dimanche , 28 mai 2017
Accueil / Actualités / Aslam Lollbeeharry, paraplégique, décroche un diplôme en marketing
aslam

Aslam Lollbeeharry, paraplégique, décroche un diplôme en marketing

Aslam Lollbeeharry, 23 ans, est paraplégique de naissance. Pourtant, il fait honneur aux personnes en situation de handicap après avoir décroché un diplôme en “Marketing and Management” à l’Institut Charles Telfair de Moka. Motivé à bloc, il compte se rendre au Canada pour poursuivre ses études et préparer un Master.Aslam est né avant terme et est paralysé des deux jambes à sa naissance. Quand Sairah, sa mère, s’aperçoit que son fils sera différent des autres enfants, elle accepte la dure réalité mais sait qu’il devra se battre contre les préjugés et le regard blessant d’autrui. Sairah nous raconte un épisode dans la vie de son fils alors qu’il était à l’école primaire. Une institutrice ne voulait pas d’Aslam dans sa classe et lui a demandé de le faire admettre dans une école spécialisée pour enfants handicapés. Connaissant les capacités de son fils car son cerveau n’a pas été atteint, Sairah insiste auprès du maître d’école.

Ce dernier invite l’institutrice à son bureau et lui demande de poser des questions à Aslam. Sans être le moindrement intimidé, Aslam répond correctement à toutes les questions au grand dam du maître d’école et de l’institutrice. Aslam est admis à l’école primaire de Vacoas et est reçu brillamment à ses examens. Mais il peine à se déplacer dans la cour. Le matin, c’est sa maman qui l’accompagne et pendant la récréation elle lui donne à manger. Après le primaire, il est admis à la Mahatma Gandhi Secondary School de Solferino.

Aslam avoue y avoir vécu une très mauvaise expérience. Il n’avait pas d’amis et se sentait seul. Personne ne voulait de lui. Dans sa tête, il se disait toujours qu’il était un garçon comme les autres. Néanmoins, il persévère et s’accroche. Sa patience sera récompensée et il remportera une belle victoire sur la méchanceté humaine.

En 2012, il réussit à ses examens du HSC avec brio. Il ne voulait pas s’inscrire à l’université de Maurice car il redoutait de revivre les mêmes tourments qu’au secondaire. Malgré le fait que ses parents étaient de condition modeste, ils consentent à le faire admettre à l’Institut Charles Telfair de Moka. Sa maman nous raconte que la famille a contracté un prêt de Rs 650 000 pour payer les 3 ans d’études. Ajouté à cela, Aslam devait se déplacer par taxi chaque jour. Des frais énormes que la famille a eu beaucoup de peine à encourir. Sa mère estime que le ministère de la Sécurité sociale aurait dû prendre à sa charge les frais d’études d’un adulte paraplégique qui aspire à être un professionnel.

Poursuivre des études au Canada

Après 3 ans d’études, Aslam est reçu à ses examens avec des notes très élevées. Quand on lui demande le secret derrière sa réussite, il répond avec le sourire. « Vous savez, j’ai appris à prendre la vie avec philosophie. J’attends le dernier moment pour réviser et j’ai une bonne mémoire. Je ne suis pas du genre à m’asseoir avec mes notes entre les mains », indique-t-il. Il rend grâce à l’Institut Charles Telfair où il a été accueilli à bras ouverts. « Personne n’y fait la différence entre une personne en situation de handicap et une personne normale », souligne-t-il. Il se fait des amis et prend goût à la vie. « J’ai une famille et des amis qui m’entourent et qui m’aident à garder le sourire. J’ai la volonté et la joie de vivre et grâce à Dieu, je me débrouille seul », nous dit-il.

Magnanime, Aslam pardonne à ceux qui lui font sentir qu’il est une personne en situation de handicap. « Je pardonne à ceux qui ont profité de ma gentillesse et m’ont fait beaucoup de mal. Pourtant Dieu seul sait que je n’ai jamais blessé personne ni avec le regard ni avec un mauvais mot », laisse-t-il entendre.

Sairah souffre davantage que son fils et souhaite qu’on change d’attitude à son égard « Partout cotte nous aller dimoune passe mauvais remarque lor Aslam so handicap. Dans l’hôpital gagne maltraité, dans l’école professeur pas ouler li. Mo espérer zot changer », dit-elle. Elle regrette aussi que le gouvernement, à part la pension d’invalidité que reçoit Aslam, ne fait rien pour les enfants en situation de handicap. « Pourtant si ces enfants réussissent dans leurs études, cela serait un grand honneur pour le pays », dit-elle. Elle lance un message aux autres parents qui sont dans la même situation. « Pas reste les bras croisés. Bizin débatte pour sa zenfant-là », fait-elle ressortir.

Elle lance un appel pour que son fils bénéficie d’une bourse. « À défaut, s’il y a une firme ou une personne qui désire parrainer les études d’Aslam, ce sera un grand soulagement pour la famille », dit-elle encore. Aslam insiste pour se rendre au Canada. « Dans ce pays c’est plus abordable et les Canadiens respectent les personnes qui souffrent d’un handicap », affirme-t-il. Aslam se passionne pour l’actualité politique et passe ses heures libres devant son ordinateur à surfer. Il adore le foot allemand et aime contempler les paysages pittoresques.

Difficultés à marcher

Aslam, considéré comme un paraplégique, prend goût à la vie car son cerveau et sa moelle épinière ont été épargnés. En revanche il éprouve de grandes difficultés à marcher correctement et à tenir longtemps sur ses jambes. Le câblage nerveux qui permet au cerveau de transmettre les informations aux neurones moteurs de la moelle épinière est rompu. Il en résulte une paralysie des membres et de la partie basse du tronc.

Commentaires

A propos de Rahim Murtuza

Ceci peut vous intéresser

230517_shawkat_pravind

Préparatifs et bon déroulement : une Task Force sur le Ramadan

Une Task Force sur le Ramadan 2017 présidée par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a …