dimanche , 19 novembre 2017
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Asleem Mahammodally

Asleem Mahammodally, aveugle : «Ma foi en Allah me permet de tenir le coup»

Complètement aveugle depuis 1997, Asleem Mahammodally, 48 ans, a, à plusieurs reprises, pensé mettre fin à ses jours. Mais sa foi en le Créateur l’a empêché de commettre l’irréparable. Il affirme que c’est sa foi inébranlable en Allah qui lui permet de tenir le coup. 

L’histoire de cet habitant de Pailles est bouleversante et nous fait réfléchir sur la chance que nous avons de ne présenter aucun handicap ni aucune condition médicale pouvant nous empêcher de vivre normalement.

Asleem était un jeune homme sans problème de santé qui menait une vie simple et paisible. Il vivait avec son père et sa mère et en 1993 il obtint un emploi comme « cleaner » dans une grosse boîte de la capitale. Au mois d’avril 1997, alors qu’il était occupé au nettoyage du quatrième étage, dans un couloir mal éclairé où un support métallique avait été enlevé, Asleem fait une chute et atterrit au rez-de-chaussée. Grièvement blessé à la tête et aux épaules, il souffrait aussi d’une fracture de la cheville  et de côtes fêlées. Il fut hospitalisé pendant trois mois.

Asleem à sa charge 500 lignes téléphoniques qu’il connaît par cœur.

Comme un malheur ne vient jamais seul, un mois après sa chute il perdit sa mère et six mois après, son père. Se retrouvant tout d’un coup seul au monde, il commence à stresser. D’autres ennuis vont s’ajouter à ceux affectant sa santé quelques mois après. Asleem ressent une atroce douleur aux yeux. Il se rend à l’hôpital ophtalmologique Soobramanien-Bharati de Moka et le médecin confirme un début de cataracte et un décollement de la rétine.

Suite des malheurs

Le médecin lui explique que c’étaient les conséquences de sa chute : sa tête ayant heurté violemment le sol avait provoqué la déchirure de la rétine de ses deux yeux. Tout d’un coup Asleem est devenu aveugle et se retrouve seul dans sa maison. Cette succession de malheurs ébranlerait la constitution la plus vigoureuse : il pleure à chaudes larmes et prie Allah pour lui faire retrouver la lumière. Il était à la fleur de l’âge et  avait l’intention de se marier, puis son monde s’est écroulé « Si mo ti né aveugle li ti pou normal pou moi. Mais mo fine vine aveugle dans mo jeunesse et mo péna ni maman ni papa», nous dit-il en s’essuyant les yeux.

Asleem entame des démarches pour se rendre à l’étranger pour se faire opérer mais sans succès. Il obtient un prêt bancaire et avec le soutien de ses amis il se rend à l’île de la Réunion, en Afrique du Sud et en Inde mais les médecins sont formels : il ne retrouvera pas la vue. Sa fiancée aussi l’abandonnera.

Compensation dérisoire

Après l’épuisement de ses droits à congés pour raisons de santé, la compagnie où il travaillait le contraint à soumettre sa démission et il ne reçoit que quelques mois de salaire comme compensation.

«Si mo ti né aveugle li ti pou normal pou moi. Mais mo fine vine aveugle dans mo jeunesse et mo péna ni maman ni papa»

«Couma dire ène tsunami passe avec moi», dit-il. Heureusement pour lui, il peut compter sur son oncle qui lui fait parvenir sa nourriture chaque jour. Asleem a appris à se débrouiller : il fait la lessive, nettoie sa maison, repasse ses vêtements et fait le jardinage. «Mo la main sa même mo li yeux. Malgré mes difficultés ma foi en Allah me permet de tenir le coup», dit-il. Asleem a ses repères dans sa maison et s’est adapté à ce mode de vie.

En 2003, il décide de prendre des cours de réceptionniste à l’institut Orian sur le modèle de téléphone PABX. Après avoir obtenu ses certificats, il retourne chercher de l’emploi dans son ancienne firme. En vain. C’est à travers la SécuritéSociale qu’il décroche un emploi comme téléphoniste. Il est posté au bureau du National Pension Fund dans la capitale et il a à sa charge 500 lignes téléphoniques qu’il connaît par cœur. Asleem n’est pas heureux car il ne touche que Rs 6000 par mois.

Après 6 ans, il est transféré à Rose-Hill au bureau central. Il a multiplié les démarches pour être embauché sur une base permanente mais ses lettres demeurent sans réponse. Il a écrit à tous les parlementaires et a frappé à toutes les portes. En pure perte. « Après 8 ans zotte encore considère moi comme stagiaire et mo la paye reste pareille », laisse-t-il entendre. Il ne cache pas qu’il en a marre de cette vie de reclus car il ne sort que pour se rendre à son travail. «Mo vive dans ène monde de ténèbres et mo cerveau ki aide moi», ajoute-t-il.  Il tente d’agrémenter sa vie en interagissant avec les facebookers et écoute les vidéos ayant trait aux hadiths.

Asleem souhaite mener une vie comme tout le monde et vivre dans la tranquillité. “Mo la tête fatigué. Le soir mo pas dormi, mo stressé.»

Il n’a pas d’argent pour se rendre à l’hôpital en taxi et dépend de la bonté d’une âme charitable. «Mo bizin acheter mo provisions, mo bizin rembourse mo loan et paye de l’eau, électricité. Narnien pas rester », fait-il essortir. Il lance un appel d’aide à ses frères et soeurs pour lui venir en aide afin qu’il puisse rembourser la somme restante et vivre une vie tranquille. Il aimerait trouver un emploi dans une firme où dans une entreprise où son salaire serait meilleur. Son voisin confirme qu’Asleem fait ses prières et se réveille au milieu de la nuit pour le namaz tahajud. Asleem nous prie de demander  à nos lecteurs de lui rendre visite. Vous pouvez le contacter sur le 57553826.Il habite rue Rubis, Pailles.

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