu’elle apprécie qu’il y ait eu un dénouement.

Sa démission est réclamée par des politiciens. Lors d’une conférence de presse, vendredi, Xavier Duval a fait ressortir que Sobrino a utilisé en 31 occasions les salons VIP à la demande de la Présidente. Donc, la responsabilité de cette dernière est engagée. La présidente de la République, poursui til, devrait prendre ses responsabilités. Xavier Luc Duval a également mis en exergue la réputation d’Alvaro Sobrino. Il dit avoir constitué un dossier qu’il a déposé sur la table de l’Assemblée nationale. Le leader du PMSD à déclaré que c’est le devoir de la FSC de vérifier les dossiers avant d’octroyer tout permis. La FSC, selon Xavier Duval, doit s’assurer que la personne concernée est de bonne réputation et intègre.

Pour sa part Alan Ganoo a déclaré que la population attend toujours des explications depuis que l’affaire Alvaro Sobrino a éclaté. Il fait ressortir que la Présidente n’a d’autre choix que de soumettre sa démission. Alan Ganoo a fait référence au rapport Sachs , qui avait suggéré qu’un président de la République de Maurice ne doit en aucune manière s’ingérer dans l’administration de l’Etat. Le leader du MP a déclaré que la population a le droit de savoir quel rôle a joué la Présidente dans l’affaire Alvaro Sobrino.

Commentant l’affaire Alvara Sobrinho, le leader du MMM Paul Bérenger a déclaré que la présidente de la République, Ameenah Gurib Fakim, s’est disqualifiée. « La meilleure chose pour elle est de ‘take a leave’ », a-t-il proposé. Paul Bérenger a aussi condamné la position du Premier ministre, Pravind Jugnauth, dans toute cette affaire. « Pravind Jugnauth déclare pas conner enn la honte pou sa pei la », a-t-il fulminé. L’ancien leader de l’opposition veut savoir toute la vérité à ce sujet, à commencer par l’identité des ministres qui ont été impliqués depuis le tout début.

En ce qu’il s’agit de la commission d’enquête instituée par le Conseil des ministres afin de faire la lumière sur la vente de Britam, une filiale de l’ex-BAI au Kenya, Paul Bérenger a sévèrement critiqué la nomination de l’ancien juge Bhushan Domah. Il est d’avis que cet ancien juge n’a aucune crédibilité. Le leader des mauves est aussi catégorique pour dire que le démantèlement du groupe BAI relève de la responsabilité du gouvernement. Finalement en ce qui concerne l’affaire Euro Loan, Bérenger a qualifié toute cette affaire d’indécente.

Ravi Rutnah : « Aucune raison pour que la Présidente quitte son poste »

L’avocat et député de la majorité considère que la présidente de la République fait partie l’État mauricien. Selon le député Ravi Rutnah du ML, Ameenah Gurib-Fakim a voulu travailler dans l’intérêt du pays en attirant des investissements à Maurice. Pour le Deputy Whip de l’Assemblée nationale, il n’y a aucune raison pour que la présidente démissionne. « Aujourd’hui, il y a un agenda de la part de nombreuses personnes pour mettre des bâtons dans les roues de ce gouvernement et freiner les développements que celui-ci souhaite entreprendre. »

 

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