mardi , 21 mai 2019
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Falaknaz Auliar
La jeune femme peut compter sur le soutien de sa mère et de son oncle

Après un accident de quad – Falaknaz Auliar clouée au lit depuis deux mois

  • « Je rêvais d’envoyer mes parents à La Mecque »

Elle respirait la joie de vivre et avait des rêves plein la tête. Mais son univers a subitement basculé après un accident lors d’une randonnée en quad, en août dernier. Falaknaz Auliar, 24 ans, est aujourd’hui contrainte de garder le lit mais elle a bon espoir de pouvoir marcher à nouveau.

Une poignée de secondes suffit à changer le cours de notre vie de façon presque irréversible. Un accident peut ainsi faire de notre quotidien un réel supplice. C’est à peu près ce qu’est en train de vivre Falaknaz Auliar. Cette jeune femme de 24 ans a vu sa vie changer drastiquement après qu’elle a fait une chute de plus de dix mètres dans un ravin lors d’une randonnée en quad, le 2 août 2018, au Big Foot Adventures à Union Ducray, Rivière-des-Anguilles. Aujourd’hui, Falaknaz est paraplégique et elle est contrainte de garder le lit depuis deux mois. Après l’accident, elle a subi une opération chirurgicale majeure car elle a eu la colonne vertébrale fracturée et plusieurs cotes avaient perforé son poumon. D’ailleurs, elle garde encore des séquelles psychologiques de ce triste incident qui est venu chambouler sa vie et celle de ses parents.

C’est chez elle à Pailles que nous rencontrons Falaknaz. Allongée sur un lit médical spécialement aménagé pour elle au rez-de-chaussée, la jeune femme semble être perdue dans ses pensées. Elle a le regard vide et s’efforce de  sourire. Dans cette bulle intemporelle dans laquelle elle est confinée depuis plusieurs semaines, des séquences d’images de sa vie d’avant défilent dans sa tête. Elle interrompt le fil de sa pensée pour nous parler. « J’aimais bien mon travail. Je menais une vie plaisante avec mes parents », nous dit-elle d’emblée. En effet, après ses études secondaires au collège Islamic de Vallée-des-Prêtres, Falaknaz commence à travailler. Après quelques stages de formation dans diverses entreprises, elle décroche un emploi au RT Knits à Pointe-aux-Sables où elle est affectée au département de laboratoire. Elle est très appliquée à son travail et s’est fait beaucoup d’amies avec lesquelles elle aimait faire des sorties en pleine nature.

Chute de plus de 10 mètres

C’est d’ailleurs une de ces sorties entre collègues qui allait faire basculer sa vie. En effet, le 2 août 2018, comme ses amies et elle étaient en congé, elles avaient décidé d’aller faire une randonnée en quad au Big Foot Adventures, parc de loisirs situé à Rivière-des-Anguilles. Tout se déroule à merveille mais Falaknaz constate que le quad tirait à droite. « Le guide m’a expliqué comment m’y prendre lorsque le véhicule faisait ainsi. Mais, juste après la roue s’est bloquée. J’ignorais alors que j’étais tout près d’un ravin. Le quad a subitement accéléré et j’ai fait une chute de plus de dix mètres dans le ravin. Je me suis retrouvée au fond du ravin,  écrasée par le poids du véhicule», nous raconte Falaknaz, la gorge nouée, comme si elle venait de revivre ce cauchemar. Par la suite, elle s’est évanouie et a dû être transportée d’urgence à l’hôpital Jawaharlal Nehru, à Rose-Belle.

C’est une semaine après l’accident que Falaknaz a subi une opération chirurgicale. Si celle-ci s’est bien déroulée, les médecins ne se prononcent néanmoins pas sur les aptitudes de la jeune femme à pouvoir marcher à nouveau. Croyante, elle garde espoir que le Créateur lui viendra en aide. Sa mère, Nassimah (60 ans), veille constamment sur elle. Depuis l’accident, elle estime que sa fille a perdu la joie de vivre mais qu’elle commence petit à petit à reprendre confiance en elle. « Des fois, elle paraît découragée et nous faisons de notre mieux pour la soutenir et lui remonter le moral. Elle reçoit régulièrement la visite de ses collègues et cela l’aide à oublier son calvaire. Je suis confiante qu’Allah va faire un miracle et que ma fille va pouvoir marcher à nouveau. Je suis déjà très reconnaissante envers le Créateur que ma fille ait survécu à cet accident », nous confie la mère, visiblement très émue.


Elle subvenait aux besoins de la famille

Falaknaz AuliarFalaknaz est issue d’une fratrie de trois enfants. Sa sœur ainsi que son frère sont déjà mariés et elle vit seule avec sa mère Nassimah et son père Ibrahim. Ces derniers ont des problèmes de santé et ne peuvent plus travailler. Il y a quelques années, leur maison à Vallée-Pitot a été la proie des flammes et la famille a emménagé à Pailles dans une maison que la sœur de Nassimah leur a cédée bienveillamment. Quand elle avait commencé à travailler, Falaknaz subvenait aux besoins de ses parents. D’ailleurs, elle veillait à ce qu’ils ne manquaient de rien.

« Falaknaz est une fille au grand cœur. Elle projetait d’acheter une voiture pour que nous puissions faire des sorties en famille. D’ailleurs, avant son accident, elle prenait des leçons de conduite à Port-Louis durant le week-end. Elle m’avait dit qu’elle voulait acheter un nouveau téléviseur et une armoire », souligne Nassimah entre deux sanglots. Elle nous apprend également que sa fille se passionne pour la cuisine et la pâtisserie, et de temps à autre, elle concoctait de succulents repas pour la famille. « Elle est une véritable boule d’énergie et j’espère qu’elle retrouvera à nouveau le sourire », ajoute-t-elle.

La jeune femme aspirait aussi à gravir les échelons sur le plan professionnel. Dernièrement, elle projetait de faire des études en marketing. « Je voulais tout faire pour rendre ma mère heureuse et je rêvais d’envoyer mes parents à La Mecque. J’espère pouvoir le faire un jour. Je suis vraiment triste d’être alitée aujourd’hui et mon souhait c’est de pouvoir reprendre le travail », nous dit Falaknaz. Amoureuse de la nature, Falaknaz aime faire de la tyrolienne et organisait fréquemment des sorties dans les réserves naturelles du pays.

Nassimah, la mère de Falaknaz : « Nous n’avons pas les moyens de payer le frais d’une ambulance à chaque fois »

Après son opération, Falaknaz doit se rendre régulièrement à l’hôpital Nehru pour ses rendez-vous médicaux. Néanmoins, elle doit faire le déplacement dans une ambulance mise à sa disposition par l’hôpital Jeetoo. Le lundi 17 septembre, elle a manqué son rendez-vous car l’ambulance ne s’est pas pointée à son domicile. Elle a pu se rendre à son rendez-vous le jeudi 20 septembre.  « Elle a été transportée sur une civière ordinaire alors que celle-ci n’est pas appropriée pour elle en raison de l’opération qu’elle a subie. Vers 17h30, l’ambulance qui aurait dû l’emmener à la maison n’était pas encore venue la récupérer. Falaknaz a commencé à ressentir des douleurs intenses. J’ai commencé à paniquer. On a dû faire appel à une ambulance privée qui coûte Rs 4 000. Mais nous n’avons pas les moyens de payer le frais d’une ambulance à chaque fois », souligne Nassimah. Feizal, le frère de Nassimah, ne cache pas sa colère pour le traitement accordé à sa nièce. « Ene dimoun fek fer ene l’opération kumsa et zot laisse li lor ene civière normal depi 9h30 ziska 17h30 », s’insurge-t-il.

Par ailleurs, Nassimah estime que Falaknaz a besoin d’un fauteuil roulant pour se déplacer dans les semaines à venir et pour l’aider à prendre sa douche également. Elle espère que sa demande faite auprès de la Sécurité sociale sera vite prise en considération. Entretemps, c’est avec sa pension de vieillesse qu’elle subvient aux besoins de sa fille. Falaknaz a besoin de couches et de lingettes au quotidien. Tous ceux qui souhaitent, d’une manière ou d’une autre, venir en aide à Falaknaz peuvent appeler sa mère sur le 5726 5178.

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